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Violence à Népal: les catholiques ont peurs

05.05.2017 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, Maria Lozano, Nepal, Persécution
Deux jours après les fêtes de Pâques, un incendie criminel a fait des dommages importants dans le complexe formé par l’église de l’Assomption.Ici, les dégâts dans le garage.Crédit: Kashish Das Shrestha and Sudhir Bhandari 

Népal

les catholiques ont peurs

La petite communauté catholique du Népal craint de nouveau une flambée de violence contre elle, après une attaque contre le complexe abritant l’église de l’Assomption, qui sert de cathédrale au vicaire apostolique du pays.

 

Un incendie criminel a partiellement endommagé le presbytère de l’église de l’Assomption, la cathédrale du vicariat apostolique du Népal, située en banlieue de Katmandou. Les dommages n’ont été que matériels, mais pour le vicaire général, le Père Silas Bogati, cet incident « a blessé la petite communauté catholique qui a peur. Nous avons confiance en Dieu, mais cet événement est un appel à la prudence ».

 

Photo de la vierge et de Jésus Jardin devant le complexe formé du presbytère et de l’église de l’Assomption qui sert de cathédrale pour le Vicariat du Népal.

Cet attentat survient alors que la situation politique est très délicate dans le pays, où l’on se prépare aux prochaines élections locales le 14 mai prochain, les premières qui auront lieu au Népal depuis près de 20 ans. Elles seront suivies d’élections législatives en janvier 2018.

Les événements sont survenus à trois heures du matin le 18 avril dernier. Au cours d’une entrevue avec l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse, le père Silas a raconté qu’au moins trois personnes étaient entrées dans les lieux et avaient utilisé de l’essence pour mettre le feu à deux motos et une voiture garée dans le complexe. Ils ont également arrosé d’essence les murs et la porte de l’église, qui ont subi de graves dommages. Le presbytère se trouve aussi dans ce complexe. Dix personnes y sont logées, mais « Dieu merci, le véhicule incendié n’a pas explosé pendant l’évacuation des habitants, sinon cela aurait été une catastrophe. Le bâtiment a été gravement endommagé par le feu, mais personne n’a été blessé ».

 

 

Photo d’un camion endommagé : Camion endommagé dans l’attaque contre des catholiques du Népal. Crédit: Kashish Das Shrestha and Sudhir Bhandari

Motifs encore inconnus

Interrogé sur les motifs et les auteurs de l’incendie criminel, le Père Silas s’est montré très prudent : « Nous ne savons pas encore qui est derrière tout cela, et nous ne connaissons pas les motifs de l’attentat ». La police mène l’enquête et tente en ce moment d’identifier les trois personnes qui ont été aperçues sur les caméras de sécurité. « Une fois qu’on en saura plus sur les auteurs du crime, on pourra connaître les motifs, mais pour l’instant on ne peut que spéculer », a indiqué le prêtre.

Le prêtre népalais reconnaît que les catholiques se sentent parfois discriminés. « Bien que nous soyons citoyens népalais, nous sommes traités comme des étrangers par le simple fait d’être chrétiens. Malheureusement, certains pans de la société manifestent de l’hostilité envers les communautés chrétiennes ». Le Père Silas ajoute cependant qu’en général, ils ont « de très bonnes relations avec le voisinage, la plupart des gens étant très ouverts et prévenants avec nous. En fait, les voisins ont été les premiers à aider les victimes et ils ont appelé la police. Ceux qui se comportent autrement sont un petit groupe ».

 

Photo d’un édifice brûlé : une partie du complexe, endommagé par l’incendie criminel. Crédit: Kashish Das Shrestha and Sudhir Bhandari

Ce n’est pas la première fois que la petite communauté catholique du Népal subit des attaques : en mai 2009, une bombe a explosé dans la cathédrale au moment précis où le Père Silas célébrait une messe, tuant trois personnes et causant plus d’une douzaine de blessés. « Ce fut le moment le plus triste de ma vie. Nous n’avions jamais pensé que quiconque pouvait attaquer un lieu sacré de prière. J’ai été très traumatisée après l’événement ». À l’époque, l’attaque a été revendiquée par le groupe fondamentaliste hindou Nepal Defence Army (Armée de défense du Népal).

« Après cet événement, nous avons connu quelques années de paix, mais la récente agression est un appel à la prudence. Bien sûr, en fin de compte, c’est Dieu qui protège, mais nous devons étudier les moyens de renforcer nos mesures de sécurité et d’améliorer la protection de la Communauté », explique le vicaire général au cours de la conversation téléphonique.

 

Marché de fruits et légumes dans les rues

Une Église très active

L’Église catholique est une petite minorité, mais très active sur les questions de développement et d’aide sociale, explique le prêtre : « Ces jours-ci, nous faisons justement mémoire et nous prions pour les victimes du violent tremblement de terre de magnitude 7,8 qui a dévasté le Népal il y a exactement deux ans, le 25 avril 2015. L’Église catholique est engagée dans un grand travail de reconstruction dans la région, avec la construction de 5 000 logements pour les victimes et le rétablissement du réseau d’eau potable, et des projets en matière de développement pour le voisinage. Cette aide bénéficie à de nombreuses personnes, indépendamment de leur appartenance religieuse. Nous allons la poursuivre, parce que notre vocation est d’aider les plus démunis, comme aujourd’hui les victimes du tremblement de terre ».

Selon le Rapport sur la liberté religieuse, publié par Aide à l’Église en Détresse en novembre dernier, le nombre de catholiques dans le vicariat apostolique du Népal est de 8 000 fidèles ; les Églises évangéliques et pentecôtistes sont beaucoup plus présentes.

On y indique également que la jeune République fédérale démocratique du Népal, autrefois Royaume hindou, a adopté le principe de laïcité de l’État en 2007, un an après l’abolition de la monarchie et après une décennie de guerre civile entre les forces gouvernementales et la guérilla maoïste. Présentement, la pression exercée par les partis pro-hindou est très forte. Cette circonstance, ajoutée à d’autres difficultés – en particulier celles liées à la mise en place des frontières intérieures entre les sept provinces –, a rendu pratiquement impossible que les membres de l’Assemblée constituante en arrivent à un accord. Après le tremblement de terre du 25 avril 2015, c’est sous la pression de la population que les principaux partis parlementaires se sont finalement entendus, en août de la même année, en adoptant un accord considéré comme « historique » par tous les népalais. Le 16 septembre 2015, l’Assemblée constituante du Népal a enfin adopté une Constitution, mettant un terme à un processus délicat qui avait débuté huit ans plus tôt. Le nouveau texte affirme la laïcité des institutions népalaises tout en restreignant considérablement la liberté religieuse.

Les élections du 14 mai prochain vont marquer une étape cruciale dans la mise en place des nouvelles institutions républicaines prévues par la Constitution. C’est pourquoi le Père Silas invite la communauté internationale et AED à « prier pour les catholiques, mais aussi pour tout le pays, afin que le processus politique des prochaines semaines se déroule dans la paix et apporte au pays la stabilité tant désirée.»

 

 

Texte par Maria Lozano, AED International
Adapté par Mario Bard, bureau canadien

 

Corée du Nord : Un peuple crucifié !

06.04.2017 in Adapted by Amanda Bridget Griffin, AED Canada, Chrétiens Catholique, Corée du Nord, Persécution

Du 23 au 27 mars derniers, nos collègues du bureau français d’Aide à l’Église en Détresse ont tenu l’événement La nuit des témoins. Voici le témoignage du père Philippe Blot, missionnaire des Missions étrangères de Paris, engagé auprès des réfugiés de Corée du Nord.

Corée du Nord
Un peuple crucifié !

Comme vous le savez, depuis plus de soixante ans, le « pays du matin calme » est coupé en deux à la suite d’une guerre fratricide particulièrement meurtrière…

Dans un premier temps, j’ai pu me rendre en Corée du Nord et, malgré la surveillance constante des policiers, j’ai pu vérifier la véracité de certains reportages et de nombreux témoignages de réfugiés nord-coréens.

D’abord dans les hôpitaux: la situation est dramatique: pas d’antibiotiques, de pansements, ni même de savon. Je ne vous donne qu’un exemple : pour les flacons de sérum des perfusions, ils utilisent des bouteilles de bière remplies d‘eau sucrée bouillie!

J’ai pu visiter des écoles. Elles illustrent la sous-alimentation chronique de toute une population, excepté les apparatchiks du régime bien sûr. Il faut savoir qu’un enfant nord-coréen âgé de 7 ans mesure en moyenne 20 cm de moins et pèse 10 kilos de moins qu’un enfant en Corée du Sud. Les réfugiés sont unanimes pour dire que, en Corée du Nord, « il faut soudoyer tel membre du parti ou tel militaire pour obtenir des produits de première nécessité ». La corruption est donc monnaie courante.

J’ai aussi été étonné de ne pas voir de personnes handicapées… En fait, le régime nord-coréen, raciste et eugéniste, est obsédé par la pureté de la race dont les personnes qualifiées d’« anormales » ne font pas partie. Par conséquent, elles sont expulsées des grandes villes.

Comment décrire en peu de mots ce régime communiste ? La Corée du Nord est un pays si fermé que personne ne peut y entrer et circuler sans visa… « Y compris Dieu » rajoutent les réfugiés en guise de boutade. Les deux principaux piliers de la répression sont, d’une part, le contrôle de tous les déplacements de la population et, d’autre part, l’ignorance du monde extérieur… si bien que les réfugiés nord-coréens qui ont réussi à fuir découvrent, ahuris, une tout autre réalité que ce qu’on leur a raconté depuis leur naissance… Ils évoquent tous la propagande marxiste effrénée envers la population pour en faire des zombies soumis au parti communiste… Le dictateur est présenté comme un véritable « dieu », référence incontournable de tous les discours, de l’enseignement, des informations… La dynastie des « Kim », du grand-père au petit-fils actuellement au pouvoir, fait l’objet d’une propagande délirante, avec ses 30 000 statues et portraits géants dans toutes les villes ou villages et ses slogans écrits sur d’immenses panneaux exposés dans les rues… Les Nord-Coréens s’épient entre voisins ou collègues et se dénoncent entre eux s’il y a manquement aux devoirs envers le « Grand Leader »… après l’arrestation du coupable, on réunit la population et la famille pour critiquer les transgressions du pseudo-délinquant. Puis il est déporté, ou bien tous assistent à son exécution capitale.

Parlons justement des camps de déportation, ce qui me donnera l’occasion de faire le point sur la présence des chrétiens dans ce pays. Le recoupement des témoignages et les observations des satellites occidentaux permettent d’estimer que les personnes détenues dans ces véritables camps de concentration sont entre cent mille et deux cent mille. La brutalité des gardiens est le pain quotidien de ces prisonniers, qui travaillent seize heures par jour, subissent des tortures atroces, sans compter les exécutions publiques des récalcitrants…

Parmi ces « prisonniers politiques », ceux qui subissent les plus mauvais traitements sont les chrétiens, considérés comme des espions, des « antirévolutionnaires de première classe ». Ils seraient treize mille, selon le régime, mais entre 20 000 et 40 000 selon les organisations humanitaires… et font l’objet d’un traitement particulièrement cruel : on les crucifie, on les pend à des arbres ou sur des ponts, on les noie, ils sont brûlés vif… Certains témoins évoquent des tortures si horribles que la décence m’interdit d’en faire état devant vous…

Pour les dirigeants de la Corée du Nord, toute religion doit être bannie – c’est-à-dire autant le christianisme que le bouddhisme -, car, comme le dit le « catéchisme » marxiste, elle est l’opium du peuple. Les Nord-Coréens ignorent ce qu’est une Bible, et donc qui est Dieu. Il y a quelques années, le gouvernement a ouvert, à grand renfort de propagande, une église catholique, un temple protestant, et une église orthodoxe dans la capitale, mais ce ne sont que des simulacres !

Malgré tout cela, il existe une Église souterraine en Corée du Nord, qui fait l’objet d’une persécution continue. Aux réfugiés nord-coréens à qui je posais cette question: « Avez-vous entendu parler ou vu l’un de vos voisins arrêtés, parce qu’il a été pris en flagrant délit de prier chez lui ou dans un endroit tenu secret ? », plusieurs m’ont répondu affirmativement. Et certaines informations parviennent à filtrer : ainsi, il y a deux ans, une femme enceinte de 33 ans, arrêtée en possession de vingt Bibles, a été rouée de coups et pendue par les pieds en public. En mai 2010, on a arrêté vingt chrétiens qui faisaient partie d’une Église « clandestine » : trois d’entre eux, ont été aussitôt mis à mort, et les autres déportés. On pense que, depuis 1995, au moins cinq mille chrétiens ont été exécutés uniquement parce qu’ils priaient secrètement ou distribuaient des Bibles. Beaucoup de ces chrétiens nord-coréens le sont devenus en raison de la présence de missionnaires étrangers à la frontière. On sait aussi que des pasteurs américains et canadiens d’origine coréenne sont actuellement enfermés dans des camps de prisonniers politiques en raison de leur aide aux réfugiés…

J’ai rencontré des réfugiés dans un pays limitrophe de la Corée du Nord qui, s’ils sont arrêtés, risquent le rapatriement de force, donc la prison, la torture, le camp et la mort. S’ils ne sont pas rapatriés, ils risquent de tomber dans les griffes d’organisations criminelles de trafics d’organes. Les femmes et les petites filles peuvent être kidnappées par des gangs et vendues à des paysans ou, pire, à des tenanciers de maisons closes. Une jeune fille coréenne peut être vendue pour 800 à 1 200 dollars…

Depuis plus de 60 ans, des milliers de Nord-Coréens ont tenté de gagner un pays libre, mais ce n’est pas simple. Il faut passer par la Chine qui refuse de reconnaître le statut de réfugiés à ceux qu’elle persiste à considérer comme des « immigrés illégaux ». Sans papiers, et donc clandestins, nombreux sont ceux qui travaillent comme ils peuvent, mal payés, maltraités, sans aucun droit, à la merci de l’employeur…

Pour sortir ces réfugiés de ce guêpier, des passeurs, qui risquent leur vie, mais se font bien payer, conduisent ceux qui le souhaitent vers la Corée du Sud, le Canada, les États-Unis et d’autres pays, via la Mongolie, le Laos, le Vietnam, la Thaïlande… Pour faire « passer » quelqu’un de la Corée du Nord vers un pays tiers, il faut environ 4 000 à 5 000 euros pour les faux passeports, le transport, la nourriture, le salaire du passeur et les pots-de-vin versés aux douaniers ou aux policiers… Évidemment ces « contrats » sont très aléatoires et il arrive qu’au dernier moment le passeur décide une augmentation…

 

 

L’un des plus longs Chemins de Croix de l’histoire de l’humanité

En rencontrant les réfugiés nord-coréens, j’ai entendu des récits tellement insupportables que des larmes de souffrance et de honte coulaient de mes yeux… Comment des êtres humains peuvent-ils commettre de telles atrocités ? Comment tant de vies humaines peuvent-elles être piétinées dans la plus grande indifférence ?

Alors, en tant que missionnaire, en tant que prêtre catholique, je parle ici au nom de tous ces Coréens qui, depuis plus de soixante ans, vivent l’un des plus longs Chemins de Croix de l’histoire de l’humanité ! Je parle au nom de ceux à qui l’on arrache un œil ou un membre, sans anesthésie, pour les transplanter à de riches Chinois, Japonais ou autres… ! Je parle au nom de ces Nord-coréennes victimes des marchands d’esclaves !

La fuite de ces milliers d’hommes, femmes et enfants représente un fait majeur dont il faut souligner l’aspect politique et diplomatique. Malheureusement, les pays voisins de la Corée du Nord, ou plus lointains, en Europe, en Amérique… ne réclament que quelques changements au nom des « droits de l’homme », sans remettre en cause le statu quo actuel, au nom, disent-ils de l’« équilibre des relations internationales », qui garantit une « paix de compromis », ce qui repousse aux calendes grecques la libération de la Corée du Nord, et donc aussi la réunification du pays !

En conclusion, si l’on en reste aux stricts calculs géopolitiques, les vingt et un million de Nord-Coréens risquent d’attendre longtemps avant de voir leur sort s’améliorer radicalement… À moins d’une intervention de Dieu, que nous prions chaque jour ardemment pour ce peuple crucifié…

 

Seigneur Jésus miséricordieux

Je vous supplie de délivrer nos frères et sœurs nord-coréens des chaînes qui les entravent depuis déjà plus de 70 ans.

Posez votre regard d’amour sur ce peuple qui souffre…

Enseignez la Paix à la nation coréenne coupée du Nord au Sud par une guerre fratricide. Aidez-nous à contribuer à la réconciliation, sans nous laisser emporter par la désespérance.

Bon Pasteur, réunissez dans vos bras tous nos frères et sœurs nord-coréens, un par un. Enveloppez-les de votre tendresse de Sauveur.

Que Notre Dame de Fatima fasse éclater le mur du communisme et les aide à trouver la liberté et la joie de vivre en enfants de Dieu.

 


 

Communiqué – 3e messe pour les chrétiens persécutés

17.10.2016 in AED Canada, Mario Bard, Messe pour les chrétiens persécutés, Persécution, Voyager avec l'AED

Aide à l’Église en Détresse Canada

3e Messe pour les chrétiens persécutés

 

Le vendredi 4 novembre prochain, l’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, présidera pour la 3e année consécutive une messe dédiée aux chrétiens persécutés, célébrée à 19 h 30, à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal. En collaboration avec Aide à l’Église en Détresse Canada, cet événement se veut un moment de solidarité spirituelle avec ceux et celles qui, jour après jour, subissent la persécution à cause de leur croyance religieuse.

 

« Notre rapport sur la liberté religieuse sort le 15 novembre prochain », indique Marie-Claude Lalonde, directrice d’Aide à l’Église en Détresse au Canada. « Cet instrument d’information rappelle que, lorsque l’on parle de religion, la persécution n’est souvent pas bien loin. De plus, il semble que la situation ait empiré dans 11 pays qui étaient déjà en observation lors de la publication du précédent rapport en 2014. »

 

« Malheureusement, aux côtés de leurs frères et sœurs d’autres traditions religieuses, ce sont les chrétiens qui sont les premières victimes de la persécution », ajoute la directrice. « Un temps de prière qui leur est accordé de la part de leurs coreligionnaires catholiques est la moindre des choses, et nous sommes très reconnaissants à Mgr Lépine pour ce temps essentiel de réflexion et d’union spirituelle entre ceux qui souffrent de persécution, et ceux qui jouissent d’une des plus grandes libertés religieuses! », estime Mme Lalonde.

Symbole de cette persécution, à Bagdad en Irak : les tuniques des deux jeunes prêtres assassinés en pleine célébration de la messe, le dimanche 31 octobre 2010, basilique Notre-Dame-du-Sauveur. (photo : Father Yoannis Lahzi Gaid

Symbole de cette persécution, à Bagdad en Irak : les tuniques des deux jeunes prêtres assassinés en pleine célébration de la messe, le dimanche 31 octobre 2010, basilique Notre-Dame-du-Salut. (photo : Father Yoannis Lahzi Gaid)

 

Un trio de jeunes musiciennes et chanteuses – dirigé par l’auteure-compositrice-interprète Marie-Jeanne Fontaine – animera la partie musicale de la messe. « Nous espérons que plusieurs autres jeunes se joindront à nous. Nous leur lançons un appel spécial à devenir de plus en plus solidaire de leurs frères et sœurs dans la foi », conclut Mme Lalonde.

La cathédrale Marie-Reine du Monde se trouve au 1085 rue de la Cathédrale,
métro Bonaventure. Pour plus d’informations, téléphoner au 514-932-0552, ou bien au numéro sans frais : 1-800-585-6333. Merci de partager cette information dans vos réseaux!

 

 

 

 

 


 

Communiqué – Vigile pour les chrétiens persécutés dans le monde

02.05.2016 in #callitgenocide, ACN Canada, Communiqué, Génocide, liberté religieuse, Moyen-Orient, Persécution

 

Saint-Sauveur, Québec

Première vigile de prière pour les chrétiens persécutés

Montréal, 2 mai 2016 – La première vigile de prière pour les chrétiens persécutés à se tenir dans les Laurentides a été un vif succès. Regroupées à l’église de Saint-Sauveur-des-Monts, près de 200 personnes ont participé à la soirée organisée par une douzaine de paroisses des « pays d’en haut », et regroupées sous le nom d’Étincelle des Laurentides. Aide à l’Église en Détresse Canada (AED) a également contribué à la réalisation de l’évènement par sa promotion, en donnant de l’information au groupe, et en étant présente lors de la vigile. Une collecte a permis d’amasser un peu plus de 1 600 $, somme destinée aux chrétiens du Moyen-Orient.

 

Vigile 4

« Soirée remplie d’émotions, très réussie, merci aux organisateurs ! », écrit un internaute, sur la page Facebook d’AED Canada. Un sentiment unanimement partagé par les participants qui ont pu, en trois parties distinctes, prendre le pouls de l’ampleur de la tragédie que vivent 75 % des victimes de persécution religieuse : des chrétiens.

 

Dans un témoignage vidéo, Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque de l’Archéparchie grecque catholique melkite d’Alep en Syrie, a rappelé à quel point il importe de soutenir les chrétiens de ce pays déchiré par des combats depuis plus de cinq ans, si l’on ne veut pas qu’un pan complet de l’histoire du christianisme disparaisse. « Les communautés chrétiennes de Syrie sont là depuis le début », a-t-il rappelé.

 

« Les gens nous ont dit avoir été très touchés par le geste et la symbolique des bougies rouges », a indiqué Mgr Jean-Pierre Joly, inspirateur de l’événement. Douze bougies rouges ont été placées sur l’autel, autour du Saint-Sacrement exposé. Chacune d’entre elles représentait un témoin de la foi chrétienne, tué à cause de celle-ci. Une cérémonie de la lumière a permis aux participants de s’unir à la souffrance des chrétiens persécutés, mais aussi, de prendre le pouls de la foi forte et vibrante de ces témoins, morts martyrs.

Vigile 1

À la fin de l’évènement, les participants ont été invités à signer une lettre où ils affirment leur « solidarité » avec les chrétiens persécutés. Celle-ci sera remise au bureau canadien d’AED et acheminée à des chrétiens persécutés.

 

Les contemplatifs en union de prière

Dans la foule de priants, Mgr Pierre Morissette, évêque de Saint-Jérôme, ainsi que le père Bernard Basset de l’Éparchie melkite catholique du Canada étaient présents. Ce dernier à prié en chantant en langue arabe de tradition melkite, ce qui pour plusieurs personnes, a su donné une couleur et un son aux prières des chrétiens du Moyen-Orient, victimes de persécution depuis des dizaines d’années.

 

Trois communautés religieuses contemplatives se sont également jointes à la vigile par la prière; les Cisterciens de l’Abbaye Notre-Dame-de-Nazareth de Rougemont, les Bénédictines de l’Abbaye Sainte-Marie-des-Deux-Montagnes et les Rédemptoristines de Sainte-Thérèse. Ces communautés religieuses ont fait parvenir un message à l’Étincelle des Laurentides dans lequel elles disaient s’unir à la vigile par la prière.

 

« Notre communauté monastique a reçu avec émotion l’information concernant la vigile de prières pour les chrétiens persécutés de par le monde. Nous serons en communion de cœur et d’intercession avec vous tous », ont écrit les moines cisterciens de Rougemont sous la plume du père Jacques. Un reflet des autres messages envoyés par ces trois communautés.

 

Vigile 2Par ailleurs, les moines ont indiqué que depuis « plusieurs mois » déjà, ils ajoutent à la prière du Notre Père de la messe communautaire quotidienne, une partie suggérée par le pape François : « … et rassure nos frères et sœurs chrétiens qui, de par le monde, souffrent persécution, parfois jusqu’au martyr ».

 

« AED Canada espère de tout cœur que l’expérience se renouvelle l’an prochain », indique Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien de l’œuvre pontificale internationale, qui compte en tout 21 bureaux nationaux, dont aux États-Unis, au Mexique, en France, en Italie, en Allemagne, et même en Australie ! « Nous tenons aussi à dire toute notre admiration devant l’excellent travail réalisé par l’équipe de l’Étincelle des Laurentides. Il est heureux de voir des chrétiens des pays en paix et où n’existe aucune persécution prendre le temps de prier pour leurs frères et sœurs du Pakistan, du Soudan du Sud ou encore du Bangladesh, sans compter bien sûr tous ceux d’Irak et de Syrie. »

 

Invitation spéciale

 

AED Canada invite les paroisses, communautés religieuses ou diocèses qui aimerait organiser une vigile de prière à la contacter. Du soutien peut être donné pour la récolte d’information, la présentation d’une exposition photo sur la persécution des chrétiens, ainsi qu’un soutien à la promotion de l’évènement par son réseau de bienfaiteurs, les réseaux sociaux et les médias catholiques. Informez-vous pour entrer dans le mouvement de cette vigile ! 514-932-0552 ou sans frais, 1-800-585-6333.

 

 

Par Mario Bard, AED Canada


 

 

Communiqué: message du patriarcat chaldéen d’Irak

22.12.2015 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Communiqué, liberté religieuse, Mario Bard, Moyen-Orient, Persécution

 

Irak : message des Médias du Patriarcat Chaldéen

Les chrétiens d’Irak pourront-ils vivre un jour la joie de Noël?

 

Montréal, 22 décembre 2015 – À quelques jours de Noël, Aide à l’Église en Détresse Canada a reçu un message du Patriarcat Chaldéen d’Irak. Ce message reflète directement ce que Mgr Louis Sako, patriarche, estime quant à la situation des chrétiens d’Irak. Un contexte politique et social où la liberté religieuse de ceux qui restent – estimé à plus ou moins 200 000 – est en grand danger, même là où le gouvernement irakien devrait la protéger. Pour faciliter la lecture, les titres dans la lettre ont été rajoutés. Voici le message.  

 

 

La fête de la Nativité du Christ, porteur de justice et de paix, ferment de l’amour entre les Hommes, est l’une des plus grandes fêtes célébrées par des millions de chrétiens dans le monde et particulièrement en Irak. Une vraie fête est toujours une occasion de se remémorer un événement ou une personne exceptionnels, porteurs de joie et d’espérance. Elle nous rend plus forts dans notre quotidien.

 

Mais, cette année, les chrétiens d’Irak vont célébrer Noël dans des conditions déplorables, d’une part en raison de la détérioration de la situation à tous les niveaux dans notre pays et aussi bien sûr à cause de ce qu’ils ont vécu en tant que chrétiens, victimes de ségrégation et d’exclusion.

 

Depuis un an et demi, l’État islamique (Daech) occupe toujours Mossoul, ainsi que les villes de la plaine de Ninive. Il y a 120 000 chrétiens qui ont été chassés de leurs maisons à cause de leur seule appartenance à la religion du Christ. Personne, si ce n’est ceux qui ont planifié cette purification religieuse, n’aurait pu imaginer une telle catastrophe.

 

Les chrétiens réfugiés loin de chez eux vivent depuis un an et demi dans des conditions éprouvantes, dans des camps dépourvus quasi complètement de soins excepté ceux qui leur sont offerts par l’Église ou les organisations de la société civile.

Mgr Louis Sako

Mgr Louis Sako

 

À Bagdad, les maisons des fidèles sont l’objet des convoitises de miliciens qui s’emparent de leurs biens. C’est ce qui est arrivé il y a quelques jours à une famille chrétienne qui habite le quartier Palestine, au centre de Bagdad. Elle a été menacée et volée  en plein jour!

 

Une liberté menacée par l’attitude du gouvernement

 

D’un point de vue législatif, nous sommes aussi victimes de discriminations. À ce jour, les députés n’ont pas modifié la loi inique sur la carte d’identité qui consiste à contraindre des enfants mineurs issus de familles chrétiennes, mandéennes ou yézidies à devenir eux même musulmans si un de leurs parents adhère à l’Islam.

 

Le comportement de ceux qui sont censés nous représenter, nos députés, a blessé le cœur les familles chrétiennes et leurs enfants. C’est comme si la liberté et les droits les plus fondamentaux ne s’appliquaient pas pour nous qu’ils étaient réservés aux autres. Tout cela nous prive de la joie de la fête.

 

Cette situation est d’autant plus douloureuse que les musulmans considèrent le Christ et Sa mère comme les « merveilles des mondes » (Prophètes : 91), qu’ils considèrent les chrétiens « les plus proches d’eux en affection » (La Table 82). En plus de cela, les musulmans ne cessent de nous répéter que nous sommes les citoyens fondateurs du pays, alors qu’en réalité ils nous traitent comme des citoyens de deuxième catégorie et ne font rien pour que les libertés publiques, l’égalité de droit et la sécurité s’appliquent à l’ensemble de la population et pas seulement à une partie.

 

Face à la progression de l’État islamique, l’Assemblée des députés aurait dû contrecarrer la vision de Daech en affirmant que la cohésion de la nation vient de l’instauration de droits équitables pour tous les Irakiens faisant d’eux une seule famille sans distinction d’ethnie ou de religion.

 

 

 

 

Une fraternité en recul

 

Automne 2015: les chrétiens manifestent contre la loi dite de « l'islamisation des enfants ».

Automne 2015 : les chrétiens manifestent contre la loi dite de « l’islamisation des enfants ».

Comme preuve de cette cohésion nationale, nous attendions de nos députés qu’ils fassent de la fête de Noël un jour de congé pour tout le pays, comme cela avait été annoncé par l’ancien Premier ministre irakien et comme c’est déjà le cas depuis 2012 à Kirkouk et dans la région du Kurdistan. Naturellement, nous avions formulé cette demande. Cela aurait été un signe fort pour favoriser la coexistence entre les communautés faire progresser la fraternité dans notre pays.

 

Hélas! cette fraternité ne fait que reculer. Encore récemment, les chrétiens se sont vus directement menacés. À Bagdad, le dimanche 13 décembre, des personnes, probablement des membres des milices chiites, ont collé des images de la Vierge Marie sur les maisons des familles chrétiennes. Ces affiches sont accompagnées d’un message invitant les femmes chrétiennes à imiter la Sainte Vierge et à se voiler elles aussi. Ces affiches touchent à la liberté des chrétiens de se vêtir comme ils l’entendent. La Très Sainte Vierge Marie vivait il y a deux mille ans, dans une société et une culture différente et le vrai voile est le voile de l’esprit et de la moralité!

 

(En gras dans la lettre) En cette occasion, nous voulons le redire très franchement : nous ne céderons pas face à l’injustice. Au contraire, nous allons rester attachés à notre terre, à notre patriotisme et nous allons continuer à vivre notre amour pour nos concitoyens, tout simplement parce qu’ils sont nos frères.

 

En Irak, nous allons célébrer la naissance du Christ qui vient dans nos cœurs dans le silence et les larmes, sans manifestations ni réceptions de fête; néanmoins, nous restons habités par la paix intérieure qui perpétue la joie de la foi et l’espérance que nous allons, malgré les épreuves, vers un pays plus juste et un avenir meilleur.

 

Sa Béatitude le Patriarche Mar Louis Raphael Sako, en sa qualité du chef suprême de la plus grande église chrétienne d’Irak, tient à adresser ses sincères remerciements à tous ceux qui ont soutenu la cause des droits de l’homme en Irak. Il remercie ceux qui ont soutenu les chrétiens et travaillé à promouvoir les droits de tous les citoyens irakiens sans distinction.

 

« Gloire à Dieu au plus haut de Cieux et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime »
Nous souhaitons la paix pour l’Irak!

Patriarche Louis Sako 1

Adaptation: Mario Bard, AED Canada

La Sainte-Famille, représentée dans la chapelle du Centre Mar Elia.

La Sainte-Famille, représentée dans la chapelle du Centre Mar Elia.

Communiqué : parution de Persécutés et oubliés ? 2013-2015 en français

16.12.2015 in AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Communiqué, liberté religieuse, Mario Bard, Persécution, Publication, Voyager avec l'AED

persecutes-et-oublies-2015Persécution des chrétiens :
toujours en augmentation

Montréal – 16-décembre-2015 – Aide à l’Église en Détresse Canada (AED) publie aujourd’hui en français le format PDF du plus récent rapport Persécutés et oubliés, 2013-2015. Disponible sur le site web de l’organisation internationale – http://files.acn-aed-ca.org/persecutes-et-oublies-2015.pdf –, l’étude approfondie de la situation des chrétiens dans 22 pays révèle une chose : la persécution est toujours en augmentation.

 

« En deux ans, on est passé de six à dix pays qui font partie de la liste des pays où la situation est considérée comme extrêmement difficile », indique Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien de l’AED. « Ça fait quinze ans que je suis la situation, et je n’ai jamais vu d’amélioration », ajoute-t-elle.

 

Les pays qui se sont ajoutés à la triste liste sont l’Irak, le Nigeria, le Soudan et la Syrie. « Ce sont des pays où l’islamisme extrémiste progresse à un rythme très inquiétant », ajoute Mme Lalonde. D’ailleurs, selon le rapport, ceci constitue actuellement la plus grande menace à la liberté religieuse, toutes religions confondues.

 

Irak : aucun chrétien dans cinq ans

 

« Toutes les confessions ont été visées par des groupes djihadistes radicaux à des degrés divers. », indique-t-on en introduction du document de 160 pages. « De toutes les atrocités, celle qui a eu le plus grand impact, et pour cause, a été la chute de Mossoul et des plaines de Ninive aux mains de l’ÉI [État islamique], à l’été de 2014. Cela a fait l’objet d’une couverture médiatique importante, mais cela n’a été que l’une des nombreuses attaques qui ont poussé les chrétiens au bord du précipice comme jamais auparavant. »

 

Les auteurs du rapport s’inquiètent également de ce que la présence chrétienne en Irak ne soit plus qu’une question de quelques années. « Le taux de la réduction d’une population d’environ un million [de chrétiens] en 2002-2003, à environ 700 000 en 2006, à moins de 300 000 aujourd’hui, montre que l’hémorragie des chrétiens d’Irak s’est produite à un rythme de 60 à 100 000 personnes par an. Cela laisse présager que les chrétiens pourraient tout simplement disparaître d’Irak en moins de 5 ans. »

 

Du côté de l’Asie, l’Inde se trouve entre autres mentionnée à cause de la montée des hindous radicaux, qui « ont lancé un plus grand nombre d’attaques d’une férocité accrue contre les chrétiens que lors des années précédentes. » En Corée du Nord, l’antipathie du régime communiste envers les gens de foi chrétienne est toujours au sommet, avec l’assassinat de 33 chrétiens accusés d’espionnage. Enfin au Sri Lanka et en Birmanie, des « factions plus militantes » de religion bouddhiste se sont alliées « à des nationalistes qui considèrent cette confession comme la religion nationale ». Ainsi en 2014, « des extrémistes bouddhistes du Sri Lanka ont détruit ou forcé la fermeture d’églises. En 2014, on a assisté à l’attaque d’environ 60 églises et chapelles, un nombre inférieur à celui de 105, pour l’année précédente. »

 

Publié une première fois en 2008, Persécutés et oubliés? est une idée originale du bureau britannique de l’AED. Par la suite, il est devenu un projet de l’AED international, publié tous les deux ans. Persécutés et oubliés? 2013-2015 se penche spécifiquement sur la situation des chrétiens. La traduction française est assurée par le bureau canadien de l’AED.

Parution de Persécuté et oubliés? 2013-2015

15.10.2015 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, AED, AED Royaume-Uni, liberté religieuse, Mario Bard, Moyen-Orient, Pape, Pape François, Persécution

COMMUNIQUÉ DE PRESSE            Pour diffusion immédiate

Montréal, 15 octobre 2015

 

Persécuté et oubliés

Le christianisme, en voie de disparition au Proche-Orient ACN-20151009-30448

Königstein/Surrey/Montréal : La foi chrétienne disparaît du Proche-Orient. C’est ce qui ressort du nouveau rapport consacré à la question de la persécution religieuse, publié mardi par l’organisme international Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

Par exemple, Persécutés et oubliés? Un rapport sur les chrétiens opprimés en raison de leur foi, 2013-2015 en arrive à la conclusion que d’ici cinq ans, tous les chrétiens d’Irak pourraient avoir disparu si l’exode des fidèles se poursuit à son niveau actuel.

 

En Syrie, le taux d’émigration augmente encore plus rapidement. Ainsi, le nombre de croyants chrétiens, qui se situait à 1,25 million avant le début de la guerre en 2011, a chuté aujourd’hui pour n’atteindre que 500 000 personnes. Le rapport estime qu’il s’agit d’un « nettoyage ethnique à motivation religieuse » des chrétiens, par des groupes terroristes islamistes, notamment en Irak et en Syrie. Une situation qui s’observe également dans certaines régions d’Afrique.

 

Au Canada, le rapport sommaire est disponible dès aujourd’hui, d’abord en anglais en format PDF :  Cliquer ici. La traduction française est prévue pour le mois de novembre, et sera disponible sur le site canadien de l’organisation, et uniquement en format PDF. Pour le rapport complet, contacter directement le bureau canadien de l’AED au 514-932-0552, poste 221 ou 224.

 

Persécution religieuse : « extrême » dans au moins dix pays

 

Basé sur différents rapports et des témoignages, Persécutés et oubliés? s’intéresse particulièrement aux pays du Proche-Orient, mais aussi à la Chine, l’Égypte, l’Érythrée, le Nigéria, la Corée du Nord, le Pakistan, le Soudan et le Vietnam. Le rapport conclut que la situation des chrétiens s’est détériorée depuis 2013 dans 15 des 19 pays observés.

 

De plus, la persécution est classée comme étant « extrême » dans dix pays – plus de la moitié des pays observés – c’est-à-dire quatre pays de plus que durant la période de la dernière édition du rapport qui couvrait les années 2011-2013.

 

Tandis que l’islamisme est considéré comme la menace majeure, le rapport Persécutés et oubliés? mouture 2015 relate également de problèmes croissants causés par d’autres groupes religieux extrémistes – des formes militantes d’hindouisme, de judaïsme et de bouddhisme –, sachant que le nombre d’agressions et leur cruauté augmentent.

 

Selon le rapport, ce sont surtout les régimes totalitaires qui exercent une pression croissante sur les Églises. Les chrétiens d’Érythrée et du Vietnam sont confrontés à des menaces sérieuses. En outre, il est constaté que dans de nombreux cas, les chrétiens sont moins persécutés en raison de leur croyance qu’à cause des relations présumées qu’ils sont censés entretenir avec l’Occident, vue comme une association entre les fidèles et le colonialisme.

 

Le pape François soutient l’initiative

 

John Pontifex, directeur du service d’information de l’AED en Grande-Bretagne et éditeur du rapport, estime que c’est une « lecture choquante dans une époque troublante ». « Un génocide culturel des chrétiens est en train d’effacer de grands pans la présence des fidèles chrétiens au Proche-Orient, berceau originel de l’Église. »

 

Il estime que le rapport « est très loin de donner toute la faute auprès de l’islam extrémiste. Il révèle plutôt que la racine de nombreux problèmes se situe dans des groupes religieux extrémistes, non musulmans et nationalistes, ainsi que dans le contexte historique de régimes communistes totalitaires. »

 

Selon le rapport, perdre la population chrétienne du Proche-Orient représenterait un véritable coup de poing pour la collectivité, car les fidèles agissent comme autant de bâtisseurs de ponts dans des sociétés de plus en plus fragmentées.

 

En août dernier, avant même d’avoir reçu un exemplaire du rapport, le pape François a indiqué – par son Secrétaire d’État – soutenir la publication de Persécutés et oubliés?

«Sa Sainteté apprécie grandement les efforts de tous ceux qui étaient impliqués dans la réalisation de ce rapport et qui dévoilent aux yeux du monde toutes les vicissitudes et la souffrance des chrétiens persécutés en raison de leur foi », a indiqué dans une lettre le cardinal secrétaire d’État du Vatican, S.E. Mgr Pietro Parolin.

Il y est indiqué que le « Pape prie afin que les responsables politiques s’efforcent intensément d’éradiquer les discriminations et la persécution religieuses non seulement dans leurs propres pays, mais aussi de rechercher des voies de plus en plus efficaces pour promouvoir une coopération internationale afin que ces offenses contre la dignité humaine et la liberté de religion soient surmontées ».

 

Enfin, en avant-propos, Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque grec melkite d’Alep en Syrie, écrit : « Nous sommes confrontés à l’un des plus grands défis de notre histoire deux fois millénaire. »

 

« Malgré nos problèmes ici au Proche-Orient, nous entreprenons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider ceux qui manquent de nourriture, de vêtements et d’autres choses d’importance vitale. »

 

En tant qu’organisation internationale de charité qui apporte son soutien aux chrétiens persécutés et souffrants, l’AED accorde ses priorités à l’aide d’urgence et au soutien pastoral des fidèles déplacés et en fuite du Proche-Orient. « Avec la grâce de Dieu et le soutien continu d’organisations caritatives telles que l’AED, nous pouvons satisfaire aux besoins urgents de nos semblables », indique encore Mgr Jeanbart.

 

Voir le sommaire de Persecuted and forgotten?

. Cliquer ici pour demander une copie complète, dans la section « Informations concernant une publication » de notre site web.

 

Communiqué: RD Congo – Entraînés au terrorisme à l’âge de neuf ans

20.07.2015 in Adaptation Marie-Claude Lalonde, Persécution, République démocratique du Congo

RD Congo

Entraînés au terrorisme à l’âge de neuf ans

L’existence de camps d’entraînement islamistes pour enfants a été révélée

 

Des camps d’entraînement au Djihad, rassemblant près de 1 500 enfants pouvant avoir à peine neuf ans ont été découverts en Afrique centrale, selon les informations reçues par un organisme catholique de charité qui travaille dans la région.

Des sources proches d’Aide à l’Église en Détresse – qui ne peuvent être mentionnées, pour des raisons de sécurité ont révélé que des jeunes vivant dans la misère dans les rues de la République Démocratique du Congo étaient attirés par la ruse et emmenés dans des camps éloignés, où ils étaient brutalisés et endoctrinés par une milice islamiste.

Des garçons, répartis sur au moins trois camps situés dans les montagnes de Ruwenzori, dans l’est de la RDC, ont été aperçus en tenues de camouflage alors qu’ils faisaient des exercices militaires sous la surveillance de soldats armés.

Le rapport poursuit en décrivant comment plus de soixante filles étaient entassées dans ces camps, obligées de porter la burqa, et préparées à se marier avec des combattants islamiques. Réagissant à ces révélations, Maria Lozano, vice-directrice des communications de l’AED, a déclaré : « Nous avons eu accès à un ensemble de documents montrant la nature de ces camps. Les rapports montrent des soldats brandissant des fusils, et surveillant des enfants âgés de neuf à quinze ans,habillés en tenues militaires pour effectuer des exercices militaires. Les images que nous avons vues sont très inquiétantes ». Un des camps est situé à Medina, à environ 80 km de la ville de Beni, région dans laquelle près de 500 personnes ont été tuées dans une série des massacres qui ont eu lieu d’octobre 2014 à ce jour.

 

Les forces de stabilisation de l’ONU soupçonnées de complicité

Maria Lozano déclare: « Nous sommes très inquiets pour les enfants, car ils ont été attirés dans la rue avec la promesse d’échapper à la pauvreté. Certains enfants sont orphelins, mais d’autres ont quitté leurs familles après avoir été trompés par des recruteurs qui leur avaient fait miroiter l’espoir de pouvoir étudier au Proche-Orient, en Europe, ou au Canada. Selon les informations dont nous disposons, les filles sont contraintes au mariage ou sont traitées en esclaves sexuelles ».

Les sources proches de l’AED établissent un lien entre la soudaine émergence de camps djihadistes et les forces de maintien de la paix des Nations Unies, et sont préoccupées par le fait qu’elles sont complices des camps, et alors elles s’abstiennent intentionnellement de prendre des mesures contre ces derniers.Ces sources soutiennent que certains membres de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation de la République Démocratique du Congo (MONUSCO) sont des fondamentalistes musulmans pakistanais qui, pendant leur temps libre dans ce pays d’Afrique, mettent en place des écoles coraniques et travaillent sur des chantiers de construction de mosquées.

Les contacts de l’AED ont affirmé que des mosquées avaient été construites même dans des zones où pratiquement aucun musulman ne vivait. Maria Lozano ajoute : « Les gens ne se sentent pas protégés par les soldats des Nations Unies ; les informations que nous avons reçues indiquent qu’ils soutiennent les camps djihadistes, ou au moins qu’ils ne réagissent pas à l’endoctrinement des enfants, ni au traitement barbare qu’ils subissent ».

Selon le Journal of International Organizations Studies de 2014, vingt-huit des quarante-quatre mosquées (63%) de la région de Medina, en RDC, ont été construites entre 2005 et 2012. Des rapports ont établi que le nombre de musulmans dans l’est de la RDC était passé en quelques années de 1% à 10%.

Les évêques catholiques de la Province Ecclésiastique de Bukavu, dans l’est de la RDC, ont adressé en mai dernier une lettre ouverte au Président du pays, à l’ONU et aux responsables internationaux pour dénoncer la montée du fondamentalisme djihadiste dans une région traditionnellement dominée par le christianisme et où il y avait jusqu’à présent très peu de musulmans. Maria Lozano conclut : «Cela fait déjà un mois que la Conférence épiscopale a adressé un appel pressant au Président de la République Démocratique du Congo  et à la communauté internationale, mais personne n’a réagi».

 

 

DES CADEAUX POUR LES UNS, DES MENACES POUR LES AUTRES

02.12.2013 in Non classé

PHOTOS RÉUNIES

Pendant que les parents d’ici courent pour acheter des cadeaux à leurs enfants, les parents de là-bas, dans de trop nombreux pays, courent sous la menace pour protéger les leurs du danger.

Noël, une nouvelle agréable, nous dit le cantique. Une nouvelle prometteuse de paix et d’amour. Pourtant, pour de nombreux chrétiens, Noël est devenu une menace dans d’innombrables pays, dont certains dans le berceau même du christianisme. S’il est difficile de faire un bilan exhaustif de tous les pays où se vivent ou se sont vécus des drames au temps de Noël, on ne peut passer sous silence certains d’entre eux.

MARTA - AZIZ

Pensons d’abord à la Syrie où les conflits sont tels que des centaines de milliers de chrétiens se sont enfuis en des lieux plus sécuritaires, laissant derrière eux tous leurs biens. À quelle sorte d’avenir croyez-vous que les enfants syriens sont destinés? Quel genre de Noël vivront-ils? Et  qu’en est-il de son pays voisin, l’Irak, qui comptait il y a à peine 10 ans 900 000 chrétiens et où il n’en reste que 200 000? Rappelez-vous ce massacre dans une église syriaque de Bagdad, le 31 octobre 2010, qui avait fait 46 morts dont les 2 prêtres célébrants. Ce massacre annonçait déjà cette autre attaque pendant la période des Fêtes qui suivait et pendant laquelle des bombes avaient été placées près des maisons des chrétiens à Bagdad, tuant deux personnes en plus d’en blesser des dizaines.  Seront-ils cette année entourés de cadeaux ou encerclés de menaces?

295- copieQue dire du Nigeria où les chrétiens ont été victimes, lors des trois derniers Noëls, d’attaques meurtrières dont les deux dernières revendiquées par la secte islamiste Boko Haram ? En 2010, des attentats à la bombe ont fait au moins 32 morts et 74 blessés à Jos; en 2011, Boko Haram a perpétré plusieurs attaques contre des églises ayant entraîné la mort de dizaines de fidèles; et en 2012, des hommes armés ont attaqué une église dans le Nord durant la messe de minuit, tuant six personnes dont le prêtre, avant de mettre le feu au bâtiment. Croyez-vous que les jeunes Yakubu, Murtala et Olusegun seront cette année entourés de cadeaux ou encerclés de menaces?

Au Pakistan, 50 extrémistes musulmans armés de bâtons et de haches ont attaqué les bâtiments de l’église de Chak pendant un visionnement du film «Jésus»; 20121011_002toujours au Pakistan, comment oublier Asia Bibi qui croupit en prison dans un espace exigu n’ayant droit comme visites que celles de son avocat et de son époux, elle qui a pourtant cinq enfants qu’elle n’a pas vu depuis maintenant trois ans. Ajoutez à cela les Philippines, à la chapelle du Sacré-Cœur à Jolo, où l’explosion d’une bombe a fait 11 blessés pendant une messe matinale de Noël; et au Sri Lanka, au jour de Noël, quand des bombardements de l’armée de l’air ont détruit un centre chrétien pour les orphelins et les filles handicapées. Croyez-vous que tous ces enfants seront cette année entourés de cadeaux ou encerclés de menaces ?

20130208_034En Bosnie-Herzégovine, les fidèles ont vu le drapeau de la cathédrale orthodoxe être brûlé à la veille de Noël par des incendiaires non identifiés. De tels gestes leur permettent-ils de croire qu’ils seront cette année entourés de cadeaux ou encerclés de menaces?

On pourrait allonger la liste en parlant de l’Égypte alors qu’à la fin de la messe de minuit, plusieurs Coptes ont été abattus par balles; de la Chine, alors qu’une vague de persécution a balayé les chrétiens des ethnies Han et Ouïghur entre Noël et le Nouvel An; ou encore du Bangladesh, quand le Front démocratique populaire a ordonné à des leaders d’Églises de ne pas tenir de célébrations de Noël.

Leur foi ne les soustrait pas à la souffrance

Si nous devons nous réjouir pour les enfants à qui Noël apportera des cadeaux dans l’allégresse, peut-être devrions-nous tout autant compatir avec ceux pour qui Noël pourrait se transformer en menace dans la tristesse. Ne laissons pas la vengeance habiter nos cœurs et faisons appel au pardon pour panser la douleur.

Bien sûr, il faut une foi vivante pour traverser les épreuves de la persécution. Et même si ces chrétiens sont des gens de foi, la foi ne les soustrait pas à la souffrance. Chacun des gestes posés à leur égard leur signifie que nous pensons à eux et qu’ils ne sont pas seuls. Cet accompagnement ne leur permet-il pas d’accéder au pardon et de leur ouvrir le chemin de l’espoir?

PHOTOS RÉUNIES 1

Prions pour tous ceux qui, partout, ont besoin de vous pour rester fidèles à leur foi;

Informons tous ceux qui, ici, veulent les aider eux qui nous fortifient dans la foi;

Agissons pour tous ceux qui, partout, ont besoin de NOUS pour espérer une vie meilleure.

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Faites un don sans tarder en téléphonant au 514 932 0552 poste 226

Situation désastreuse pour les chrétiens en Égypte

19.08.2013 in AED, Égypte, Persécution

Marie-Claude Lalonde – AED Canada

Incendie de l'église Ste-Thérèse à Assiout, Égypte

Incendie de l’église Ste-Thérèse à Assiout, Égypte

Au cœur des violences que nous voyons à la télévision se trouvent les chrétiens. Ils sont particulièrement visés par les musulmans radicaux. Aucune Église n’est épargnée, toutes sont visées : catholiques, orthodoxes, évangéliques, baptistes, etc. Les extrémistes ont pillé et brûlé des églises, des couvents, des résidences de prêtres, des commerces appartenant à des chrétiens, des écoles et des maisons de fidèles.

Des bateaux pour touristes auraient également été incendiés et les personnes à bord se seraient trouvées prisonnières des flammes.

Les informations sont difficiles à vérifier dans ce contexte de chaos mais le nombre d’églises incendiées serait entre 52 et 64. Inutile de dire que les églises sont actuellement toutes fermées. De toute manière, beaucoup d’Égyptiens ont peur de sortir et ce, qu’ils soient chrétiens ou musulmans modérés.

Le nombre de victimes chez les chrétiens n’est pas confirmé mais au moins un enfant figurerait parmi les victimes.

Slogans anti-chrétiens au Caire, Égypte

Slogans anti-chrétiens au Caire, Égypte

Tout cela se déroule avec, en toile de fond, la possible libération du président déchu Hosni Moubarak puisqu’une loi prévoit que personne ne peut être emprisonné pendant plus de deux ans en attente d’un verdict.

Voici deux liens où l’on décrit la violence dont sont victimes les chrétiens en ce moment :

Entrevue audio avec Sr Angela : http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=212356260

Blogue décrivant la situation :
http://www.emannabih.com/muslim-brotherhood-massacres-against-christians-in-egypt/

 

Une entrevue avec des évêques et une traduction de la déclaration du Patriarche copte catholique suivront sous peu.

Surtout, faites circuler parmi vos amis et contacts. L’Occident doit savoir et réagir.