Mario Bard

 

Campagne « J’ai faim » – Nourriture et semences au Nigeria

28.06.2017 in #J'AI FAIM, AFRIQUE, Mario Bard, Nigéria

Campagne  « J’ai faim »
Nourriture et semences au Nigeria

 

Aide à l’Église en Détresse participe à la grande campagne lancée par les évêques catholiques du Canada le 7 juin dernier.

 

Le cri du cœur qui jaillit de la part de l’épiscopat reflète l’urgence vécue par une population de plus en plus affamée.

 

Notre organisme a accepté de participer, et nous pourrons le faire en partenariat direct avec des partenaires situés dans le nord-est du Nigeria et au Soudan du Sud. Cette semaine, nous regardons la situation dans le nord-est du pays le plus peuplé d’Afrique, le Nigeria.

 

En plus d’être affectée par la famine, la population est également cruellement touchée par des conflits armés. Depuis 2009, on estime qu’approximativement 1,9 million de personnes ont dû abandonner leurs habitations et leurs champs.

 

Les attaques régulières de Boko Haram, ainsi que de plusieurs autres groupes, laissent la population dans des conditions atroces. Des milliers de personnes sont déplacées dans le pays, traumatisées et doivent maintenant faire face à ce fléau qu’est la famine, encore plus violemment puisqu’ils ont tout perdu. À l’heure actuelle, près de 44 000 personnes risquent la famine et ce chiffre pourrait atteindre 7,5 millions de personnes.

 

Nous avons besoin de 150 000 $ maintenant, pour leur offrir un peu de nourriture et des semences pour recommencer à neuf, puisqu’il s’agit là d’un de leurs seuls moyens de subsistance.

 

Nous avons encore deux jours afin que le montant de vos dons soit doublé par le gouvernement canadien, par le biais de son Fonds de secours contre la famine. Votre dollar pour les projets d’Aide à l’Église en Détresse au Soudan du Sud et au Nigeria vaudra finalement non pas 1 mais 2 $, servant à nourrir des gens dans ces deux pays – mais aussi au Yémen et en Somalie. Faites fructifier votre don, deux fois plutôt qu’une!

 

 

 

 

 


 

Histoires AED : des Dominicaines retourneront chez elles

09.06.2017 in Adaptation Mario Bard, AED, Construction, Déplacés, Irak, Mario Bard, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Irak

Des Dominicaines retourneront chez elles

Dans la plaine de Ninive, 363 bâtiments qui appartiennent à l’Église, endommagés ou détruits par l’État islamique (ÉI), ont besoin d’être rénovés.

Les sœurs dominicaines Luma Khuder et Nazek Matty déclarent : « Nous espérons revenir à Teleskuf dès que possible, les familles ont besoin de nous ». Le père Andrzej Halemba, président exécutif par intérim de la Commission de reconstruction de Ninive (CRN) ajoute : « 450 familles sont déjà retournées à Teleskuf. Nous espérons que beaucoup d’autres suivront leur exemple ».

 « L’accord entre les Églises chrétiennes est un bon signe. Les gens perçoivent que l’Église est unie et que les décisions ne seront pas prises unilatéralement ». Sœur Luma Khuder et Sœur Nazek Matty, des religieuses dominicaines de Sainte-Catherine de Sienne du couvent Notre-Dame-du-Rosaire de Teleskuf, au nord de Mossoul, voient comme un signal encourageant l’engagement des Églises chrétiennes en Irak en faveur de la reconstruction des villages chrétiens de la plaine de Ninive, détruits par l’État islamique. Le 27 mars dernier, l’Église syro-catholique, l’Église syro-orthodoxe et l’Église chaldéenne ont institué la CRN dont la tâche est de suivre et de planifier la reconstruction de près de 13 000 logements.

IRAQ / NATIONAL 17/00321 Restoration of Immaculate Mary (Al-Um Al-Tahira) convent in favour of Dominican Sisters fof St Catherine of Siena - Qaraqosh

Mars 2017 : pour la première fois, les religieuses visitent le couvent qu’elles ont dû quitter en catastrophe il y a deux ans.

Avant 2014, les dominicaines de Sainte-Catherine de Sienne disposaient de couvents dans de nombreuses villes de la plaine de Ninive. Puis l’ÉI est arrivé, et les 72 religieuses sont devenues des déplacées internes. « En 2014, à peine arrivées à Erbil, nous avons commencé à distribuer de la nourriture, du lait et des couches. Nous avons ouvert des “couvents d’urgence”, pour être aussi proches que possible des chrétiens déplacés, pour les servir et pour être avec eux », explique Sœur Luma. « En 2015, une fois que les personnes déplacées ont été installées dans des logements plus définitifs, nous avons ouvert deux écoles, l’une à Ankawa, au nord d’Erbil, et l’autre à Dohouk. L’école d’Erbil est fréquentée par environ 600 enfants âgés de 6 à 13 ans. Nous avons également ouvert une école maternelle qui accueille 392 enfants. Ces structures sont financées, entre autres, par AED. Nous dépendons totalement de ces aides ».

 

Retour des déplacés : espérer l’effet domino

Maintenant, la situation est en train de changer. « Le nombre de déplacés internes au Kurdistan diminue lentement. « À Teleskuf, il n’y a plus de danger, et plusieurs familles sont retournées chez elles », note Sœur Nazek. « Aide à l’Église en Détresse commence à reconstruire les maisons, y compris à Teleskuf », ajoute-t-elle. « L’État islamique est resté dans ce village pendant une courte période, et les maisons ne sont pas trop endommagées. Nous aussi, avec le soutien d’AED, nous réparons notre couvent Notre-Dame du Rosaire à Teleskuf. Nous aimerions y retourner aussitôt que possible, ainsi que les gens qui sont maintenant fatigués de vivre loin de chez eux ».

IRAQ / NATIONAL 17/00321 Restoration of Immaculate Mary (Al-Um Al-Tahira) convent in favour of Dominican Sisters fof St Catherine of Siena - Qaraqosh

AED veut soutenir la rénovation du couvent des religieuses dominicaines dans la région de Qaraqosh.

« Nous savons que depuis janvier 2017, environ 450 familles sont retournées à Teleskuf, et beaucoup d’autres se préparent à rentrer chez elles », explique le père Andrzej Halemba, qui en plus de ses responsabilités à la Comission, est également directeur de projets pour le Moyen-Orient à Aide à l’Église en Détresse. « Parmi tous les villages de La Plaine de Ninive – ajoute le père Halemba – Teleskuf est à ce jour le plus sûr. La zone est en fait contrôlée par l’armée kurde. Nous espérons que le retour des familles chrétiennes à Teleskuf aura un effet domino sur les familles des autres villages qui hésitent encore à revenir, de peur que la situation ne soit pas encore complètement sécurisée. L’AED contribuera à hauteur de plus de 58 000 dollars à la restauration du couvent dominicain de Teleskuf : les religieuses doivent revenir au plus tôt, les familles ont besoin d’elles ».

Dans toute La Plaine de Ninive, il y a au total 363 biens ecclésiastiques qui ont besoin d’être restaurés à la suite des attaques de l’État islamique : 34 ont été totalement détruits, 132 ont été incendiés, 197 sont partiellement endommagés. Rien qu’à Teleskuf, on compte 1 104 maisons privées et 21 biens ecclésiastiques endommagés par le groupe terroriste.

 

Aide à l’Église en Détresse contribuera à hauteur de plus de 58 000 dollars à la restauration du couvent dominicain de Teleskuf. 

Texte original : Daniele Piccini, ACN international
Adaptation française au Canada : Mario Bard, AED Canada

 

Conférence de presse de Québec – Famine – 7 juin 2017

08.06.2017 in #J'AI FAIM, AED Canada, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Famine, Marie-Claude Lalonde, Mario Bard, Soudan du Sud, Voyagez avec AED

Conférence de presse de Québec – Famine – 7 juin 2017

 

Tous contre la famine – #PriezDonnezParlezen

 

Directrice du bureau d’Aide à l’Église en Détresse au Canada, Marie-Claude Lalonde a participé au lancement de la campagne Priez-Donnez-Parlezen, lancée par la Conférence des évêques catholiques du Canada. « Pour déclarer l’état de famine (ONU), il faut que des personnes aient déjà commencé à mourir », a-t-elle souligné. Voici ce qu’elle y déclaré. 

« Aide à l’Église en Détresse est fière de participer à cet effort collectif et interreligieux qui fait suite à l’appel à la solidarité avec le Nigeria, le Soudan du Sud, la Somalie et le Yémen où sévit la famine.  Nous le ferons de la manière que nous connaissons le mieux, i.e. Aider sur le terrain.  Bien que notre organisme en soit un de charité pastorale, nous ne laissons jamais tomber nos partenaires de projets lorsque survient un coup dur.  Cette fois ne sera pas différente.

Nous travaillons principalement au Soudan du Sud et au Nigeria, pays dans lesquels nous avons des projets depuis de très nombreuses années. Bien entendu, notre aide caritative ne réglera pas les problèmes de fond, mais par nos actions nous soulagerons, autant que faire se peut, nos frères et sœurs qui souffrent de cette horrible famine.

Marie-Claude Lalonde, directrice nationale d’Aide à l’Église en Détresse. (Photo:  Webtélé ECDQ.tv)

Pour déclarer l’état de famine (ONU), il faut que des personnes aient déjà commencé à mourir.  C’est donc le cas au Soudan du Sud et la situation est plus que préoccupante au Nigéria, en Somalie et au Yémen.  Il est minuit moins une.

 

L’an dernier, Aide à l’Église en Détresse a fourni de l’aide alimentaire dans le diocèse de Malakal au Soudan du Sud.  La situation ne s’améliorant pas, nous avons déjà promis d’aider à nourrir 20 000 personnes, des déplacés, toujours dans la même région.  Nous avons besoin de 140 000$ et il ne s’agit là que d’aide à court terme.  Il faudra faire beaucoup plus.

 

Dans le nord-est du Nigéria, nous sommes malheureusement les témoins réguliers de conflits interconfessionnels et d’exaction de la part de Boko Haram.  C’est du moins ce qui se retrouve dans les médias, ce qui fait que nous avons pratiquement oublié qu’il ne s’agissait là de quelques problèmes et que la faim menace depuis un certain temps.  Au Nigéria, nous avons besoin de 150 000$ pour fournir de l’aide alimentaire et des semences pour reprendre l’agriculture.  Encore là nous savons que notre intervention devra s’étendre dans le temps.  Ces deux campagnes de financement ne s’arrêteront pas à la fin juin alors que se terminera le programme du gouvernement fédéral.  Nous continuerons tant qu’il y aura des besoins criants.

 

Dans tous les cas, nous apporterons un soutien pastoral aux personnes traversant cette épreuve ainsi qu’à l’Église qui est toujours active à soulager la misère ambiante et ce quelle que soit la religion de la personne qui se présente à elle.

Priez – Donnez – Parlez-en : un effort multiconfessionnelle pour contrer la faim dans quatre pays d’Afrique. (Photo: Crédit : Webtélé ECDQ.tv)

 

Priez Donnez Parlez-en, titre de l’appel interreligieux qui est rendu public aujourd’hui. À travers nos campagnes de collectes de fonds, nous inviterons bien entendu la population à être généreuse sur le plan financier, mais nous solliciterons aussi leur solidarité à travers la prière.  Donnant pour la famine, priant pour ceux qui souffrent et pour que la paix revienne.

 

Nous continuerons notre travail de sensibilisation auprès de nos donateurs actuels et potentiels et au public en général afin de répondre au volet Parlez-en.

 

Merci à toutes les communautés confessionnelles qui se joignent à ce grand mouvement.  C’est ensemble que nous pourrons alléger le fardeau des hommes, des femmes et des enfants qui ont, en ce moment même, le ventre creux.»

Pour donner à la campagne Priez-Donnez-Parlez-en
par le biais d’Aide à l’Église en Détresse, veuillez cliquer ici.
#jaifaim


 

 

 

 

 

Communiqué – Campagne famine 2017 – AED participe

07.06.2017 in AED Canada, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Communiqué, Famine, Marie-Claude Lalonde, Mario Bard, Nigéria, Soudan du Sud, Voyagez avec AED

Famine en Afrique

Aide à l’Église en Détresse dit oui à l’appel des évêques

 

Montréal, 7 juin 2017 – Aide à l’Église en Détresse (AED) participe à la campagne pancanadienne Priez-Donnez-Parlez-en, lancée par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). « Les informations qui proviennent de ceux avec qui nous travaillons sur le terrain sont formelles : la situation empire », souligne Marie-Claude Lalonde, directrice nationale. « Notre objectif est d’amasser 290 000$ pour aider nos partenaires locaux – diocèses et paroisses – à soutenir la population affamée qui vient vers eux, afin qu’elle ne meure pas ! » L’œuvre pontificale compte amasser 150 000 $ pour de la nourriture et des semences dans le nord-est du Nigeria, et 140 000$ pour des sacs de sorgo destinés au Soudan du Sud.

 

La famine s’installe dans quatre pays d’Afrique : Soudan du Sud, Nigeria, Yémen et Somalie. AED aidera au Soudan du Sud et au Nigeria.

D’ailleurs au Soudan du Sud, Aide à l’Église en Détresse rapportait plus tôt cette année une dégradation rapide dans la région de Malakal. « Nous avons déjà fait parvenir du soutien aux personnes déplacées, dont s’occupent les prêtres de la paroisse de St-Stephen à Malakal, un montant de plus de 223 000$ depuis 2016. Mais, tel que le rapporte l’Organisation des Nations Unies, 100 000 personnes au Soudan du Sud sont maintenant frappées par la famine », indique Mme Lalonde.

 

« Il est essentiel de continuer notre soutien auprès des partenaires paroissiens et diocésains déjà impliqués pour soulager la misère. »  Le Soudan du Sud est devenu indépendant en 2011, mais vit une guerre civile depuis 2013. Selon de nombreux experts, celle-ci cause en grande partie la famine que l’on y vit aujourd’hui.

Janvier 2017, Soudan du Sud, dans le camp de déplacés de Riimenze

 

Par ailleurs, Aide à l’Église en Détresse va aussi soutenir des victimes de la famine dans le nord-est du Nigeria. Là-

bas, c’est la présence de groupes terroristes qui est la cause principale de cette famine. « Les groupes terrorisent les villageois, brûlent leurs maisons et leurs récoltes. Ils doivent fuir la violence de ces groupes abjects. Résultat : ils n’ont accès à la nourriture que grâce à diverses sources d’aides, dont les paroisses qui se transforment dans bien des cas en lieu de refuge. L’Église est encore vue comme un lieu sûr par la majorité de la population », explique Marie-Claude Lalonde.

« Nous appelons nos bienfaiteurs et bienfaitrices à être généreux dans le soutien à nos partenaires et nous remercions la CECC de nous faire confiance à travers cet élan collectif et interconfessionnel de générosité », souligne Mme Lalonde.

 

Pour donner à la campagne pancanadienne Priez-Donnez-Parlez-en par le biais d’Aide à l’Église en Détresse, merci de faire parvenir vos dons par carte de crédit à l’adresse web sécurisée :
WWW.ACN-AED-CA.ORG/JAIFAIM

 

Il est aussi possible de faire parvenir vos dons à l’adresse suivante :

Aide à l’Église en Détresse
Campagne Urgence J’ai faim
Case postale 670, Succursale H
Montréal (Québec) H3G 2M6

 

L’argent reçu par notre organisme ira
aux partenaires directs d’Aide à l’Église en Détresse.

 

MERCI DE VOTRE GÉNÉROSITÉ !


 

Entrevue AED – Violences au sud des Philippines – analyse d’un évêque

02.06.2017 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Entrevue, Informations, Jonathan Luciano, Mario Bard, Philippines, Voyagez avec AED

Violences dans le sud des Philippines

Cathédrale détruite et dialogue fragilisé

 « Dans l’ensemble, la population n’est pas favorable à l’État islamique »

 Aide à l’Église en Détresse (AED) a interviewé le responsable de la prélature de Marawi, dans le sud des Philippines (île de Mindanao), Mgr Edwin delà Peña, évêque de Marawi (MSP) à propos de la situation qui prévaut dans la ville, attaquée le 23 mai dernier par le groupe terroriste Maute. Les assaillants ont tué délibérément des chrétiens et brûlé plusieurs bâtiments, dont la cathédrale Sainte-Marie auxiliatrice. Au moment d’écrire ces lignes (31 mai 2017), le directeur national d’AED aux Philippines, Jonathan Luciano, rapportait que 104 personnes avaient été tuées et que plus de 12 500 familles étaient déplacées. Il y avait toujours une quinzaine de chrétiens retenus en otage, dont le père Chito Suganob, vicaire général. La Conférence des évêques catholiques des Philippines a confirmé que la vidéo dans laquelle il apparaît et qui circule présentement sur Facebook est authentique.

 

Source: wikimedia

Quelle est la situation actuelle dans la prélature de Marawi ?

Nous ne savons pas trop. Nos fidèles ne sont plus là-bas, ils ont été évacués. Je ne connais pas la situation de ceux qui sont restés, parce qu’une opération est en cours pour nettoyer la ville… des terroristes, et qu’il y a des bombardements aériens. Je ne sais pas comment ils survivent.

 

La cathédrale est-elle totalement détruite ?

Oui, on m’a dit que la cathédrale et la maison de l’évêque sont totalement détruites, d’abord par l’incendie, puis également par le bombardement [gouvernemental], parce que nous sommes en plein cœur de la vieille ville, le centre des combats. Je ne sais pas avec certitude combien de temps il nous faudra pour récupérer, mais ce sera très difficile pour nous tous, non seulement pour les chrétiens, mais aussi pour les musulmans.

 

 

Comment étaient les relations islamo-chrétiennes à Marawi avant l’incident ?

À Marawi, il y a environ 95% de musulmans. Nous formons une minuscule minorité, nous sommes une très petite Église et la majeure partie de la population catholique de la ville se trouve à l’université, où nous avons des étudiants qui viennent d’autres provinces.

Marawi durant la première journée de siège le 24 mai dernier. (Photo: Ms. Sittie Ainah U Balt/ACN)

 

Les relations étaient magnifiques. Nous étions engagés dans le dialogue interreligieux et nous avons beaucoup de partenaires. Et de fait, le Père Cito était au centre de cet engagement, parce que son objectif principal est vraiment de se connecter, de se relier à toutes les ONG musulmanes ayant participé avec nous au développement communautaire et à l’éducation au dialogue interreligieux. C’était beau, jusqu’à l’émergence de cet extrémisme : les combats, la présence de ces éléments extrémistes originaires du Moyen-Orient, et la radicalisation inconsciente et involontaire des jeunes [d’ici]. Certains d’entre eux n’étaient pas radicaux, mais ils le sont devenus en orientant leurs points de vue sur ceux des radicaux du Moyen-Orient. Par contre, en général, nos relations avec nos partenaires ont toujours été très positives. En fait, ils nous ont dit qu’ils sont également contre cet afflux d’éléments de l’État islamique qui arrivent à Marawi, parce qu’ils savent exactement quelles conséquences cela a sur la culture de la population et son mode de vie. Les gens de Marawi ont toujours été très paisibles.

 

 

 

Donc, il est exact de dire que la population en générale n’est pas favorable aux membres de l’État islamique.

Oui, oui, oui, c’est exact. En fait, ce qui se passe aujourd’hui, surtout maintenant que c’est le ramadan qui est un mois très saint pour eux, c’est qu’ils ne sont pas en mesure de le célébrer de la façon qu’ils auraient aimée. Ils ressentent une certaine forme de colère contre ces groupes terroristes qui viennent perturber cette commémoration très sainte du ramadan. Donc, si ces groupes extrémistes voulaient obtenir le soutien du peuple, c’est raté.

 

Voyez-vous une différence sur la manière qu’ont ces groupes d’opérer, entre ce qui se passe en Syrie et en Irak et ce qui se passe maintenant à Marawi ?

Il y a des similitudes. Ce ne peut pas être une autre Syrie ou un autre Irak, mais l’aspect actuel de la ville après le bombardement et le reste, ce n’est plus celui de Marawi. Les vestiges de la vieille ville, tout ce que nous voyons aux nouvelles, tout est en ruines, la destruction est partout. C’est l’image de la Syrie et de l’Irak que nous avons à l’esprit.

Plus tôt cette semaine : la population tente de fuir les bombardements gouvernementaux et les exactions des terroristes. (Photo: Ms. Sittie Ainah U Balt/ACN)

 

 

Qui est le groupe Maute qui a mené ces attentats?

Maute provient de la tribu Maranao. Il ressort de mes conversations avec certaines figures religieuses d’ici que ce groupe est constitué d’individus autrefois favorisés à Marawi. Certains étaient d’importants trafiquants de drogue. Désormais, ils sont maîtrisés, mais ces gens étaient habitués à avoir une vie facile et confortable, avec de l’argent qui coule à flots. Maintenant qu’ils n’ont plus le pouvoir et que le maire ne les soutient plus, ils sont privés de ressources et abandonnés à eux-mêmes. C’est probablement l’un des facteurs qui les a conduits vers la radicalisation. On nous a dit également que l’argent venait de l’extérieur, que certaines personnes faisaient aussi partie d’une autre formation et que certains éléments étrangers les formaient dans leurs cachettes de Lanao (province voisine)

 

Le gouvernement a continué à nier la présence de l’État islamique aux Philippines. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?

Je ne suis pas sûr. Ils peuvent le nier aussi longtemps qu’ils le veulent. Je ne suis pas la bonne personne pour en parler, mais je me fais l’écho de ce que je sais, à savoir que certains d’entre eux ont même été formés à l’étranger et que certains ont étudié au Moyen-Orient. Ils viennent de familles très riches, ils ont donc les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école, en Arabie saoudite et en Jordanie.

 

Existe-t-il une relation entre Maute et le groupe terroriste Abu Sayyaf ? 

Je pense que oui, du fait que Hapilon1 est à Lanao. En fait, un mandat d’arrêt était sur le point d’être délivré contre lui avant que tout cela n’arrive. [Je pense] que ça a été le déclic. Hapilon vient d’Abu Sayyaf. Il a donc conclu une alliance tactique avec Maute à Lanao, en se fondant sur le fait que tous les deux sont des sympathisants de l’État islamique. Ils ont donc probablement uni leurs forces.

 

Avez-vous des informations récentes sur le Père Chito et les autres chrétiens enlevés ?

Je suis au courant de la vidéo du Père Chito depuis hier (mardi 30 mai 2017). Il est vivant ! J’en suis heureux, mais triste aussi des réactions des internautes DDS (DDS signifie les partisans du président Duterte), qui l’ont fustigé pour son message, sans tenir compte de sa situation actuelle d’otage, privé de liberté. Nous avons perdu notre sens de l’humanité ! C’est triste ! Je plains ce pays et je suis désolé pour la situation du Père Chito et de ses compagnons.

Le père « Cito », surnom du père Teresito Suganob, enlevé avec 15 autres personnes dans la cathédrale de Saint-Marie auxiliatrice. (Photo: page Facebook du père Teresito).

 

Nous n’avons eu aucun contact avec les militaires jusqu’à il y a quelques jours, quand j’ai pu établir un lien avec le commandant en chef de la division de marines chargé de faire le nettoyage et les opérations de ratissage à Marawi. Il a promis de faire de son mieux pour localiser le Père Chito et ses compagnons. Ils sont environ 12 à 15 personnes. Certains d’entre eux étaient professeurs au Collège Dansalan tout proche. Beaucoup d’entre eux étaient à la cathédrale au moment de l’enlèvement parce qu’ils préparaient la fête de Marie auxiliatrice2. Nous avions beaucoup des nôtres à l’intérieur et dans l’église.

 

Considérez-vous cet incident comme une escalade après les différents événements antichrétiens qui ont eu lieu à Mindanao ?

Oui, je suppose que c’est le cas.

 

Connaissez-vous des histoires de solidarité personnelle entre musulmans et chrétiens ces derniers jours ?

Oui, des connaissances personnelles de la famille de mon chauffeur, qui se sont cachées dans l’une des usines de riz dans la ville de Marawi, ont été accompagnées par leur chef de district, qui est un Maranao. Il a organisé le groupe en expliquant comment répondre si le groupe Maute les interceptait sur le chemin. Ils sont sortis ensemble de la maison pour aller vers le pont où des bus les attendaient pour les faire sortir de Marawi. Je le considère comme un héros pour avoir guidé ce groupe mixte de chrétiens et de musulmans qui tentaient de fuir le danger.

 

Une photo de quelques membres de Maute, composé de 100 à 200 hommes. (Photo: Ms. Sittie Ainah U Balt/ACN)

Mais il y a des gens dans le groupe qui, alors qu’ils essayaient de traverser le pont, ont été accostés par Maute. On leur a demandé s’ils étaient chrétiens. Malheureusement, ils ont répondu oui parce qu’ils n’étaient pas là quand les consignes ont été données. Un autre homme, membre de l’une des familles qui vivent dans le complexe de la cathédrale de Marawi, a été extirpé du groupe parce que sa chemise courte laissait voir la croix tatouée sur son épaule. C’est ainsi qu’il a été identifié comme chrétien, et il a été abattu. Puis, nous avons entendu dire que certains hommes avaient été tués et jetés dans un ravin. Il s’agirait du groupe qui avait été abordé alors qu’il tentait de rejoindre le convoi des personnes évacuées. On peut aussi lire dans les journaux de nombreuses histoires de musulmans qui ont tenté de protéger des chrétiens.

 

Comment cet incident affecte-t-il les relations entre chrétiens et musulmans à Marawi ?

Nous ne pouvons pas éviter que certaines personnes qui savent maintenant ce que nous avons fait ici à Marawi et le type de relations que nous avons développées au fil du temps se sentent confirmées dans les préjugés naturels que les chrétiens ont contre les musulmans. Nous faisons un travail assez frustrant. Le dialogue interreligieux est un processus très fragile et ce genre d’incidents est de nature à détruire les fondations de ce que nous avons fait. Certaines personnes alimentent ces sentiments antimusulmans. Nous n’aimons pas que cela se produise, c’est si triste, car nous avons bien amélioré les relations entre musulmans et chrétiens à Marawi.

 

En fait, si l’on compare nos relations à celles qui ont lieu ailleurs, je peux dire sans me tromper que les nôtres sont les meilleures… en ces 41 années d’existence de la prélature. Elles existaient avant même que la Prélature ne soit érigée. [Par exemple] les écoles tenues par l’Église ont toujours été appréciées de nos frères chrétiens et musulmans. Les cadres de la ville ont étudié dans nos écoles et ils y envoient maintenant leurs enfants ; ils ont développé une sorte de lien de fidélité envers nos écoles.

 

Quel message adressez-vous aux bienfaiteurs d’AED à travers le monde ?

Il est très regrettable que notre petite Prélature, qui est la plus petite et la plus pauvre des Églises locales aux Philippines, subisse cette crise si difficile. Notre cathédrale a été détruite, de même que la maison de l’évêque, et nous devons repartir à zéro.

 

Nous devons continuer notre mission qui consiste à tendre la main de la réconciliation et de l’amitié à nos frères et sœurs musulmans, parce que c’est l’héritage du pape Paul VI quand il a rétabli la Prélature de Marawi, au plus fort de la crise du début des années 703. Citant Mgr Tutu, le Pape avait dit : « Nous, chrétiens, devrions être les premiers à tendre la main de la réconciliation et de la fraternité à nos frères et sœurs musulmans. C’est la façon d’instaurer la paix, interrompue à cause de la guerre ».

Je pense que la même chose est valable pour notre situation actuelle. Nous ne pouvons pas tourner le dos à ce que nous avons commencé, à ce que la Prélature avait commencé au milieu des années 70. Nous devons poursuivre le travail de dialogue, continuer à travailler avec nos frères et sœurs musulmans, afin d’établir, de reconstruire les relations rompues, les rêves brisés et les espoirs de tant de gens de vivre en paix. Nous voulons simplement vivre en paix, et nous aimerions vous demander de nous aider à reconstruire cette paix, par le genre de travail que nous faisons : travailler avec nos frères et sœurs musulmans et être en dialogue avec eux.

Le première nuit de siège à Marawi. (Photo: Ms. Sittie Ainah U Balt/ACN)

 

 

 

 

Quels sont vos besoins les plus urgents pour le moment ?

Nos besoins ne sont pas notre préoccupation majeure en ce moment. Notre objectif est plutôt d’essayer de faire ce que nous pouvons pour répondre à la crise humanitaire qui se développe à Iligan. En effet, il y a tellement de personnes qui ont été évacuées de Marawi, elles ont besoin de tout le soutien que nous pouvons obtenir. C’est pourquoi certains de nos diocèses et même Caritas Filipinas à Manille, et l’archidiocèse de Manille à travers le Cardinal Chito Tagle et tous les autres diocèses des Philippines nous ont demandé comment ils pouvaient nous aider, où ils pouvaient envoyer tous leurs dons.

Nous nous sommes donc coordonnés avec le diocèse d’Iligan pour mettre en place, au Centre pastoral diocésain, des points de réception des dons et de coordination des volontaires. Nous travaillons également avec nos frères et sœurs musulmans qui dialoguent avec nous. C’est pour nous une grande occasion de montrer notre solidarité et d’essayer de répondre aux besoins de nos frères et sœurs, en particulier dans les centres d’évacuation. C’est donc ce que nous faisons en ce moment, et s’il y a quelque chose que vous pouvez faire pour nous aider, pour attirer l’attention du monde sur ce qui se passe à Marawi en ce moment, ou pour soutenir les opérations de secours, nous vous en serions reconnaissants.

L’un des centres d’évacuation pour les milliers de résidents qui ont fui Marawi.  (Photo: Ms. Sittie Ainah U Balt/ACN)

 

  1. L’un des dirigeants d’Abu Sayyaf
  2. Fêtée le 24 mai de chaque année
  3. Rébellion musulmane, résultat de l’histoire de l’île
Propos recueillis par Jonathan Luciano, AED Philippines
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

 

 

 

 


 

Réaction : Aide à l’Église en Détresse au Canada (AED) #zerofamine

30.05.2017 in AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Marie-Claude Lalonde, Mario Bard, Nigéria, Soudan du Sud
Camps de déplacés à Riimenze, Soudan du Sud, janvier 2017


Réaction : Aide à l’Église en Détresse au Canada (AED)

 

Montréal, 29 mai 2017 – Aide à l’Église en Détresse au Canada (AED) accueille très favorablement l’annonce du gouvernement fédéral qui a créé aujourd’hui le Fonds de secours contre la famine (#zerofamine) afin de combattre cette tragédie plus particulièrement au Soudan du Sud, dans le nord-est du Nigeria, au Yémen et en Somalie.

« Les nouvelles sont très mauvaises et confirment ce que nous entendons de la part de nos partenaires depuis quelques mois au sujet du manque de nourriture et de la famine qui s’installe », déclare Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien d’AED. « Ce qui est troublant, c’est que dans tous ces pays, ce sont les conflits provoqués par des guerres entre différentes factions qui causent cette tragédie. Le Soudan du Sud, où la famine est en grande partie causée par la guerre civile qui sévit depuis 2013, est un bon exemple de cela. »

D’ailleurs en février dernier, Aide à l’Église en Détresse rapportait que les évêques sud-soudanais dénonçaient la situation. Ils rappelaient l’une des sources de la famine : l’impossibilité pour les villageois de récolter leurs terres à cause de la présence des combattants, gouvernementaux ou de l’opposition, qui y ont pratiqué la « terre brûlée ». Ils considéraient « tout cela [comme] une forme de punition collective, ce qui est interdit et considéré comme un crime de guerre selon les conventions de Genève. »1

L’Église a l’habitude du service humanitaire. En 2015 au Nigeria, elle aide des déplacés qui fuient les violences de Boko Haram. (photo)

Une inflation de 800%

Un agent de pastorale sud-soudanais – qui a gardé l’anonymat pour des questions de sécurité – avait aussi signalé à l’AED que le problème pourrait prendre de l’ampleur si rien n’était entrepris par la communauté internationale. « Il est extrêmement difficile de trouver de la nourriture et d’obtenir de l’argent liquide pour payer les marchandises… devenues très chères », avait-il alors indiqué. En début d’année lors de l’entrevue, l’inflation atteignait déjà les 800 pour cent !

Cette personne avait également accusé les chefs des différentes tribus – encore très importants dans la société sud-soudanaise – de se battre uniquement « pour le pouvoir politique et l’argent (pétrole, bois, ressources minérales). Ces élites se soucient plus de leur propre avantage que du bien-être des gens, dont beaucoup meurent de faim », avait-il dénoncé.2

 

Depuis plusieurs années, Aide à l’Église en Détresse soutient l’Église locale du Soudan du Sud et du Nigeria, particulièrement dans les diocèses touchés par la violence de la guerre civile et celle du groupe terroriste Boko Haram.

 

  1. Communique-lepiscopat-sud-soudanais-denonce-la-violence-contre-les-civils/
  2.   Soudan-du-sud-leglise-soutient-les-refugies

 


 

Communiqué – Nigeria – Infiltration terroriste au gouvernement ?

05.05.2017 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, John Pontifex, Mario Bard, Mgr Joseph Bagobiri, Nigéria, Voyager avec l'AED

Nigeria

Infiltration terroriste au gouvernement ?

Montréal/Surrey/Königstein, 05.05.2017 – Dans une entrevue exclusive accordée à Aide à l’Église en Détresse, un évêque accuse les autorités nigérianes de livrer des armes à un réseau terroriste islamiste qui aurait infiltré les gouvernements régionaux et le fédéral*.

Ces accusations font suite à l’attaque du 15 avril dernier à l’extérieur d’une église de village, située près de la ville de Kaduna (plus d’un million d’habitants). Les assaillants, des bergers islamistes peuls, ont tué 12 personnes, dont 10 catholiques en pleine célébration de la Veillée pascale.

 

Mgr Joseph Bagobiri, évêque de Kafanchan, dans l’État de Kaduna (nord du pays), a déclaré que le gouvernement ne fait presque rien pour enrayer « une vague de terreur » lancée par les bergers islamistes peuls, entre autres contre les chrétiens. Il estime que cette vague a coûté la vie à 1 000 personnes juste l’année dernière.

 

Décrivant les extrémistes peuls comme une « organisation sœur » du groupe terroriste Boko Haram, Mgr Bagobiri affirme que malgré de nombreux signalements concernant les assaillants, aucune arrestation n’a eu lieu. L’évêque a qualifié les « bergers islamistes peuls… de troisième organisation terroriste la plus meurtrière au monde actuellement ».

 

« … les charniers s’accumulent autour de nous » 

Nigeria, village d’Asso: les corps de trois des 12 victimes, lors de leur enterrement.

 

Selon lui, « étant donné la nature complexe des armes utilisées pendant les opérations [des islamistes], il y a lieu de penser que des proches au gouvernement et dans l’armée aient pu leur fournir ces armes. Au Nigeria, les Peuls sont actuellement responsables des douanes, de l’immigration et du Ministère de l’Intérieur. Il est donc aisé de transporter des armes dangereuses à travers nos frontières, sans que personne ne les empêche. Quand des armes sont découvertes, elles sont souvent remises à la police ou à d’autres organismes de sécurité, et l’on n’entend plus parler de ces armes.» L’évêque estime que les gouvernements, tant fédéral que ceux des États, ont « plus de sympathies pour les agresseurs que pour les victimes ».

 

À propos des chrétiens assassinés ainsi que des déplacements de population au Nigeria, il a déclaré : « C’est exactement ce que les djihadistes peuls font aujourd’hui dans le sud de l’État de Kaduna, région de la ceinture centrale, ils font aussi des incursions dans le sud-est et le sud-ouest du Nigeria ». Selon lui, « le nombre de décès semble augmenter de jour en jour, et les charniers s’accumulent autour de nous ».

 

Charcutage islamique et fraude électorale

 

Selon Mgr Bagobiri, la stratégie des terroristes peuls et les moyens utilisés lors de la dernière attaque incluaient un véhicule pour pouvoir s’enfuir, et des « armes sophistiquées » pour tuer les chrétiens réunis en prière. Dans l’homélie prononcée lors des funérailles de certaines des victimes, il a déclaré : « Nous pouvons voir qu’il existe un programme bien rodé et fortement subventionné d’élimination systématique ». Il a appelé le gouvernement à inverser le charcutage électoral islamiste qui, estime-t-il, est une politique de fraude électorale imposée au peuple afin d’exclure les chrétiens. « La délimitation des circonscriptions et l’implantation des bureaux de vote, qui dans le passé ont été réalisées de manière arbitraire et frauduleuse afin d’assurer en amont un trucage du vote en faveur d’une religion et d’une partie de la population de l’État de Kaduna, doivent être revues et corrigées à l’aide de données tant géographiques que numériques jusqu’à présent ignorées ».

Les funérailles de victimes des attaques du 15 avril, tués lors de la Veillée pascale.

 

« S’il vous plaît, trouvez un moyen d’attirer l’attention du monde sur cette menace des activités terroristes des bergers peuls », a-t-il demandé.

 

Aide à l’Église en Détresse aide les chrétiens persécutés au Nigeria – en soutenant les victimes d’atrocités, en remettant des honoraires de messe aux prêtres pauvres et persécutés, en aidant à réparer les églises et en soutenant l’achat de véhicules pour des membres du clergé afin qu’ils puissent exercer leur ministère dans les régions éloignées.

 

*Le Nigeria est une République fédérale dont le modèle s’inspire des États-Unis.

 

Article original en anglais écrit par Murcadha O’Flaherty et John Pontifex, ACN International
Adaptation française pour le Canada: Mario Bard, Aide à l’Église en Détresse Canada


 

Communiqué AED – le pape François en Égypte

27.04.2017 in AED Canada, AFRIQUE, Dialogue interreligieux, Égypte, Entrevue, Mario Bard, Moyen-Orient, Vues D'ailleurs

Le pape François en Égypte

« recoudre les liens avec l’Islam »

 

Montréal, mercredi 26 avril 2017 – Le père Samir Khalil Samir, jésuite, spécialiste de l’Islam et professeur à l’Institut des études orientales à Rome, était de passage dans les bureaux canadiens d’Aide à l’Église en Détresse jeudi dernier (20 avril 2017). Égyptien d’origine et né au Caire, nous lui avons demandé ce qu’il pensait de la visite du pape en Égypte, de l’importance du dialogue entre islam et christianisme et de la crainte de voir le Moyen-Orient se vider des chrétiens.
Extraits de cette rencontre.

Propos recueillis par Mario Bard,
Aide à l’Église en Détresse Canada

 

AED : Que diriez-vous au pape François à propos de son voyage en Égypte? Est-ce que vous lui diriez de rester à Rome ou bien d’y aller?

P. Samir: Je pense que, tel qu’il est, il faut qu’il y aille. Ce n’est pas quelqu’un qui a peur. D’autre part, si l’on examine les possibilités d’un attentat, je pense que l’Égypte, ne serait-ce que pour son honneur, fera l’impossible pour le protéger et s’assurer qu’il n’y ait aucun élément dangereux aux alentours. De ce point de vue, je pense que les choses devraient aller normalement.

Par ailleurs, il y a le caractère du pape François qui pourrait dire : ‘‘je ne crains rien et je suis au milieu du peuple. Et si je dois mourir, et bien je suis comme n’importe qui, simplement parce je me trouve dans cet endroit [où a lieu un attentat].’’  Donc, cela pourrait expliquer pourquoi il n’a pas renoncé à son voyage.

D’autant plus que ça fait longtemps qu’il veut recoudre les liens entre le Vatican et l’Islam. Et ceci, il me l’a dit personnellement à l’occasion d’une demi-heure en tête à tête que j’ai eue avec lui il y a quelques mois. Il m’a dit : « Pourquoi est-ce que j’insiste sur le fait que l’Islam est une religion de paix ? Parce qu’il nous faut d’abord refaire l’amitié avec les musulmans et avec Al-Azhar. »

Pourquoi faut-il « recoudre les liens » ? Que s’est-il passé?

Je rappelle le contexte ; il y a eu l’attaque à Alexandrie de l’église copte pour la fête de Noël, il y a six ans. Quelqu’un s’est fait exploser et il y a eu des dizaines de morts. Quelques jours après, le pape Benoît XVI qui rencontrait les ambassadeurs près le Saint-Siège a dit : « Je demande au président de la République d’Égypte de protéger les chrétiens. » À ce moment, l’Imam Ahmed el-Tayeb, recteur de l’Université Al-Azhar, a dit que cela était inacceptable que le pape se mêle de la politique égyptienne. Il a rompu les relations avec Rome. Aujourd’hui, après plusieurs essais infructueux, les relations ont repris. Et c’était le but principal du pape François; de rétablir les relations avec l’Islam et notamment avec Al-Azhar qui représente la majorité des musulmans du monde, c’est-à-dire 80 %. C’est une autorité morale, intellectuelle incontournable.

Père Samir, pourquoi est-ce important qu’il y ait du dialogue interreligieux avec l’Islam?

D’abord parce que l’Islam est la seconde plus grande religion du monde. Il y a plus de 1,5 milliard de musulmans, répartis dans presque tous les pays du monde. On ne peut pas l’ignorer. Ensuite, parce que l’Islam est une religion monothéiste, à côté du judaïsme et du christianisme. Et donc, il faut qu’on puisse dialoguer avec eux. Je pense que c’est ça qui est essentiel ; ce n’est pas un but politique. C’est de dire, essayons de nous entendre. De même qu’on mène le dialogue avec les Juifs.

On dit que le Moyen-Orient est en train de se vider des chrétiens. Qu’est-ce qui peut être fait pour que le vent change? Même des musulmans ne veulent pas que cette situation survienne.

La plupart des musulmans disent : ‘‘On a besoin des chrétiens’’. Il y a eu récemment en Égypte une émission de radio qui a impressionné tout le monde. Pendant huit minutes, le thème était les écoles chrétiennes qui ont formé l’intelligentsia de l’Égypte au 19e et au 20e siècle.

On voit aussi le Liban qui est le seul pays du monde arabe qui ait une certaine parité, précisément parce que ce sont les chrétiens qui l’ont construit, même si aujourd’hui, ils ne sont plus que 35 % de la population. Au parlement, les musulmans veulent qu’il y ait 64 musulmans et 64 chrétiens parce qu’ils disent que c’est essentiel. Ceci est reconnu par tous les musulmans qui réfléchissent.

D’autre part, sur la disparition des chrétiens du Moyen-Orient ; en Égypte, ce sont eux qui sont, pour ainsi dire, les autochtones ! On a conscience que si on veut maintenir la conscience nationale, on ne peut pas éliminer les chrétiens. Malheureusement, pour des motifs politico-économico-religieux, les chrétiens s’en vont de plus en plus. Et ce qui se passe en ce moment est voulu par ISIS (État islamique/Daesh). Mais, ce sont des fanatiques. Globalement, les musulmans ne sont pas fanatiques. Ils manquent de courage pour dire : on doit les arrêter. Au lieu de dire cela, ils disent : ça n’a rien à voir avec l’Islam, ce qui ne résout rien. Mais, au fond de leur cœur, la majorité des musulmans disent : non, ça, c’est une honte !

Maintenant, pour qu’ils restent, il faut les aider pour qu’ils puissent demeurer dans leurs maisons. En Égypte, ça ne pose pas de problème majeur à cause du grand nombre de chrétiens (près de 10 millions). Mais en Irak et en Syrie, où on a détruit les maisons des chrétiens, rester demande un courage énorme. C’est ce que font les patriarches, dont le patriarche Sako des Chaldéens de Babylone. Il lutte de toutes ses forces pour que les chrétiens ne migrent pas, pour qu’ils restent, pour sauver l’Église locale. Et c’est la même chose en Syrie.

Il faut les aider à rester. Les aider financièrement si on peut, mais aussi les aider moralement en les soutenant et en essayant d’arrêter ce crime qu’est ISIS. »

Aide à l’Église en Détresse va aider 3000 jeunes venus de partout dans le pays qui se rendront en pèlerinage au Caire pour participer à la visite du Pape François les 28 et 29 avril. Le voyage a débuté mardi 25 avril et comprend des célébrations liturgiques dans différents sanctuaires sur la route menant au Caire, la célébration de messes, des confessions, ainsi qu’une visite dans les hôpitaux du Caire le jour précédant l’arrivée du Saint-Père. Le groupe rassemble 250 représentants de chaque diocèse catholique égyptien, en plus des 1 000 participants originaires de la capitale.

 

 


 

Communiqué – Mgr Christian Lépine à Vues d’ailleurs

05.04.2017 in Mario Bard, Mgr Christian Lépine, Voyager avec l'AED, Vues D'ailleurs

COMMUNIQUÉ

Vues d’ailleurs accueille Monseigneur Christian Lépine, archevêque de Montréal, le lundi 10 avril prochain, à 20 h. 

 

Dans le cadre de la Semaine sainte, Mgr Lépine partagera sa vision de la fête de Pâques. Fête de la résurrection, fête de la victoire de la vie sur la mort, celle-ci n’empêche pourtant pas les violences, les guerres et les persécutions à caractère religieux d’êtres plus que jamais présentes en ce monde. Comment parvenir à marcher, animer par l’esprit de la résurrection de Jésus le Christ, malgré les grandes difficultés qui nous touchent ? Quelques éléments de réponses avec l’archevêque de Montréal, également membre du Comité international d’Aide à l’Église en Détresse.

 

Vues d’ailleurs est diffusée sur les ondes de Radio VM, en collaboration avec Aide à l’Église en Détresse.
L’émission est diffusée tous les lundis à 20 h, et en rediffusion les mercredis à 19 h, ainsi que les samedis à minuit.

(Animation et recherche : Mario Bard)


 

Vues d’ailleurs – un témoin des témoins!

24.03.2017 in AED Canada, Mario Bard, Radio VM, Robert Lalonde, Voyager avec l'AED, Vues D'ailleurs

Cette semaine à Vues d’ailleurs,
votre porte ouverte sur l’Église du monde !

Des témoins inspirants
pour la paix

Invité : Robert Lalonde, auteur et conférencier

 

Dans les pays touchés par la guerre, le traumatisme créé par un conflit peut laisser une blessure ouverte et profonde pendant des années. Une trace permet de petites guerres au quotidien, qui durent et qui durent ! À moins que des personnes décident enfin de sortir du cercle vicieux de la violence et qu’elles apprennent à se servir de ces traumatismes du passé afin de les transformer en force de paix pour le présent et le futur. Notre invité en a rencontré plusieurs. Il témoigne de l’inspiration produite en lui grâce à ces rendez-vous. Assez pour écrire un livre !

 

Soyez au rendez-vous dès 20 h,
le lundi 27 mars 2017, 20 h, à Radio VM.

En rediffusion le mercredi 29 mars à 19 h
et le samedi 1er avril à minuit.

 

Vues d’ailleurs, votre porte ouverte sur l’Église du monde !