AED Canada

 

Projet de la semaine de l’AED en Inde : aident pour la construction d’une église à Meghpal

22.02.2017 in Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, Inde, Marie-Claude Lalonde, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Succès de l’AED

En ce mois de février, nos projets de la semaine sont dédiés à l’Inde!

Pays multiple, immense et fascinant, le sous-continent indien est la maison de plus de 16 millions de catholiques. La majorité est pauvre et n’a pas les sous pour soutenir le développement de leurs paroisses. Qu’importe ; Aide à l’Église en Détresse répond présente aux demandes des évêques, supérieurs de communautés et autres responsables en Église qui nous demande de les aider à fortifier la foi de ces catholiques indiens. Voici les histoires de projets – des succès – qui ont vu le jour, grâce à vous : merci !

 


Projet de la semaine de l’AED en Inde :

aident pour la construction d’une église à Meghpal

En Inde, dans le diocèse de Sambalpur l’équipe d’Aide à l’Église en Détresse a été accueillie par des chants et des danses lors d’un récent voyage.  C’est que les bienfaiteurs de l’organisme les aident pour la construction d’une église pour la paroisse de Meghpal.  Les habitants du secteur sont majoritairement des déplacés du Jharkhand (déplacés à cause de l’industrialisation et l’arrivée de multinationales) et des chrétiens de première génération.

Ils vous remercient de l’aide de 20 150$ qui leur permettra d’avoir un lieu de rassemblement à l’abri du soleil et de la pluie de la mousson.

Merci !


 

Nigeria : terrorisme orchestré par d’autres groupes

25.01.2017 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Maria Lozano, Nigéria

Nigeria :

massacre d’autres groupes que Boko Haram

En décembre dernier, Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est entretenu avec Mgr Joseph D. Bagobiri du Nigeria. Voici ce qu’il révélait à nos collègues italiens.

De 2006 à 2014, plus de 12 000 chrétiens ont été assassinés, et 2 000 églises ont été détruites par des actes terroristes au Nigeria. Il s’agit là des chiffres cités par Mgr Joseph D. Bagobiri, évêque du diocèse de Kafanchan, dans l’État de Kaduna, au cours de sa visite au siège italien d’Aide à l’Église en Détresse (AED). C’est surtout à cause des intégristes islamistes du groupe Boko Haram que le Nigeria se tient à la troisième place du classement de « l’indice mondial du terrorisme de 2016 ».

Mgr Joseph Danlami Bagobiri de Kafanchan, Nigeria – en visite à ACN International à Königstein, Allemagne, le 19 avril dernier.

Cependant, Mgr Bagobiri révèle qu’ils ne sont pas seuls à répandre la terreur dans le pays le plus peuplé d’Afrique. « Au cours des trois derniers mois, plus de la moitié du territoire de la partie sud de l’État de Kaduna a enregistré une intensification des attaques commises par le groupe terroriste des éleveurs peuls musulmans (FHT), des bergers nomades de l’ethnie peule », indique-t-il. « En occident, ce groupe est presque inconnu, ajoute le prélat, mais l’évêque nigérian présente les chiffres sur les crimes qui ont été commis depuis septembre : 53 villages brûlés, 808 vies annihilées, 57 blessés, 1 422 maisons et 16 églises détruites ».

Les Peuls sont une ethnie nomade qui se consacre au pâturage, ce qui cause depuis longtemps des conflits avec les agriculteurs de la région. Cependant, ces derniers temps, les attaques sont devenues d’une ampleur complètement différente de celle des anciens conflits entre agriculteurs et éleveurs. Ces derniers utilisent désormais « des armes sophistiquées qui n’existaient pas auparavant, comme des AK-47, dont nous ne connaissons pas la provenance », déclare Mgr Bagobiri.

Par ailleurs, les causes de ce phénomène ne sont plus uniquement les mêmes qu’autrefois explique l’évêque de Kafanchan : « En plus des raisons sociales ou économiques qui existaient depuis longtemps, comme la répartition des terres et le manque de pâturages, la dimension du problème a changé parce que les Peuls sont musulmans et les terres appartiennent à des groupes ethniques chrétiens. Il est donc clair que le caractère religieux s’y ajoute désormais. Les deux motifs sont toujours présents, mais ces derniers temps, le facteur religieux est devenu prépondérant : le conflit s’est transformé en persécution religieuse ».

 

Nigeria : indifférence générale

Ce sont surtout les petits commerces tenus par des chrétiens ainsi que les églises qui sont attaqués. Un indicateur clair qu’il y a de la persécution religieuse, affirme Mgr. Bagobiri. « Il n’est pas non plus possible d’estimer que la violence soit dirigée contre un groupe ethnique en particulier, étant donné que les chrétiens appartiennent à divers groupes ethniques », dit l’évêque.

Reconstruction de la maison paroissiale de Saint Augustin, Tudun Wada (incendié en 2011 dans les violences qui ont suivi l’élection): Enterrement de trois des victimes.

Malgré la forte menace pour les chrétiens, ajoute le prélat, « la persécution au Nigeria ne bénéficie pas d’un degré semblable d’attention internationale que, par exemple, celle accordée au Moyen-Orient ». Et ce qui est pire pour l’évêque : même le gouvernement ne lui accorde pas une attention suffisante. « Ces attaques se produisent dans l’indifférence d’un gouvernement qui se limite à observer, tandis que la population est exposée à des terroristes armés ». Mgr ajoute : « les forces de police ne disposent pas des armes adéquates pour intervenir, ou n’ont pas reçu l’ordre d’intervenir ».

Mgr Bagobiri estime que cette menace terroriste est aussi liée à l’augmentation de l’intégrisme islamique dans le pays, et au problème de la charia, introduite dans 12 des 36 États nigérians, entre autres dans l’État de Kaduna. La loi islamique est une cause « d’inégalité et de discrimination. Par exemple, les tribunaux islamiques ont tendance à libérer [facilement] les musulmans coupables de crimes tels que l’assassinat de chrétiens accusés de blasphème », conclut Mgr. Bagobiri.

 

Pour plus d’informations sur le Nigeria, voir le Rapport sur la liberté religieuse d’Aide à l’Église en Détresse, sorti le 15 novembre 2016.

www.acn-aed-ca.org/fr/rapport-liberte-religieuse.

 

par ACN Italie

Adaptation par Mario Bard, AED Canada

 


 

 

Projet de la semaine AED : du transport vital

11.01.2017 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Motorisation, Motorisation, PROJETS AED, Religieuses, Tanzanie, Voyager avec l'AED

Tanzanie
un véhicule pour la paroisse de Namswea

Située au sud de la Tanzanie dans le diocèse de Mbinga, Namswea est une paroisse immense qui compte plus de 11 300 fidèles et compte treize sites extérieurs où se déroulent les célébrations liturgiques et les temps de catéchèse. Certains d’entre eux sont situés jusqu’à 50 kilomètres!

Les enfants de  la paroisse de  Namswea reçoivent leur Première Communion 

 

Cela fait longtemps que les prêtres qui travaillent ici espéraient un véhicule. Avec pareille distance, ils ne pouvaient se rendre facilement et aussi souvent qu’ils le voulaient en visite sur ces sites. Et bien que la catéchèse ait toujours été assurée par des catéchistes dévoués, les habitants des localités très éloignées n’avaient pas l’occasion de participer à la messe ni de recevoir les sacrements.

Sans compter toutes les personnes qui dépendent d’une aide matérielle et médicale. À défaut de véhicule, cette aide ne pouvait leur parvenir. Beaucoup de gens malades auraient pu être sauvés s’il avait été possible de les amener dans une clinique…

 
Nos bienfaiteurs ont offert 27 550 dollars pour l’achat d’un véhicule tout terrain, solide et adapté au mauvais état des routes. Une belle surprise pour le Père Odin Kapinga, qui a déclaré avec joie et gratitude : « Je prie pour vous, je ne peux rien dire d’autre que cela ».

Maintenant, les gens des villages éloignés n’ont plus à attendre en vain qu’un prêtre vienne distribuer les sacrements, rende visite aux malades et aux nécessiteux afin de les conseillers. Merci du fond du cœur à tous les bienfaiteurs!


Pour soutenir ce projet, ou tout autre projet semblable, merci de cliquez sur le bouton Donnez.


 

Entrevue AED avec Mgr Kyrillos William, Égypte

23.12.2016 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Andrea Krogmann, Égypte, Entrevue, Moyen-Orient

Égypte

entre peur et confiance en Dieu

Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout estime que le dernier attentat perpétré contre la cathédrale copte du Caire attise encore plus la peur de subir d’autres attentats islamistes en Égypte.

Paradoxalement, l’évêque d’Assiout révèle en entrevue avec Aide à l’Église en Détresse qu’il ressent chez les chrétiens du pays une « grande confiance en Dieu ». Il juge de manière positive l’engagement du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en faveur de l’avenir de son pays.

Entrevue réalisée par Andrea Krogmann, AED-International

AED : Monseigneur, dans une perspective chrétienne, quelle est votre opinion au sujet de la situation actuelle en

Mgr Kyrillos William. Malgré tout, les chrétiens du pays ont une « grande confiance en Dieu ».

Égypte?

Mgr Kyrillos : Le dernier épisode de terreur brutale exercée contre des fidèles au Caire a profondément endeuillé les chrétiens. Nous sommes bouleversés. Mardi (20 décembre), l’Église copte a recensé la 26e martyre victime du dernier attentat, une fillette de dix ans qui est morte de ses blessures.

En même temps, nous percevons beaucoup de confiance en Dieu et de force. Comme dans le cas des attaques précédentes, nous voyons que, lorsque la terreur est utilisée pour empêcher les croyants de se rendre à l’église, les gens y viennent encore plus nombreux que d’habitude.

 

Quelles ont été les réactions de votre entourage non chrétien?

On nous témoigne beaucoup de solidarité et de compassion! Beaucoup de gens nous ont téléphoné ou sont même venus pour nous présenter leurs condoléances. L’État a immédiatement réagi et lancé une enquête. Le président en personne a dit qu’il n’aurait pas pu se rendre aux funérailles des victimes sans pouvoir nommer un auteur.

Cela veut dire beaucoup si l’on se rappelle que dans d’autres cas, par exemple concernant l’attentat commis il y a quelques années à Alexandrie, il n’existe à ce jour aucune trace des auteurs. Dans ces cas-là, les gens pensent que la police et l’État soutiennent les auteurs des attentats. Cette fois, c’est différent.

Un président [Égyptien] qui se rend, en personne, aux funérailles et qui serre la main à chacun des proches et à tous les représentants de l’Église, c’est un signal vraiment fort.

 

Le patriarche copte orthodoxe Tawadros II a présidé les funérailles des victimes de l’attentat du 11 décembre dernier.

L’attentat du Caire a-t-il attisé la peur d’autres attentats durant les fêtes de Noël?

Oui, la peur est toujours présente. Daech a annoncé encore d’autres attentats, ce n’est donc pas exclu.

 

A-t-on pris des mesures de sécurité particulières?

Les forces responsables sont venues nous voir et nous ont demandé de coopérer avec elles. En sus de la protection extérieure qui est de leur ressort, elles veulent entraîner nos gens, les former, leur apprendre comment être attentifs. Par exemple, nos scouts, qui sont chargé de maintenir l’ordre durant les festivités bénéficie de la part des autorités d’une formation à la sécurité civile.

De plus, nous envisageons mettre en place des détecteurs de métaux devant notre cathédrale et notre maison d’hôtes. C’est onéreux, mais important.

 

Les chrétiens se sentent-ils suffisamment protégés ainsi?

Cela fait des années que des soldats sont postés devant de nombreuses églises. Mais le problème réside dans le fait qu’ils ne sont pas très bien équipés ni bien entraînés, de sorte que beaucoup d’églises disent alors qu’elles n’en ont pas besoin parce que cela ne sert pas à grand-chose.

Il faudrait trouver de meilleures méthodes, par exemple des forces mieux formées et mieux équipées. Mais lors des fêtes majeures, il y a évidemment aussi des mesures exceptionnelles, par exemple des barrages routiers et un dispositif de sécurité nettement accru.

 

Quels sont vos vœux de Noël pour votre pays et vos fidèles?

Bien entendu, je souhaite que la paix revienne dans notre pays. Nous voyons bien les efforts de notre président qui veut que l’Égypte ait un avenir. Ces efforts sont sapés par les actes terroristes. Le pays a besoin de calme, également pour le tourisme, qui constitue une source importante de revenus. Sans ce calme, les touristes ne viendront pas en Égypte.

Coptic Orthodox Pope Tawadros II led the funeral for the victims of the bomb that exploded on 11.12.2016 during Sunday Mass in a chapel at Cairo's main Coptic Cathedral. Please always watermark these pictures when using them online.

Le Patriarche copte orthodoxe, Tawadros II, préside les funérailles des victimes des attentats du 11 décembre dernier.

Aide à l’Église en Détresse apporte un soutien aux chrétiens en Égypte pour la construction d’églises, la formation de prêtres et la pastorale des jeunes gens. Environ dix pour cent de la population égyptienne se composent de chrétiens, dont la majorité appartient à l’Église copte orthodoxe. Les quelque 250 000 catholiques du pays sont majoritairement membres de l’Église copte catholique.

Par Andrea Krogmann, Aide à l’Église en Détresse AED international
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

 


 

Projet de la semaine : signe de Dieu en Éthiopie

21.12.2016 in ACN Canada, ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Canada, Construction, Ethiopie, PROJETS AED

Éthiopie
un signe de Dieu au milieu d’eux

Ethiopie – archidiocèse de Addis Abeba Archdiocese, une femme avec une croix tattoué sur le front dans la région de Benishangul-Gumuz 

La région de Benishangul-Gumaz est située dans le nord-ouest de l’Éthiopie, à la frontière avec le Soudan. C’est l’une des régions les plus pauvres et sous-développées du pays. Près de 990 000 personnes y vivent. Un peu plus d’un cinquième d’entre elles fait partie de l’ethnie des Gumuz. Culturellement, les Gumuz sont plus proches des peuples du Soudan que des autres groupes ethniques d’Éthiopie. À la fin du 19e siècle ainsi que pendant le premier tiers du 20e siècle, de nombreux Gumuz ont été victimes des marchands d’esclaves.

 

 

La plupart des Gumuz ne sont pas encore entrés en contact avec le christianisme, ou alors, que très récemment. Il y a beaucoup de dieux différents dans leur religion traditionnelle; un dieu des fleuves, un dieu de la terre, un dieu du soleil, un dieu des arbres, un dieu des montagnes et encore d’autres divinités. Cependant, leurs croyances portent encore sur bien plus d’esprits ou de forces que de dieux. La croyance en la sorcellerie est très répandue, et de nombreuses pratiques traditionnelles basées sur la superstition causent de grandes souffrances.

Par exemple avant un accouchement, les femmes Gumuz doivent quitter leur village et mettre leur enfant au monde toutes seules dans la forêt, le long d’une rivière, ou dans la brousse. Elles doivent rester au moins trois jours dans un endroit isolé. S’il y a des complications, personne ne peut les aider. Les gens sont convaincus que le sang qui coule lors de l’accouchement jette une malédiction sur la famille.

 

Des missionnaires bien accueillis

Arrivés récemment, les religieux catholiques ont été reçus avec une grande joie. Les gens sont heureux d’entrer en contact avec la Bonne Nouvelle de l’Évangile. De plus, leur vie quotidienne s’améliore, car les missionnaires apportent des soins médicaux, fondent des écoles pour les enfants et aident les gens à surmonter leurs plus grandes détresses physiques. Ils les aident également à surmonter les craintes liées aux mauvais esprits, à la magie et aux traditions qui provoquent des souffrances.

Depuis douze ans, les Missionnaires comboniens sont actifs dans la région. Ils y ont fondé deux postes de mission et il y a maintenant quatre paroisses catholiques très bien établies, mais elles n’ont toujours pas de chapelle. C’est pourquoi cette communauté de prêtres a demandé à Aide à l’Église en Détresse de les aider à construire une chapelle dans l’un des villages. La catéchèse, la messe et d’autres célébrations liturgiques pourront y avoir lieu. Jusqu’à maintenant, la vie ecclésiale a lieu en plein air et les fidèles sont exposés aux brûlures du soleil ou à de fortes pluies. En outre, une chapelle renforcerait le sentiment des fidèles d’appartenir à une paroisse, et leur identification à l’Église.

Pour le moment, la paroisse compte déjà 120 baptisés catholiques, 85 candidats au baptême ainsi que 80 enfants. Même si les habitants du village n’ont pas d’argent, ils souhaiteraient contribuer à la construction de la maison de Dieu en fournissant les matériaux de construction disponibles localement ainsi que la main-d’œuvre.

Par contre, il faut aussi des matériaux de construction solides qui viennent de l’extérieur, comme des poutres d’acier. Les Missionnaires comboniens ont demandé de l’aide à notre organisation. La chapelle doit également être protégée par une clôture. Aide à l’Église en Détresse aimerait soutenir la construction de la chapelle à hauteur de 29 200 dollars.


 

Communiqué – Alep, appel à la réconciliation

15.12.2016 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED Canada, Aide d'urgence, Alep, Communiqué, Entrevue, Moyen-Orient, Père Ziad Hilal, Syrie, Voyager avec l'AED

Alep

Le père Ziad lance un appel à la réconciliation

 

Montréal, jeudi 15 décembre 2016 – Le père Ziad Hilal, jésuite vivant à Alep et responsable du programme en Syrie pour Aide à l’Église en Détresse (AED), lance un appel pour que les parties en conflit qui dévastent l’ancien poumon économique de Syrie, ainsi que l’Occident, renoncent à toute provocation et s’impliquent en faveur de la réconciliation.

Alep-Est, 15 décembre 2016

 

Mercredi, un premier cessez-le-feu n’a pas été respecté et les combats ont repris. Des actes de violence des troupes prosyriennes à l’égard de la population civile auraient été commis. Aujourd’hui, une deuxième tentative de cessez-le-feu semble maintenant fonctionner. De nombreux médias rapportent que les civils peuvent maintenant quitter la zone d’Alep-Est.

 

En juin dernier, le père Ziad était invité à donner une conférence à Montréal par la branche canadienne d’Aide à l’Église en Détresse. Il s’est entretenu mercredi avec la journaliste pigiste Andrea Krogmann.

 

Andrea Krogmann (AK) : Père Ziad Hilal, quelle est la situation actuelle à Alep? Le cessez-le-feu est-il respecté? (Entrevue réalisée mercredi le 14 décembre 2016)

Père Ziad (PZ) Non, après une trêve, les combats ont visiblement repris. Nous entendons des bombes et des tirs de roquettes à une distance relativement faible. Non loin de nous, il y a deux secteurs où se sont retranchés les rebelles qui ne veulent pas capituler. Jusqu’à maintenant, nous continuons d’entendre des combats.

 

AK :Et dans votre secteur?

PZ : Dans notre secteur, les choses sont calmes. Beaucoup de gens ont quitté l’est de la ville pour venir à l’ouest. De nombreuses organisations sont sur place pour les aider. Il a fait très froid aujourd’hui.

Mais il y a tout juste quelques jours, notre couvent a été l’objet d’une attaque. Samedi soir, vers 18 heures, une roquette a explosé dans notre bâtiment, causant des dégâts matériels. À cette heure-là normalement, nous célébrons la messe dans notre église, mais ce samedi-là, nous participions à une retraite chez une congrégation de religieuses. C’est ce qui nous a sauvés!
AK: Comment évaluez-vous la situation à Alep-Est actuellement?

PZ: Pour la première fois depuis cinq ans, j’ai pu visiter aujourd’hui la partie est de la ville et me faire une idée de la situation, en particulier dans le quartier chrétien de Al-Midan. Le spectacle qui s’offre à vous est celui d’une destruction totale. Notre centre Saint-Vartan est lui aussi très endommagé.

 

AK : Pouvez-vous vous rendre dans la partie est sans difficulté?

PZ : Oui, j’ai été bien accueilli. Il y a des points de contrôle de l’armée, mais ils m’ont laissé passer sans problème.

Les médias font état de massacres de la population civile par l’armée syrienne et ses alliés…

J’ai des doutes quant à ces récits. Il existe peut-être des cas isolés, mais nous n’en avons pas entendu parler ici. Il faut savoir que ces temps-ci, on diffuse beaucoup d’informations erronées et aussi de fausses images. Les organisations sur place comme la Croix rouge n’ont pas diffusé ce genre de nouvelles jusqu’à présent. Le problème est que les gens tendent à exagérer alors qu’aujourd’hui justement, il ne faut pas provoquer, mais au contraire garder son calme. Il importe maintenant d’encourager les gens à s’accepter mutuellement et à oser la réconciliation.

Église Maronite à Alep

 

AK : Voyez-vous des signes de cette réconciliation?

PZ : Pas encore. Nous avons détruit la ville parce que jusqu’à maintenant, nous ne sommes pas parvenus à nous mettre d’accord dans le dialogue. Nous avons perdu notre civilisation et détruit notre histoire. Pourquoi? C’est une tragédie.

Beaucoup de Syriens accusent les puissances étrangères d’être le principal responsable de la guerre…

Nous ne devons pas montrer les autres du doigt : c’est d’abord nous-mêmes qui sommes responsables. Il faut néanmoins dire que les médias jouent un rôle déplorable dans cette guerre. Ils provoquent les deux parties et les montent l’une contre l’autre. Ces provocations doivent cesser.

 

AK : Maintenant que la partie est de la ville est quasiment vide, y a-t-il selon vous l’espoir d’un rapprochement?

PZ : La bataille d’Alep a été acharnée. La ville est presque totalement détruite et la simple obtention d’un cessez-le-feu a déjà été un malheureux jeu de patience. Mais nous devons garder espoir. Pourquoi, sommes-nous encore là? Alep a connu bien des conquérants au cours de son histoire. Des milliers de personnes y sont mortes et elle a été détruite à plusieurs reprises. Et elle s’est pourtant toujours relevée. Gardons espoir donc!

Le couvent des Jésuites, communauté du père Ziad, a subi des dommages.

 

AK : Y a-t-il quelque chose que l’Occident peut faire aujourd’hui?

PZ : Avant tout : cessez les provocations! Appelez les hommes politiques à la raison pour qu’ils recherchent un discours modéré et la réconciliation. Le Moyen-Orient doit devenir une région paisible où tout le monde cohabite pacifiquement. Sinon, il deviendra un enfer pour nous.

 

Aide à l’Église en Détresse a financé des projets d’aide d’urgence pour un total de près de 22 millions de dollars depuis le début de la guerre en Syrie en mars 2011. Cette organisation humanitaire lance un appel aux dons, en particulier pour poursuivre les dons de vêtements et de nourriture et pour le chauffage et l’hébergement pendant les mois d’hiver. Merci de nous aider! 

Saint-Vartan d’Alep

Initiative au parlement européen avec les enfants syriens

06.12.2016 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Canada, Mark von Reidemann, Syrie
Syria, Aleppo, 05. October 2016 In addition, Syrian schoolchildren – also including many Muslims – are writing messages to the global community on white balloons. These include such messages as “We want peace!”, “Give us our childhood!”, “We don’t want any more war!” and “We want to go to school!” These days, children at more than 2000 schools all over Syria are drawing and writing messages to the political decision makers of the European Union and United Nations under the motto “Peace for Children”. More than one million children are also signing a petition. This appeal for peace is a joint campaign being carried out by Catholic and Orthodox Christians in Syria, and members of all religious communities have been invited to take part.

Alep, Syrie – Octobre 2016

Aide à l’Église en Détresse
Initiative au parlement européen avec les enfants syriens

Des parlementaires européens vont parler directement à des écoliers d’Alep en Syrie, par Skype, ce mardi 6 décembre, Jour de la Saint-Nicolas.  En coopération avec l’œuvre pontificale Aide à l’Église en détresse (AED), Antonio Tajani, vice-président du Parlement européen, et Jan Figel, envoyé spécial pour la liberté de religion et de conviction de l’Union Européenne, l’événement permettra aux enfants – musulmans et chrétiens – de raconter leur histoire.

 

Ils répondront également aux questions concernant leur quotidien marqué par une guerre qui dure depuis plus de cinq ans et qui a coûté la vie à plus de 400 000 personnes. Ce conflit sanglant a aussi détruit 2 960 établissements scolaires. À cause de lui, presque deux millions d’élèves sur les quelque 2,9 millions d’enfants scolarisables ne peuvent pas fréquenter d’école. L’appel à la paix veut attirer l’attention sur le fait que les chrétiens et les musulmans de Syrie restent liés malgré les divisions engendrées par la guerre, contrairement à la situation qui règne en Irak.

 

Mark von Riedemann took some pictures of the thousands of drawings that the Syrian children have made asking for peace. Note that this is only a selection.

Des enfants syriens s’adressent aux occidentaux

Le Père Andrzej Halemba, responsable du Moyen-Orient pour AED international, avait élaboré l’idée de cette rencontre au terme de plusieurs visites dans la région. « La vidéoconférence entre des enfants syriens et des politiciens européens est rattachée à l’idée précédente des Images pour la paix en Syrie. Lors de cette campagne, organisée conjointement avec les Églises locales en Syrie – représentant environ 95 % de tous les chrétiens syriens –, Aide à l’Église en Détresse a collecté plus d’un million d’images et de lettres d’enfants de toutes les confessions, âgés de trois à seize ans, dans plus de 2 000 établissements scolaires d’Alep, Homs, Tartous, Yabroud et Damas », raconte le prêtre. « Ces messages et ces images constituent un appel à la paix vivant et innocent des enfants syriens qui s’adressent au monde occidental. »

 

Ils sont baptisés avec du sang

Parmi ces lettres, il y a notamment celle de Razan, 11 ans : « Je n’ai pas eu d’enfance. Mon foyer a été détruit. Ma vie a changé. Lorsque j’entends des explosions, j’ai peur. C’est comme ça pour beaucoup de bruits ; je suis très triste de voir mourir des enfants. J’espère que Dieu remettra tout dans l’état où c’était avant, et que Dieu sauvera notre pays la Syrie. »

Un autre bref message a été écrit par Shifa, 12 ans : « Père, tu me manques, mais tu seras toujours dans mon cœur. » Dans un poème, Shan, 12 ans, un enfant d’Alep, dépeint les souffrances pendant la guerre :

« Je prie, Dieu, mon pays souffre.
Le froid, le deuil et l’obscurité, pas d’électricité, pas de bougies.
Une mère appelle d’une voix ignorée
Le père, parti à l’aube.

Elle ignore s’il reviendra.

Je t’en prie, Dieu, ne nous abandonne pas au chagrin et à la faim. 
Dieu, veille sur nous, notre pays souffre.
Des enfants, tels le lever du soleil, apprennent dans l’obscurité ;
Nous attendons de bonnes nouvelles drapées de miséricorde,
Nous espérons un merveilleux sourire, tout autour de nous.

Mais ils ne trouvent que des cœurs noirs, plus noirs encore que le charbon.
Ils sont baptisés avec du sang et nous n’avons même pas de larmes.
Dieu, n’abandonne pas notre pays qui souffre »

 

Festivities in Damascus (provinceTouma), 05 October 2016 Peace for the children in Syria 2016 at the Greek-Melkite Patriarchate. In addition, Syrian schoolchildren – also including many Muslims – are writing messages to the global community on white balloons. These include such messages as “We want peace!”, “Give us our childhood!”, “We don’t want any more war!” and “We want to go to school!” These days, children at more than 2000 schools all over Syria are drawing and writing messages to the political decision makers of the European Union and United Nations under the motto “Peace for Children”. More than one million children are also signing a petition. This appeal for peace is a joint campaign being carried out by Catholic and Orthodox Christians in Syria, and members of all religious communities have been invited to take part.

 La paix pour les enfants – Syrie 2016′

Les représentants des Églises ont notamment rencontré Jean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne, Martin Schulz, président du Parlement européen, et Federica Mogherini, Haute-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. À Genève, ils ont remis les messages des enfants à Filipo Grandi, Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés et au Prince Zeid Ra’ad Al-Huzain, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.

Après la vidéoconférence  du 6 décembre entre les décideurs politiques à Bruxelles et les enfants à Alep, les images originales des enfants seront exposées dans l’une des grandes galeries du Parlement européen. Simultanément, le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a proposé d’intégrer les images qui lui ont été remises lors de la visite des patriarches à une exposition organisée conjointement avec UNICEF et intitulée « Standing Strong : The Human Faces of the Syrian Crisis » (Rester fort : le visage humain de la crise syrienne), qui sera présentée du 5 au 15 décembre au bâtiment Berlaymont de la Commission européenne.

 

L’exposition y montrera 18 des images ainsi que des photos d’enfants syriens faites par Aide à l’Église en Détresse. Ensuite, elle sera présentée de janvier à mars 2017 dans d’autres sites de l’Union européenne.

 


 

Aide à l’Église en Détresse Canada et Robert Lebel

01.12.2016 in AED Canada, CD Consolez mon peuple, CHANT SPIRITUEL, Publication, Robert Lebel, Voyager avec l'AED

Réédition – Aide à l’Église en Détresse Canada et Robert Lebel

Consolez mon peuple

 

Montréal, 1er décembre 2016 – Une première série de CD épuisée, c’est avec plaisir que Robert Lebel et Aide à l’Église en Détresse (AED) annoncent la réédition de Consolez mon peuple, compilation de 12 chansons choisies par et pour l’organisme international de charité. Le CD-compilation reçoit un accueil inespéré.

Un album à se procurer pour prier avec Aide à l'Église en Détresse.

Un album à se procurer pour prier avec Aide à l’Église en Détresse.

 

« Après mes spectacles, ce CD – qui contient pourtant des chansons qui datent même de 1981 (Peuple de pèlerins) – se vend toujours », indique l’auteur-compositeur-interprète Robert Lebel. L’homme à l’abondante discographie aime vraiment ce projet. « Quand AED m’a approché, j’ai tout de suite été séduit par le choix qui avait été fait. Un choix qui reflète la mission d’information, de prière et d’action de l’organisation. C’est un choix inspirant qui permet aux gens de se mettre à l’écoute d’eux-mêmes, dans une démarche qui mène à la mise en action de l’Évangile », estime-t-il.

 

Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien d’AED, abonde dans le même sens. « Écouter ce CD, c’est se donner du souffle et du courage pour mieux entrer dans une action solidaire. Nous sommes très heureux que Robert Lebel ait accepté cette collaboration. En plus de nourrir l’âme, ce CD invite à agir en faveur des plus pauvres. Comme organisation, nous sommes vraiment très privilégiés de compter Robert comme un ami. »

 

Monique Miller et La complainte de Rachel : un bijou!

 

« Je consacre très souvent un segment à ce CD dans mes spectacles », explique Robert Lebel. « Pour moi, c’est un moment où je peux rappeler à mon public que, malheureusement, il existe encore des coins du monde où la souffrance est sans nom. Mais, c’est aussi une façon de dire que nous pouvons faire quelque chose afin de soulager la souffrance, qu’il y a encore de l’espoir malgré tout. »

 

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Espérer un monde meilleur: d’abord être inspiré par les chants de Robert Lebel.

En plus de la pièce titre, la compilation compte entre autres Seigneur que veux que je fasse et La complainte de Rachel, — un bijou narré par la voix magnifique et l’interprétation juste et brillante de la comédienne Monique Miller – ainsi que le classique Comme Lui. Tous les profits de la vente servent à financer les projets soutenus par Aide à l’Église en Détresse partout dans le monde. L’an dernier, pas moins de 6 209 projets ont été financés grâce aux bienfaiteurs de l’organisation internationale, dans plus de 140 pays.

Un cadeau de Noël parfait à se faire ou bien à faire :
pour donner le souffle de la consolation de Dieu :
Consolez mon peuple.

En vente :
au bureau d’Aide à l’Église en Détresse :
514-932-0552, [email protected]
ou aux Éditions Pontbriand :
418-338-6602, [email protected]

Le don suggéré pour le CD est de 20 $.
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Projet de la semaine – un nouveau presbytère au Chili

23.11.2016 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Chili, Construction, PROJETS AED

Chili
loger dans un nouveau presbytère

acn-20160906-45626-1-chileAu 19e siècle, une dame très pieuse vivait à Sotaqui. Elle s’appelait Antonia Pizarro. Comme elle connaissait bien les herbes médicinales, elle a aidé de nombreux malades. Un jour qu’elle se rendait chez un malade qui vivait près de la rivière Hurtado, elle vit au loin deux enfants qui gardaient des chèvres.

Alors qu’elle se rapprochait, elle s’aperçut que les deux enfants jouaient avec un autre enfant qui était presque nu. C’était une statue de l’Enfant Jésus. Cette pieuse femme apporta chez elle la statue du divin enfant pour la vénérer. Elle se révéla miraculeuse et fut installée en 1873 dans l’église paroissiale de Sotaquí. Petit à petit, la dévotion se répandit et de plus en plus de gens venaient demander de l’aide au petit enfant Jésus miraculeux. Une nouvelle église fut construite en 1898 pour le divin enfant.

Ce culte est encore fort important aujourd’hui, et chaque mois de janvier, une grande fête de quatre jours est célébrée autour de l’Épiphanie avec des processions et des danses traditionnelles pour honorer le divin enfant. Cette fête est préparée avec une neuvaine et la Mère de Dieu du Mont-Carmel est vénérée à la même occasion.

L’ancien presbytère qui avait été construit en 1800 fait aussi partie du sanctuaire. Il a été endommagé en 1997 par un tremblement de terre, mais c’est un autre tremblement de terre plus grave, celui de septembre 2015, qui l’a rendu inhabitable. La toiture, les plafonds des chambres et plusieurs murs se sont effondrés, et les portes et fenêtres ont explosé. Le curé vit actuellement dans des conditions précaires dans un local attenant à l’église.

 

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Le diocèse de La Serena, dont fait partie Sotaqui, est confronté au défi de remettre en état 60 églises, chapelles, presbytères qui ont été endommagés à divers degrés par le tremblement de terre et certains édifices ont même été complètement détruits.

Nous avons donc promis 43 800 dollars pour que le presbytère de Sotaqui puisse être reconstruit.

Est-ce que vous aimeriez soutenir des projets comme celle-ci? 

Téléphonez! Ou bien cliquez sur le bouton « Faire un don » ci-dessou


 

Rapport 2016 sur la liberté religieuse

15.11.2016 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Canada, liberté religieuse, MONDE

 

Rapport 2016 sur la liberté religieuse d’AED
« l’hyperextrémisme » menace la paix mondiale

"I cannot go on living here", laments the father of David, one of the boys killed by the Isis bomb in Qaraqosh. "This country is drenched with blood". The mother, a young woman clothed completely in mourning, buries her head in her hands, weeping. (This was the hardest moment in the trip, please pray for her and for the whole family)

Le fondamentalisme est plus mortel que jamais, il déchaîne la mort, la destruction, des déplacements et l’instabilité à une échelle sans précédent. Ce sont du moins les conclusions d’un rapport publié aujourd’hui – sur internet au Canada* – par l’œuvre internationale de charité catholique Aide à l’Église en détresse (AED).

 

Le Rapport 2016 sur la liberté de religion dans le monde met en garde contre les conséquences mondiales « d’un nouveau phénomène de violence motivée par la religion », désigné dans comme « hyperextrémisme islamiste ».

En définissant cette nouveauté, l’enquête met en évidence les caractéristiques distinctes qui prouvent comment ces radicaux menacent la paix mondiale, la stabilité et l’harmonie sociale, entre autres en Occident.

Iraq, December 2014 A woman with a child at the “Werenfried” centre at the129 District of Ankawa. IRAQ / NATIONAL 14/00247, 150 PVC caravans in Ankawa district for use as emergency accommodation for IDPs (Internally Displaced Peoples) forced from their homes by IS

Irak, décember 2014,  Ankawa.

En effet, les tentatives systématiques de chasser tous les groupes de convictions différentes – y compris les modérés –, une cruauté sans précédent, une influence mondiale et l’utilisation efficace de médias sociaux souvent mis en œuvre pour glorifier et glamouriser la violence, comptent parmi les principales caractéristiques de « l’hyperextrémisme islamiste ».

Les auteurs du rapport ajoutent leurs voix aux différentes organisations qui en appellent à reconnaître comme génocide les persécutions commises par l’État islamique en Irak et en Syrie, et mettent en garde contre une tentative généralisée de remplacer le pluralisme par une seule culture religieuse.

L’extrémisme menace la diversité

Le rapport évalue la situation actuelle en matière de liberté religieuse dans 196 pays et conclut : « Dans certaines parties du Proche-Orient, y compris en Irak et en Syrie, cet hyperextrémisme élimine toute forme de diversité religieuse. » La menace est aussi réelle que ceci survienne dans certaines parties d’Afrique et d’Asie.

Cette opinion est également partagée par Le Père Jacques Mourad, qui a rédigé la préface du rapport. Le Père Mourad est un moine chrétien qui a été détenu de mai à octobre 2015 par Daech en Syrie, avant de réussir à s’évader.

 

(From left to right) Bishop Joseph Arshad, Father Emmanuel Pervez, footballer Salim Bad and Sumundri Football Club Manager Mohammed Shafiq.

Dans sa préface, le Père Mourad écrit : « Notre monde est au bord du gouffre d’une catastrophe totale, car l’extrémisme menace d’anéantir toute trace de diversité dans la société. »

Cette 13e publication biennale se fonde sur les études de journalistes, de scientifiques et d’ecclésiastiques, et rapporte que durant la période de deux ans, juin 2014 à juin 2016, des attentats liés à l’hyperextrémisme ont été commis dans 20 % des pays du monde entier – de l’Australie à la Suède, ainsi que dans 17 pays africains.

Contrairement à l’opinion largement répandue qu’en règle générale, ce sont les gouvernements qui sont responsables de la persécution, le rapport condamne les groupes militants non étatiques dans 12 des 23 pays les plus fortement concernés. Eu égard au nombre de réfugiés, qui, selon les informations des Nations unies, a atteint un nouveau chiffre record de 65,3 millions de personnes, le rapport désigne l’islamisme extrémiste comme le « moteur » des déplacements massifs de personnes qui prennent la fuite de pays tels que l’Afghanistan, la Somalie et la Syrie.

 

 

Quelques légères améliorations

Par ailleurs, le rapport de l’AED met en évidence l’effet « domino » dans les pays occidentaux, dont le tissu socioreligieux est déstabilisé par l’arrivée d’un nombre sans précédent de réfugiés et de migrants.

Selon le rapport, de tels problèmes sont encore aggravés parce que l’Occident est soudain confronté à un accroissement des attaques perpétrées par des islamistes fondamentalistes.

Refugee centre for Yazidi families who had to leave their villages in Northern Iraq because of approaching ISIS fighters. Yazidis are located in several centres around Kurdistan, majority of them being in Zakhu and Dohuk regions.

Cependant, tous les problèmes concernant la liberté de religion ne doivent pas être perçus seulement à propos de l’islam militant. En Chine et au Turkménistan par exemple, une nouvelle vague de violentes répressions contre des groupes religieux a été signalée, ainsi qu’un déni permanent des droits de l’être humain pour les croyants en Corée du Nord et en Érythrée, deux pays où les droits de l’homme sont pratiquement inexistants.

Toutefois, les perspectives ne sont pas sombres partout. Au Bhoutan, en Égypte et au Qatar, des pays connus pour violer la liberté de religion, le rapport observe que la situation des minorités religieuses s’est améliorée au cours de la période examinée.

 

 

©Photopin

©Photopin

Il s’agit de la 13e édition du rapport publié par l’AED.

L’œuvre de charité fournit des aides d’urgence et du soutien aux chrétiens persécutés et dans la détresse dans plus de 140 pays du monde.

 

*Au Canada, le Rapport 2016 sur la liberté de religion dans le monde est disponible à l’adresse suivante : www.acn-aed-ca.org/fr/rapport-liberte-religieuse