AED Canada

 

Communiqué AED – le pape François en Égypte

27.04.2017 in AED Canada, AFRIQUE, Dialogue interreligieux, Égypte, Entrevue, Mario Bard, Moyen-Orient, Vues D'ailleurs

Le pape François en Égypte

« recoudre les liens avec l’Islam »

 

Montréal, mercredi 26 avril 2017 – Le père Samir Khalil Samir, jésuite, spécialiste de l’Islam et professeur à l’Institut des études orientales à Rome, était de passage dans les bureaux canadiens d’Aide à l’Église en Détresse jeudi dernier (20 avril 2017). Égyptien d’origine et né au Caire, nous lui avons demandé ce qu’il pensait de la visite du pape en Égypte, de l’importance du dialogue entre islam et christianisme et de la crainte de voir le Moyen-Orient se vider des chrétiens.
Extraits de cette rencontre.

Propos recueillis par Mario Bard,
Aide à l’Église en Détresse Canada

 

AED : Que diriez-vous au pape François à propos de son voyage en Égypte? Est-ce que vous lui diriez de rester à Rome ou bien d’y aller?

P. Samir: Je pense que, tel qu’il est, il faut qu’il y aille. Ce n’est pas quelqu’un qui a peur. D’autre part, si l’on examine les possibilités d’un attentat, je pense que l’Égypte, ne serait-ce que pour son honneur, fera l’impossible pour le protéger et s’assurer qu’il n’y ait aucun élément dangereux aux alentours. De ce point de vue, je pense que les choses devraient aller normalement.

Par ailleurs, il y a le caractère du pape François qui pourrait dire : ‘‘je ne crains rien et je suis au milieu du peuple. Et si je dois mourir, et bien je suis comme n’importe qui, simplement parce je me trouve dans cet endroit [où a lieu un attentat].’’  Donc, cela pourrait expliquer pourquoi il n’a pas renoncé à son voyage.

D’autant plus que ça fait longtemps qu’il veut recoudre les liens entre le Vatican et l’Islam. Et ceci, il me l’a dit personnellement à l’occasion d’une demi-heure en tête à tête que j’ai eue avec lui il y a quelques mois. Il m’a dit : « Pourquoi est-ce que j’insiste sur le fait que l’Islam est une religion de paix ? Parce qu’il nous faut d’abord refaire l’amitié avec les musulmans et avec Al-Azhar. »

Pourquoi faut-il « recoudre les liens » ? Que s’est-il passé?

Je rappelle le contexte ; il y a eu l’attaque à Alexandrie de l’église copte pour la fête de Noël, il y a six ans. Quelqu’un s’est fait exploser et il y a eu des dizaines de morts. Quelques jours après, le pape Benoît XVI qui rencontrait les ambassadeurs près le Saint-Siège a dit : « Je demande au président de la République d’Égypte de protéger les chrétiens. » À ce moment, l’Imam Ahmed el-Tayeb, recteur de l’Université Al-Azhar, a dit que cela était inacceptable que le pape se mêle de la politique égyptienne. Il a rompu les relations avec Rome. Aujourd’hui, après plusieurs essais infructueux, les relations ont repris. Et c’était le but principal du pape François; de rétablir les relations avec l’Islam et notamment avec Al-Azhar qui représente la majorité des musulmans du monde, c’est-à-dire 80 %. C’est une autorité morale, intellectuelle incontournable.

Père Samir, pourquoi est-ce important qu’il y ait du dialogue interreligieux avec l’Islam?

D’abord parce que l’Islam est la seconde plus grande religion du monde. Il y a plus de 1,5 milliard de musulmans, répartis dans presque tous les pays du monde. On ne peut pas l’ignorer. Ensuite, parce que l’Islam est une religion monothéiste, à côté du judaïsme et du christianisme. Et donc, il faut qu’on puisse dialoguer avec eux. Je pense que c’est ça qui est essentiel ; ce n’est pas un but politique. C’est de dire, essayons de nous entendre. De même qu’on mène le dialogue avec les Juifs.

On dit que le Moyen-Orient est en train de se vider des chrétiens. Qu’est-ce qui peut être fait pour que le vent change? Même des musulmans ne veulent pas que cette situation survienne.

La plupart des musulmans disent : ‘‘On a besoin des chrétiens’’. Il y a eu récemment en Égypte une émission de radio qui a impressionné tout le monde. Pendant huit minutes, le thème était les écoles chrétiennes qui ont formé l’intelligentsia de l’Égypte au 19e et au 20e siècle.

On voit aussi le Liban qui est le seul pays du monde arabe qui ait une certaine parité, précisément parce que ce sont les chrétiens qui l’ont construit, même si aujourd’hui, ils ne sont plus que 35 % de la population. Au parlement, les musulmans veulent qu’il y ait 64 musulmans et 64 chrétiens parce qu’ils disent que c’est essentiel. Ceci est reconnu par tous les musulmans qui réfléchissent.

D’autre part, sur la disparition des chrétiens du Moyen-Orient ; en Égypte, ce sont eux qui sont, pour ainsi dire, les autochtones ! On a conscience que si on veut maintenir la conscience nationale, on ne peut pas éliminer les chrétiens. Malheureusement, pour des motifs politico-économico-religieux, les chrétiens s’en vont de plus en plus. Et ce qui se passe en ce moment est voulu par ISIS (État islamique/Daesh). Mais, ce sont des fanatiques. Globalement, les musulmans ne sont pas fanatiques. Ils manquent de courage pour dire : on doit les arrêter. Au lieu de dire cela, ils disent : ça n’a rien à voir avec l’Islam, ce qui ne résout rien. Mais, au fond de leur cœur, la majorité des musulmans disent : non, ça, c’est une honte !

Maintenant, pour qu’ils restent, il faut les aider pour qu’ils puissent demeurer dans leurs maisons. En Égypte, ça ne pose pas de problème majeur à cause du grand nombre de chrétiens (près de 10 millions). Mais en Irak et en Syrie, où on a détruit les maisons des chrétiens, rester demande un courage énorme. C’est ce que font les patriarches, dont le patriarche Sako des Chaldéens de Babylone. Il lutte de toutes ses forces pour que les chrétiens ne migrent pas, pour qu’ils restent, pour sauver l’Église locale. Et c’est la même chose en Syrie.

Il faut les aider à rester. Les aider financièrement si on peut, mais aussi les aider moralement en les soutenant et en essayant d’arrêter ce crime qu’est ISIS. »

Aide à l’Église en Détresse va aider 3000 jeunes venus de partout dans le pays qui se rendront en pèlerinage au Caire pour participer à la visite du Pape François les 28 et 29 avril. Le voyage a débuté mardi 25 avril et comprend des célébrations liturgiques dans différents sanctuaires sur la route menant au Caire, la célébration de messes, des confessions, ainsi qu’une visite dans les hôpitaux du Caire le jour précédant l’arrivée du Saint-Père. Le groupe rassemble 250 représentants de chaque diocèse catholique égyptien, en plus des 1 000 participants originaires de la capitale.

 

 


 

Corée du Nord : Un peuple crucifié !

06.04.2017 in Adapted by Amanda Bridget Griffin, AED Canada, Chrétiens Catholique, Corée du Nord, Persécution

Du 23 au 27 mars derniers, nos collègues du bureau français d’Aide à l’Église en Détresse ont tenu l’événement La nuit des témoins. Voici le témoignage du père Philippe Blot, missionnaire des Missions étrangères de Paris, engagé auprès des réfugiés de Corée du Nord.

Corée du Nord
Un peuple crucifié !

Comme vous le savez, depuis plus de soixante ans, le « pays du matin calme » est coupé en deux à la suite d’une guerre fratricide particulièrement meurtrière…

Dans un premier temps, j’ai pu me rendre en Corée du Nord et, malgré la surveillance constante des policiers, j’ai pu vérifier la véracité de certains reportages et de nombreux témoignages de réfugiés nord-coréens.

D’abord dans les hôpitaux: la situation est dramatique: pas d’antibiotiques, de pansements, ni même de savon. Je ne vous donne qu’un exemple : pour les flacons de sérum des perfusions, ils utilisent des bouteilles de bière remplies d‘eau sucrée bouillie!

J’ai pu visiter des écoles. Elles illustrent la sous-alimentation chronique de toute une population, excepté les apparatchiks du régime bien sûr. Il faut savoir qu’un enfant nord-coréen âgé de 7 ans mesure en moyenne 20 cm de moins et pèse 10 kilos de moins qu’un enfant en Corée du Sud. Les réfugiés sont unanimes pour dire que, en Corée du Nord, « il faut soudoyer tel membre du parti ou tel militaire pour obtenir des produits de première nécessité ». La corruption est donc monnaie courante.

J’ai aussi été étonné de ne pas voir de personnes handicapées… En fait, le régime nord-coréen, raciste et eugéniste, est obsédé par la pureté de la race dont les personnes qualifiées d’« anormales » ne font pas partie. Par conséquent, elles sont expulsées des grandes villes.

Comment décrire en peu de mots ce régime communiste ? La Corée du Nord est un pays si fermé que personne ne peut y entrer et circuler sans visa… « Y compris Dieu » rajoutent les réfugiés en guise de boutade. Les deux principaux piliers de la répression sont, d’une part, le contrôle de tous les déplacements de la population et, d’autre part, l’ignorance du monde extérieur… si bien que les réfugiés nord-coréens qui ont réussi à fuir découvrent, ahuris, une tout autre réalité que ce qu’on leur a raconté depuis leur naissance… Ils évoquent tous la propagande marxiste effrénée envers la population pour en faire des zombies soumis au parti communiste… Le dictateur est présenté comme un véritable « dieu », référence incontournable de tous les discours, de l’enseignement, des informations… La dynastie des « Kim », du grand-père au petit-fils actuellement au pouvoir, fait l’objet d’une propagande délirante, avec ses 30 000 statues et portraits géants dans toutes les villes ou villages et ses slogans écrits sur d’immenses panneaux exposés dans les rues… Les Nord-Coréens s’épient entre voisins ou collègues et se dénoncent entre eux s’il y a manquement aux devoirs envers le « Grand Leader »… après l’arrestation du coupable, on réunit la population et la famille pour critiquer les transgressions du pseudo-délinquant. Puis il est déporté, ou bien tous assistent à son exécution capitale.

Parlons justement des camps de déportation, ce qui me donnera l’occasion de faire le point sur la présence des chrétiens dans ce pays. Le recoupement des témoignages et les observations des satellites occidentaux permettent d’estimer que les personnes détenues dans ces véritables camps de concentration sont entre cent mille et deux cent mille. La brutalité des gardiens est le pain quotidien de ces prisonniers, qui travaillent seize heures par jour, subissent des tortures atroces, sans compter les exécutions publiques des récalcitrants…

Parmi ces « prisonniers politiques », ceux qui subissent les plus mauvais traitements sont les chrétiens, considérés comme des espions, des « antirévolutionnaires de première classe ». Ils seraient treize mille, selon le régime, mais entre 20 000 et 40 000 selon les organisations humanitaires… et font l’objet d’un traitement particulièrement cruel : on les crucifie, on les pend à des arbres ou sur des ponts, on les noie, ils sont brûlés vif… Certains témoins évoquent des tortures si horribles que la décence m’interdit d’en faire état devant vous…

Pour les dirigeants de la Corée du Nord, toute religion doit être bannie – c’est-à-dire autant le christianisme que le bouddhisme -, car, comme le dit le « catéchisme » marxiste, elle est l’opium du peuple. Les Nord-Coréens ignorent ce qu’est une Bible, et donc qui est Dieu. Il y a quelques années, le gouvernement a ouvert, à grand renfort de propagande, une église catholique, un temple protestant, et une église orthodoxe dans la capitale, mais ce ne sont que des simulacres !

Malgré tout cela, il existe une Église souterraine en Corée du Nord, qui fait l’objet d’une persécution continue. Aux réfugiés nord-coréens à qui je posais cette question: « Avez-vous entendu parler ou vu l’un de vos voisins arrêtés, parce qu’il a été pris en flagrant délit de prier chez lui ou dans un endroit tenu secret ? », plusieurs m’ont répondu affirmativement. Et certaines informations parviennent à filtrer : ainsi, il y a deux ans, une femme enceinte de 33 ans, arrêtée en possession de vingt Bibles, a été rouée de coups et pendue par les pieds en public. En mai 2010, on a arrêté vingt chrétiens qui faisaient partie d’une Église « clandestine » : trois d’entre eux, ont été aussitôt mis à mort, et les autres déportés. On pense que, depuis 1995, au moins cinq mille chrétiens ont été exécutés uniquement parce qu’ils priaient secrètement ou distribuaient des Bibles. Beaucoup de ces chrétiens nord-coréens le sont devenus en raison de la présence de missionnaires étrangers à la frontière. On sait aussi que des pasteurs américains et canadiens d’origine coréenne sont actuellement enfermés dans des camps de prisonniers politiques en raison de leur aide aux réfugiés…

J’ai rencontré des réfugiés dans un pays limitrophe de la Corée du Nord qui, s’ils sont arrêtés, risquent le rapatriement de force, donc la prison, la torture, le camp et la mort. S’ils ne sont pas rapatriés, ils risquent de tomber dans les griffes d’organisations criminelles de trafics d’organes. Les femmes et les petites filles peuvent être kidnappées par des gangs et vendues à des paysans ou, pire, à des tenanciers de maisons closes. Une jeune fille coréenne peut être vendue pour 800 à 1 200 dollars…

Depuis plus de 60 ans, des milliers de Nord-Coréens ont tenté de gagner un pays libre, mais ce n’est pas simple. Il faut passer par la Chine qui refuse de reconnaître le statut de réfugiés à ceux qu’elle persiste à considérer comme des « immigrés illégaux ». Sans papiers, et donc clandestins, nombreux sont ceux qui travaillent comme ils peuvent, mal payés, maltraités, sans aucun droit, à la merci de l’employeur…

Pour sortir ces réfugiés de ce guêpier, des passeurs, qui risquent leur vie, mais se font bien payer, conduisent ceux qui le souhaitent vers la Corée du Sud, le Canada, les États-Unis et d’autres pays, via la Mongolie, le Laos, le Vietnam, la Thaïlande… Pour faire « passer » quelqu’un de la Corée du Nord vers un pays tiers, il faut environ 4 000 à 5 000 euros pour les faux passeports, le transport, la nourriture, le salaire du passeur et les pots-de-vin versés aux douaniers ou aux policiers… Évidemment ces « contrats » sont très aléatoires et il arrive qu’au dernier moment le passeur décide une augmentation…

 

 

L’un des plus longs Chemins de Croix de l’histoire de l’humanité

En rencontrant les réfugiés nord-coréens, j’ai entendu des récits tellement insupportables que des larmes de souffrance et de honte coulaient de mes yeux… Comment des êtres humains peuvent-ils commettre de telles atrocités ? Comment tant de vies humaines peuvent-elles être piétinées dans la plus grande indifférence ?

Alors, en tant que missionnaire, en tant que prêtre catholique, je parle ici au nom de tous ces Coréens qui, depuis plus de soixante ans, vivent l’un des plus longs Chemins de Croix de l’histoire de l’humanité ! Je parle au nom de ceux à qui l’on arrache un œil ou un membre, sans anesthésie, pour les transplanter à de riches Chinois, Japonais ou autres… ! Je parle au nom de ces Nord-coréennes victimes des marchands d’esclaves !

La fuite de ces milliers d’hommes, femmes et enfants représente un fait majeur dont il faut souligner l’aspect politique et diplomatique. Malheureusement, les pays voisins de la Corée du Nord, ou plus lointains, en Europe, en Amérique… ne réclament que quelques changements au nom des « droits de l’homme », sans remettre en cause le statu quo actuel, au nom, disent-ils de l’« équilibre des relations internationales », qui garantit une « paix de compromis », ce qui repousse aux calendes grecques la libération de la Corée du Nord, et donc aussi la réunification du pays !

En conclusion, si l’on en reste aux stricts calculs géopolitiques, les vingt et un million de Nord-Coréens risquent d’attendre longtemps avant de voir leur sort s’améliorer radicalement… À moins d’une intervention de Dieu, que nous prions chaque jour ardemment pour ce peuple crucifié…

 

Seigneur Jésus miséricordieux

Je vous supplie de délivrer nos frères et sœurs nord-coréens des chaînes qui les entravent depuis déjà plus de 70 ans.

Posez votre regard d’amour sur ce peuple qui souffre…

Enseignez la Paix à la nation coréenne coupée du Nord au Sud par une guerre fratricide. Aidez-nous à contribuer à la réconciliation, sans nous laisser emporter par la désespérance.

Bon Pasteur, réunissez dans vos bras tous nos frères et sœurs nord-coréens, un par un. Enveloppez-les de votre tendresse de Sauveur.

Que Notre Dame de Fatima fasse éclater le mur du communisme et les aide à trouver la liberté et la joie de vivre en enfants de Dieu.

 


 

Projet AED de la semaine en Guinée-Conakry

30.03.2017 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, AFRIQUE, Afrique de l'Ouest, Guinée-Conakry, Séminaristes, Voyager avec l'AED

Guinée                                                                                 

Un nouveau dortoir pour le séminaire de Conakry

La Guinée est un pays à majorité musulmane. Environ 85 pour cent des 11,6 millions d’habitants sont de confession islamique. Les chrétiens ne représentent qu’une minorité de 8 pour cent. Le reste de la population pratique les religions traditionnelles africaines.

Ce pays d’Afrique de l’Ouest a été fortement marqué par le régime politique dictatorial qui l’a dominé entre 1958 (année de l’indépendance), jusqu’en 1984. Cette année-là, lorsque le dictateur Ahmed Sekou Touré est décédé, le journal sénégalais Le Soleil a évoqué la fin de la « plus mortelle et plus longue dictature du continent ». La torture et les exécutions étaient quotidiennes et des milliers de personnes ont disparu sans laisser de trace. L’Église a résisté, bien que réduite au silence. L’ancien archevêque de Conakry, Monseigneur Raymond-Maria Tchidimbo, a lui-même été emprisonné pendant près de neuf ans et a subi la torture. Son successeur, le Cardinal Robert Sarah, qui est aujourd’hui membre de la Curie romaine, figurait sur la liste des condamnés à mort du dictateur ; il est décédé juste avant de pouvoir exécuter son projet.

 

L’Église catholique n’a guère pu se développer pendant les années de dictature. Elle n’a actuellement que trois diocèses. Pendant longtemps, les séminaristes ont dû étudier dans les pays voisins, comme au Sénégal et au Mali. Cependant, l’Église catholique dispose désormais de son propre séminaire à Kendoumaya, dans l’archevêché de Conakry. Il est entré en fonction pour l’année académique 2012/2013 et porte le nom du pape émérite Benoît XVI. On y accueille les futurs prêtres venus des trois diocèses du pays. En 2014, l’année scolaire a commencé avec plusieurs mois de retard à cause de l’épidémie d’Ebola. Un défi que le jeune séminaire a su relever.

 

Aide à l’Église en Détresse a fortement soutenu la création ce lieu d’enseignement. Par contre, les séminaristes ne peuvent y étudier que la philosophie ; la théologie est enseignée à Bamako (Mali), une situation de plus en plus intenable. C’est pourquoi Aide à l’Église en Détresse contribue à l’agrandissement du séminaire. Avec 58 000 dollars, nous aidons à la construction d’un dortoir pour les étudiants en théologie. Nous soutenons également la formation de 69 séminaristes grâce à un montant de 43 500 dollars.

 

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Vues d’ailleurs – un témoin des témoins!

24.03.2017 in AED Canada, Mario Bard, Radio VM, Robert Lalonde, Voyager avec l'AED, Vues D'ailleurs

Cette semaine à Vues d’ailleurs,
votre porte ouverte sur l’Église du monde !

Des témoins inspirants
pour la paix

Invité : Robert Lalonde, auteur et conférencier

 

Dans les pays touchés par la guerre, le traumatisme créé par un conflit peut laisser une blessure ouverte et profonde pendant des années. Une trace permet de petites guerres au quotidien, qui durent et qui durent ! À moins que des personnes décident enfin de sortir du cercle vicieux de la violence et qu’elles apprennent à se servir de ces traumatismes du passé afin de les transformer en force de paix pour le présent et le futur. Notre invité en a rencontré plusieurs. Il témoigne de l’inspiration produite en lui grâce à ces rendez-vous. Assez pour écrire un livre !

 

Soyez au rendez-vous dès 20 h,
le lundi 27 mars 2017, 20 h, à Radio VM.

En rediffusion le mercredi 29 mars à 19 h
et le samedi 1er avril à minuit.

 

Vues d’ailleurs, votre porte ouverte sur l’Église du monde !


 

Entrevue de l’AED – Décès d’un flambeau de la foi

23.03.2017 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, République tchèque

Son Excellence  le cardinal Miroslav Vlk, en Allemagne aux bureaux de l’AED – novembre 2003

République tchèque :

« Un flambeau de la foi » disparaît

 

Aide à l’Église en détresse (AED) est endeuillée par la disparition du cardinal Miroslav Vlk, décédé à l’âge de 84 ans, le samedi 18 mars dernier.


« Son Excellence le cardinal Vlk était un flambeau de la foi dans un pays éprouvé par le communisme et dont la population, aujourd’hui encore, affiche le plus faible attachement à la foi de toute l’Europe », indique le Père Martin Barta, assistant spirituel international de l’œuvre de charité. Selon lui, l’ancien archevêque de Prague « a considérablement marqué de très nombreuses personnes par son fidèle témoignage sacerdotal, assuré dans les conditions les plus contraignantes ».

Alors qu’il était tout jeune prêtre, tout de suite après son ordination sacerdotale, le père Miroslav avait été obligé de travailler comme laveur de vitres à cause des mesures répressives anticléricales du gouvernement communiste, et ne pouvait exercer que secrètement son ministère sacerdotal. Après le tournant politique du début des années 90, le Père Miroslav est devenu « une figure symbolique de la foi dans une société forcée à redécouvrir le chemin vers Dieu. » Par ailleurs, le cardinal « était un ami de longue date de notre œuvre », souligne le Père Barta. Le cardinal disait répondre au soutien d’Aide à l’Église en Détresse dans la reconstruction de l’archidiocèse de Prague « par une autre monnaie — celle de la prière ».

Czech/Republic/Praha 08/610 At the archiepiscopal seminary in Praha

Une messe au séminaire de Praha – République tchèque

« Seul Dieu était notre lumière »

En 2007, dans un entretien accordé à l’AED à l’occasion de ses 75 ans, le cardinal a notamment évoqué ses expériences du temps de la persécution : « La persécution nous a aidés à rester plus fidèles à Dieu. D’ailleurs, qui d’autre aurait pu nous aider à part Lui ? Au début, lorsque les communistes se sont emparés du pouvoir, beaucoup de gens en Tchécoslovaquie croyaient encore que les Américains y interviendraient. Mais ce n’était qu’une illusion. Seul Dieu était notre lumière. Durant la persécution, il n’y avait ni littérature ni moyens. On ne pouvait que choisir et chercher Dieu. Pour moi, c’était une immense grâce. » Aujourd’hui, les communistes ne sont plus là. « Mais Dieu n’a pas disparu ! IL est toujours là ! », soulignait le cardinal.

Toutefois, le cardinal Miroslav Vlk percevait aussi avec inquiétude un déclin des valeurs fondamentales dans sa société : un manque de respect d’autrui, de la vie, une baisse du sentiment de l’honneur, la propagation de l’égoïsme. Il estimait également qu’une « société ne peut pas être construite sur l’égoïsme, mais que la capacité à s’ouvrir l’un à l’autre fait partie intégrante de l’identité humaine. L’Église doit surtout témoigner de ces valeurs, car le témoignage vivant et vécu suscite l’intérêt et déclenche un écho dans les cœurs des hommes. »

Le cardinal Miroslav Vilk, archevêque émérite du diocèse de Prague, République tchèque, en visite à l’AED international en 2003, célébrant la messe avec le père Alliende.

« L’amitié dont le cardinal a fait preuve envers nous ainsi que son témoignage constitue un legs précieux que nous conservons en nos cœurs », déclare le Père Barta. « Nous espérons et nous prions afin qu’au-delà de sa mort, son exemple puisse guider les gens afin qu’ils trouvent la foi qui avait été radicalement dévastée par le communisme et qui, de nos jours, vit un délicat renouveau. »

En 1950, la population du territoire de l’actuelle République tchèque (qui, à l’époque, faisait partie de la Tchécoslovaquie) comptait encore 76 % de catholiques. Il n’en reste aujourd’hui que 10,4 %, tandis que 11 % de la population appartient à une autre confession chrétienne. Avec un taux de 34 % de personnes se déclarant sans religion et 44 % de Tchèques ne faisant aucune déclaration sur leur appartenance religieuse, la République tchèque est considérée par plusieurs comme le pays le plus fortement athée d’Europe. À l’époque communiste, l’ancienne Tchécoslovaquie a été l’un des pays où l’Église catholique a été victime des plus graves persécutions.

 

Texte:  Eva-Maria Kolmann, AED International
Adaptation française: Mario Bard, Aide à l’Église en Détresse Canada

Communiqué – Pèlerinage à Fatima avec Aide à l’Église en Détresse

07.03.2017 in AED Canada, Communiqué, Mario Bard, MONDE, Père au Lard, Père Werenfried van Straaten, Voyager avec l'AED

 Les 70 ans d’Aide à l’Église en Détresse !

Pèlerinage à Notre-Dame de Fatima

 

« Le père Werenfried, fondateur d’Aide à l’Église en Détresse, était un fervent priant de Marie, et il y a 50 ans cette année, il a consacré l’œuvre à Notre-Dame de Fatima. Une dévotion qui est restée chère à notre organisation et dont nous voulons partager la très grande importance aujourd’hui avec nos bienfaiteurs et bienfaitrices », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale d’Aide à l’Église en Détresse.

Notre-Dame de Fatima

 

Du 9 au 18 septembre 2017, l’organisme international de charité catholique organise, en collaboration avec l’agence spécialisée en voyage de ressourcement Spiritours, un pèlerinage au Portugal. Si Fatima est le cœur du périple, d’autres villes sont incluses, dont la capitale Lisbonne, Coimbra — où vécut jusqu’à sa mort Sœur Lucie, l’une des voyantes de Fatima —, Porto et Saint-Jacques de Compostelle.

 

« Les pèlerins canadiens pourront vivre des moments inoubliables comme la grande messe internationale ou encore une nuit d’adoration eucharistique organisée en collaboration avec Aide à l’Église en Détresse. Dans ce cadre, des milliers de bienfaiteurs et de bienfaitrices de partout dans le monde sont attendus », précise Mme Lalonde.

 

« Une occasion unique de communier à la cause qui leur est chère, au cœur de ce sanctuaire où le père Werenfried a confié son œuvre à Notre-Dame. Je ferai partie du voyage, et j’ai bien hâte de partager ce temps précieux avec ceux et celles qui rendent possibles plus de 6 000 projets par an dans une moyenne de 140 pays. »

 

L’œuvre du « Père au lard » est en pleine effervescence

 

Depuis 70 ans, les projets soutenus par Aide à l’Église en Détresse sont extrêmement diversifiés, mais ont un seul but : aider l’Église, la communauté chrétienne, là où elle répond aux besoins du monde.

Mai 1992 : le père Werenfried rencontre Soeur Lucie, l’une des voyantes de Fatima.

 

« Le père Werenfried — aussi appelé Père au lard à cause des origines de l’œuvre — a toujours été attentif aux demandes de l’Église, quel que soit l’endroit. Que ce soit pour construire une chapelle ou une cathédrale, ou bien encore afin d’aider l’Église à nourrir les millions de déplacés et réfugiés, en passant par la formation pastorale des prêtres, des religieuses, des laïcs. Notre fondateur savait écouter et comprendre les tenants et aboutissants d’un besoin », raconte Mme Lalonde. « Pour lui, tous ces projets servent une seule cause : l’annonce de l’Évangile et de ses bienfaits, en parole et en action. Et c’est ce que nous continuons aujourd’hui. »

 

 

 

 

Pour s’inscrire, connaître le prix et les détails du voyage, contacter Mikaël Maniscalco chez Spiritours, au 514-374-7965, poste 207.
http://spiritours.com/voyage/portugal-et-espagne-sept2017/ 

 

Les bienfaiteurs et collaborateurs de l’AED se rendent depuis des années au sanctuaire de Fatima. Ici, un pèlerinage en 2013. 


 

Projet de la semaine de l’AED en Inde : aident pour la construction d’une église à Meghpal

22.02.2017 in Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, Inde, Marie-Claude Lalonde, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Succès de l’AED

En ce mois de février, nos projets de la semaine sont dédiés à l’Inde!

Pays multiple, immense et fascinant, le sous-continent indien est la maison de plus de 16 millions de catholiques. La majorité est pauvre et n’a pas les sous pour soutenir le développement de leurs paroisses. Qu’importe ; Aide à l’Église en Détresse répond présente aux demandes des évêques, supérieurs de communautés et autres responsables en Église qui nous demande de les aider à fortifier la foi de ces catholiques indiens. Voici les histoires de projets – des succès – qui ont vu le jour, grâce à vous : merci !

 


Projet de la semaine de l’AED en Inde :

aident pour la construction d’une église à Meghpal

En Inde, dans le diocèse de Sambalpur l’équipe d’Aide à l’Église en Détresse a été accueillie par des chants et des danses lors d’un récent voyage.  C’est que les bienfaiteurs de l’organisme les aident pour la construction d’une église pour la paroisse de Meghpal.  Les habitants du secteur sont majoritairement des déplacés du Jharkhand (déplacés à cause de l’industrialisation et l’arrivée de multinationales) et des chrétiens de première génération.

Ils vous remercient de l’aide de 20 150$ qui leur permettra d’avoir un lieu de rassemblement à l’abri du soleil et de la pluie de la mousson.

Merci !


 

Nigeria : terrorisme orchestré par d’autres groupes

25.01.2017 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Maria Lozano, Nigéria

Nigeria :

massacre d’autres groupes que Boko Haram

En décembre dernier, Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est entretenu avec Mgr Joseph D. Bagobiri du Nigeria. Voici ce qu’il révélait à nos collègues italiens.

De 2006 à 2014, plus de 12 000 chrétiens ont été assassinés, et 2 000 églises ont été détruites par des actes terroristes au Nigeria. Il s’agit là des chiffres cités par Mgr Joseph D. Bagobiri, évêque du diocèse de Kafanchan, dans l’État de Kaduna, au cours de sa visite au siège italien d’Aide à l’Église en Détresse (AED). C’est surtout à cause des intégristes islamistes du groupe Boko Haram que le Nigeria se tient à la troisième place du classement de « l’indice mondial du terrorisme de 2016 ».

Mgr Joseph Danlami Bagobiri de Kafanchan, Nigeria – en visite à ACN International à Königstein, Allemagne, le 19 avril dernier.

Cependant, Mgr Bagobiri révèle qu’ils ne sont pas seuls à répandre la terreur dans le pays le plus peuplé d’Afrique. « Au cours des trois derniers mois, plus de la moitié du territoire de la partie sud de l’État de Kaduna a enregistré une intensification des attaques commises par le groupe terroriste des éleveurs peuls musulmans (FHT), des bergers nomades de l’ethnie peule », indique-t-il. « En occident, ce groupe est presque inconnu, ajoute le prélat, mais l’évêque nigérian présente les chiffres sur les crimes qui ont été commis depuis septembre : 53 villages brûlés, 808 vies annihilées, 57 blessés, 1 422 maisons et 16 églises détruites ».

Les Peuls sont une ethnie nomade qui se consacre au pâturage, ce qui cause depuis longtemps des conflits avec les agriculteurs de la région. Cependant, ces derniers temps, les attaques sont devenues d’une ampleur complètement différente de celle des anciens conflits entre agriculteurs et éleveurs. Ces derniers utilisent désormais « des armes sophistiquées qui n’existaient pas auparavant, comme des AK-47, dont nous ne connaissons pas la provenance », déclare Mgr Bagobiri.

Par ailleurs, les causes de ce phénomène ne sont plus uniquement les mêmes qu’autrefois explique l’évêque de Kafanchan : « En plus des raisons sociales ou économiques qui existaient depuis longtemps, comme la répartition des terres et le manque de pâturages, la dimension du problème a changé parce que les Peuls sont musulmans et les terres appartiennent à des groupes ethniques chrétiens. Il est donc clair que le caractère religieux s’y ajoute désormais. Les deux motifs sont toujours présents, mais ces derniers temps, le facteur religieux est devenu prépondérant : le conflit s’est transformé en persécution religieuse ».

 

Nigeria : indifférence générale

Ce sont surtout les petits commerces tenus par des chrétiens ainsi que les églises qui sont attaqués. Un indicateur clair qu’il y a de la persécution religieuse, affirme Mgr. Bagobiri. « Il n’est pas non plus possible d’estimer que la violence soit dirigée contre un groupe ethnique en particulier, étant donné que les chrétiens appartiennent à divers groupes ethniques », dit l’évêque.

Reconstruction de la maison paroissiale de Saint Augustin, Tudun Wada (incendié en 2011 dans les violences qui ont suivi l’élection): Enterrement de trois des victimes.

Malgré la forte menace pour les chrétiens, ajoute le prélat, « la persécution au Nigeria ne bénéficie pas d’un degré semblable d’attention internationale que, par exemple, celle accordée au Moyen-Orient ». Et ce qui est pire pour l’évêque : même le gouvernement ne lui accorde pas une attention suffisante. « Ces attaques se produisent dans l’indifférence d’un gouvernement qui se limite à observer, tandis que la population est exposée à des terroristes armés ». Mgr ajoute : « les forces de police ne disposent pas des armes adéquates pour intervenir, ou n’ont pas reçu l’ordre d’intervenir ».

Mgr Bagobiri estime que cette menace terroriste est aussi liée à l’augmentation de l’intégrisme islamique dans le pays, et au problème de la charia, introduite dans 12 des 36 États nigérians, entre autres dans l’État de Kaduna. La loi islamique est une cause « d’inégalité et de discrimination. Par exemple, les tribunaux islamiques ont tendance à libérer [facilement] les musulmans coupables de crimes tels que l’assassinat de chrétiens accusés de blasphème », conclut Mgr. Bagobiri.

 

Pour plus d’informations sur le Nigeria, voir le Rapport sur la liberté religieuse d’Aide à l’Église en Détresse, sorti le 15 novembre 2016.

www.acn-aed-ca.org/fr/rapport-liberte-religieuse.

 

par ACN Italie

Adaptation par Mario Bard, AED Canada

 


 

 

Projet de la semaine AED : du transport vital

11.01.2017 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Motorisation, Motorisation, PROJETS AED, Religieuses, Tanzanie, Voyager avec l'AED

Tanzanie
un véhicule pour la paroisse de Namswea

Située au sud de la Tanzanie dans le diocèse de Mbinga, Namswea est une paroisse immense qui compte plus de 11 300 fidèles et compte treize sites extérieurs où se déroulent les célébrations liturgiques et les temps de catéchèse. Certains d’entre eux sont situés jusqu’à 50 kilomètres!

Les enfants de  la paroisse de  Namswea reçoivent leur Première Communion 

 

Cela fait longtemps que les prêtres qui travaillent ici espéraient un véhicule. Avec pareille distance, ils ne pouvaient se rendre facilement et aussi souvent qu’ils le voulaient en visite sur ces sites. Et bien que la catéchèse ait toujours été assurée par des catéchistes dévoués, les habitants des localités très éloignées n’avaient pas l’occasion de participer à la messe ni de recevoir les sacrements.

Sans compter toutes les personnes qui dépendent d’une aide matérielle et médicale. À défaut de véhicule, cette aide ne pouvait leur parvenir. Beaucoup de gens malades auraient pu être sauvés s’il avait été possible de les amener dans une clinique…

 
Nos bienfaiteurs ont offert 27 550 dollars pour l’achat d’un véhicule tout terrain, solide et adapté au mauvais état des routes. Une belle surprise pour le Père Odin Kapinga, qui a déclaré avec joie et gratitude : « Je prie pour vous, je ne peux rien dire d’autre que cela ».

Maintenant, les gens des villages éloignés n’ont plus à attendre en vain qu’un prêtre vienne distribuer les sacrements, rende visite aux malades et aux nécessiteux afin de les conseillers. Merci du fond du cœur à tous les bienfaiteurs!


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Entrevue AED avec Mgr Kyrillos William, Égypte

23.12.2016 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Andrea Krogmann, Égypte, Entrevue, Moyen-Orient

Égypte

entre peur et confiance en Dieu

Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout estime que le dernier attentat perpétré contre la cathédrale copte du Caire attise encore plus la peur de subir d’autres attentats islamistes en Égypte.

Paradoxalement, l’évêque d’Assiout révèle en entrevue avec Aide à l’Église en Détresse qu’il ressent chez les chrétiens du pays une « grande confiance en Dieu ». Il juge de manière positive l’engagement du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en faveur de l’avenir de son pays.

Entrevue réalisée par Andrea Krogmann, AED-International

AED : Monseigneur, dans une perspective chrétienne, quelle est votre opinion au sujet de la situation actuelle en

Mgr Kyrillos William. Malgré tout, les chrétiens du pays ont une « grande confiance en Dieu ».

Égypte?

Mgr Kyrillos : Le dernier épisode de terreur brutale exercée contre des fidèles au Caire a profondément endeuillé les chrétiens. Nous sommes bouleversés. Mardi (20 décembre), l’Église copte a recensé la 26e martyre victime du dernier attentat, une fillette de dix ans qui est morte de ses blessures.

En même temps, nous percevons beaucoup de confiance en Dieu et de force. Comme dans le cas des attaques précédentes, nous voyons que, lorsque la terreur est utilisée pour empêcher les croyants de se rendre à l’église, les gens y viennent encore plus nombreux que d’habitude.

 

Quelles ont été les réactions de votre entourage non chrétien?

On nous témoigne beaucoup de solidarité et de compassion! Beaucoup de gens nous ont téléphoné ou sont même venus pour nous présenter leurs condoléances. L’État a immédiatement réagi et lancé une enquête. Le président en personne a dit qu’il n’aurait pas pu se rendre aux funérailles des victimes sans pouvoir nommer un auteur.

Cela veut dire beaucoup si l’on se rappelle que dans d’autres cas, par exemple concernant l’attentat commis il y a quelques années à Alexandrie, il n’existe à ce jour aucune trace des auteurs. Dans ces cas-là, les gens pensent que la police et l’État soutiennent les auteurs des attentats. Cette fois, c’est différent.

Un président [Égyptien] qui se rend, en personne, aux funérailles et qui serre la main à chacun des proches et à tous les représentants de l’Église, c’est un signal vraiment fort.

 

Le patriarche copte orthodoxe Tawadros II a présidé les funérailles des victimes de l’attentat du 11 décembre dernier.

L’attentat du Caire a-t-il attisé la peur d’autres attentats durant les fêtes de Noël?

Oui, la peur est toujours présente. Daech a annoncé encore d’autres attentats, ce n’est donc pas exclu.

 

A-t-on pris des mesures de sécurité particulières?

Les forces responsables sont venues nous voir et nous ont demandé de coopérer avec elles. En sus de la protection extérieure qui est de leur ressort, elles veulent entraîner nos gens, les former, leur apprendre comment être attentifs. Par exemple, nos scouts, qui sont chargé de maintenir l’ordre durant les festivités bénéficie de la part des autorités d’une formation à la sécurité civile.

De plus, nous envisageons mettre en place des détecteurs de métaux devant notre cathédrale et notre maison d’hôtes. C’est onéreux, mais important.

 

Les chrétiens se sentent-ils suffisamment protégés ainsi?

Cela fait des années que des soldats sont postés devant de nombreuses églises. Mais le problème réside dans le fait qu’ils ne sont pas très bien équipés ni bien entraînés, de sorte que beaucoup d’églises disent alors qu’elles n’en ont pas besoin parce que cela ne sert pas à grand-chose.

Il faudrait trouver de meilleures méthodes, par exemple des forces mieux formées et mieux équipées. Mais lors des fêtes majeures, il y a évidemment aussi des mesures exceptionnelles, par exemple des barrages routiers et un dispositif de sécurité nettement accru.

 

Quels sont vos vœux de Noël pour votre pays et vos fidèles?

Bien entendu, je souhaite que la paix revienne dans notre pays. Nous voyons bien les efforts de notre président qui veut que l’Égypte ait un avenir. Ces efforts sont sapés par les actes terroristes. Le pays a besoin de calme, également pour le tourisme, qui constitue une source importante de revenus. Sans ce calme, les touristes ne viendront pas en Égypte.

Coptic Orthodox Pope Tawadros II led the funeral for the victims of the bomb that exploded on 11.12.2016 during Sunday Mass in a chapel at Cairo's main Coptic Cathedral. Please always watermark these pictures when using them online.

Le Patriarche copte orthodoxe, Tawadros II, préside les funérailles des victimes des attentats du 11 décembre dernier.

Aide à l’Église en Détresse apporte un soutien aux chrétiens en Égypte pour la construction d’églises, la formation de prêtres et la pastorale des jeunes gens. Environ dix pour cent de la population égyptienne se composent de chrétiens, dont la majorité appartient à l’Église copte orthodoxe. Les quelque 250 000 catholiques du pays sont majoritairement membres de l’Église copte catholique.

Par Andrea Krogmann, Aide à l’Église en Détresse AED international
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada