AED Canada

 

Projet de la semaine AED: Centrafrique

16.08.2017 in Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Cameroun, Centreafrique, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Centrafrique et Cameroun

Formation pour 39 jeunes carmes

 

Très tôt, certaines personnes savent exactement ce qu’elles veulent. Dès l’âge de cinq ans, le petit Jean Thierry Ebogo du Cameroun sait qu’il veut devenir prêtre. Pour lui, être prêtre signifie « être Jésus ». Quand il entre au Carmel en 2003 à l’âge de 21 ans, l’objet de ses rêves semble être à portée de main.

 

Malheureusement, à peine un an plus tard, une tumeur maligne est trouvée sur sa jambe droite. Tout est fait pour le guérir, mais, malgré l’amputation, la maladie progresse. Quand il est emmené en Italie en 2005 pour y suivre un traitement, il a déjà des métastases.

 

Le 8 décembre 2005 – fête de l’Immaculée Conception –, il prononce ses vœux perpétuels dans la chambre où il est hospitalisé. Son seul souci est de savoir s’il sera ordonné prêtre. Il endure de fortes douleurs en souriant et les offre en faveur des vocations sacerdotales et religieuses. « Je voudrais juste être guéri pour devenir prêtre », dit-il. Mais son plus grand rêve ne se réalise pas ; il meurt en odeur de sainteté le 5 janvier 2006, à l’âge de 23 ans. Une foule immense participe à ses funérailles. Nommé Serviteur de Dieu, son procès en béatification au niveau diocésain se termine en 2014 à Milan.

 

Des jeunes persévérants et « courageux »

Avant de mourir, le jeune Jean Thierry Ebogo promet d’offrir à l’Afrique une véritable « pluie » de vocations sacerdotales. Il semble avoir tenu parole puisqu’au Cameroun et surtout en République centrafricaine, l’ordre des Carmes déchaux reçoit de nombreuses vocations.

Au Cameroun, patrie de Jean Thierry Ebogo, douze jeunes hommes sont actuellement en formation. En République centrafricaine (RC), un pays où sévit une pauvreté extrême et qui fait régulièrement les grands titres à cause de la violence, 27 jeunes carmes suivent l’appel de Dieu et se préparent à faire leurs vœux perpétuels et à être ordonnés prêtres. Par le don de leur vie, ils veulent contribuer à ce que la paix dans leur pays puisse enfin devenir réalité.

Le père Cyriaque Soumbou, l’un des formateurs des futurs religieux à Bouar en RC, déclare : « C’est une joie de voir ces jeunes hommes qui, au milieu des vicissitudes de la vie quotidienne et en dépit de toutes les tentations, essaient de donner un sens à leur propre vie en se laissant conduire par l’Esprit saint, dans la recherche de la volonté de Dieu. Les jeunes séminaristes sont pour moi des perles précieuses, ils sont une raison de remercier, parce qu’ils sont l’avenir du Carmel thérésien ». Lui-même s’était senti attiré dès l’enfance par la solitude et la vie de prière des Carmes, mais aussi par la joie de vivre en communauté et le fait de se consacrer au service du prochain. Un exemple de vie donné par les missionnaires italiens qui ont amené l’ordre des Carmes dans sa patrie et qui y travaillent encore aujourd’hui. « Je suis sûr que cette joie intérieure n’est pas le fruit des efforts humains, mais que Jésus nous unit. Comme est douce la main du Seigneur qui veut m’accompagner ! Les enseignements de Sainte Thérèse d’Avila sont toujours clairs : l’humilité compte dans la vie religieuse. Il ne faut pas compter sur ses propres forces, mais sur la grâce de Dieu », raconte le père Cyriaque pour décrire ses expériences personnelles.

 

Fidèle à sa mission, Aide à l’Église en Détresse soutient les 39 jeunes Carmes de Bangui, Bouar et Yaoundé afin qu’ils puissent poursuivre leur formation, grâce à un montant de 35 478 dollars.

 

 

 


 

Projet de la semaine AED: Éthiopie

09.08.2017 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, AFRIQUE, Ethiopie, Voyagez avec AED

Éthiopie

Des vélos pour trente catéchètes à Gambella

 

Le vicariat apostolique de Gambella se trouve à l’extrême ouest de l’Éthiopie, à la frontière avec le Soudan du Sud. C’est une région sous-développée où règne une grande pauvreté et beaucoup de tensions.

 

Ainsi, les conflits sanglants y sont récurrents, en particulier entre les tribus d’agriculteurs et celles qui élèvent des troupeaux de bétail. D’un côté, les animaux dévorent les moissons, et de l’autre, les paysans enlèvent aux bergers des zones de pâturage. Comme les ressources sont rares, elles sont violemment défendues. Encore tout récemment, cette situation a dégénéré en affrontements entre la population autochtone et les réfugiés du groupe ethnique Nuer, venus du Soudan du Sud.

 

Ces derniers sont plus de 330 000 selon le HCR*. Ils sont presque aussi nombreux que les habitants de la ville de Gambella, une situation potentiellement explosive. Ainsi au printemps 2016, des émeutes sanglantes ont fait plusieurs morts. Heureusement, l’Église catholique s’est engagée en faveur de la paix et de la réconciliation ; elle est la seule force dans cette région qui puisse s’opposer à violence, à la haine et à la colère grandissante.

 

Les gens de Gambella ont soif des sacrements, et surtout, d’entendre la Parole de Dieu pour une première fois.

 

Annoncer la Bonne Nouvelle dans plus de villages !

 

Par ailleurs, ce coin de l’Éthiopie est encore une zone de première évangélisation : beaucoup de gens n’ont jamais entendu parler de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Ils accueillent favorablement l’Église et presque tous veulent être baptisés. L’un des problèmes est que les nombreux villages de cette région rurale sont très éloignés les uns des autres. Comme les prêtres y sont peu nombreux, les catéchètes jouent un très grand rôle, tant dans la préparation au baptême que dans le travail plus large de promotion pour la paix et la réconciliation.

Le dimanche, ces catéchètes doivent marcher plusieurs heures pour se rendre d’un village à l’autre. Quand il n’y a pas de prêtre pour présider l’Eucharistie, ils prient avec les gens et les instruisent dans la foi. Afin de donner une plus grande autonomie aux catéchètes et pour répondre à l’accueil et à l’enthousiasme de la population vis-à-vis de la Bonne Nouvelle, Aide à l’Église en Détresse a promis un montant de 10 875 dollars pour équiper d’un vélo chacun des 30 catéchètes.

Ils pourront ainsi répondre plus efficacement à leur mission, à la grande joie des villageois nouvellement baptisés !

 

*Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

 

 

Projet de la semaine AED: Pakistan

27.07.2017 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Asie, Pakistan, Pastorale familiale, PROJETS AED, Projets pastorale

Pakistan

Soutenir la pastorale pour les familles

 

Le diocèse d’Hyderabad est situé dans le sud du Pakistan. Il couvre une vaste superficie de plus de 137 000 kilomètres carrés, où vivent 50 000 catholiques.

C’est un groupe extrêmement minoritaire, puisque le reste de la population est composée de 28 millions de musulmans. La plupart des fidèles catholiques de cette région font partie des minorités ethniques qui étaient autrefois hindoues.

 

Ces groupes sont au bas de l’échelle sociale. Ils sont corvéables dans les champs des grands propriétaires fonciers ou dans les usines de briques, et sont à la merci de leurs maîtres : pour le meilleur et pour le pire. Ils balayent les rues dans les villes ou nettoient les toilettes. Ils ne sont pas payés de manière régulière, et le montant de la paie fluctue constamment. Pour survivre, les familles doivent s’endetter. Si un membre de la famille tombe malade, perds son travail, ou bien si l’employeur ne paie pas le salaire qui est dû, les familles doivent emprunter de l’argent à un taux d’intérêt astronomique. Elles s’enfoncent alors dans le cercle vicieux de la pauvreté et de la dépendance. Il est fréquent que l’asservissement créé par la dette perdure pendant des générations. C’est un fardeau énorme qui détruit beaucoup de gens.

 

Malgré tout, vivre la foi chrétienne

Mgr Samson Shukardin écrit : « Pour ces familles, réussir à mettre chaque jour de la nourriture sur la table est un combat quotidien. La spirale de la pauvreté, du chômage et de l’endettement entraîne un grand nombre de personnes dans la toxicomanie et d’autres dépendances, une situation qui retombe sur les foyers sous forme d’affrontements, de conflits, d’insultes et, dans certains cas, de violences conjugales. » Mgr Shukardin estime donc qu’il est très important que les familles catholiques soient aidées à rester unies, malgré leurs conditions de vie difficiles, et qu’on les aide à vivre leur foi chrétienne de telle sorte que la paix, l’harmonie et l’amour règnent. Il a donc lancé un programme de renforcement et de soutien des couples et des familles.

 

Sous la direction d’une religieuse qui se consacre depuis 25 ans à l’apostolat familial, et soutenu par des couples expérimentés, les 17 paroisses du diocèse proposent des cours et des rencontres qui s’adressent : aux jeunes couples qui se préparent au mariage, aux couples qui fondent une famille, et bien sûr, aux familles. Comment devenir de bons parents ? Comment la famille peut-elle prier ensemble ? Comment puis-je faire face aux problèmes avec mon conjoint ? Comment la femme et le mari peuvent-ils apprendre à se parler et à se respecter mutuellement ? Comment pouvons-nous façonner un mariage chrétien et une vie de famille chrétienne à partir des sacrements ? Toutes ces questions sont à l’ordre du jour.

 

L’évêque nous écrit : « Ils ont tout mon soutien, car le bien de la famille est crucial pour l’avenir du monde et de l’Église. C’est seulement en nourrissant la vie chrétienne des familles et en les soutenant pastoralement que l’Église sera fidèle à sa mission qui est d’être ‘‘la lumière des nations’’. »

 

Aide à l’Église en Détresse va soutenir la réalisation des cours qui seront donnés aux couples et aux familles, et ce, dans les dix-sept paroisses de ce vaste diocèse, grâce à un montant total de 18 488 dollars.

 


 

Projet de la semaine AED : Argentine

19.07.2017 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Argentine

Argentine

L’aide aux religieuses dans le diocèse le plus pauvre du pays

 

Pour le Père Werenfried van Straaten, fondateur de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), la souffrance et la détresse n’ont jamais été abstraites : une personne, un visage, un nom : un enfant de Dieu à aider !

 

Dans des tableaux statistiques, on peut comptabiliser le nombre de personnes qui ont besoin d’aide. Mais, la rencontre avec l’autre n’aura pas nécessairement lieu : un chiffre à l’écran ou sur papier demeure quelque chose de froid dont on peut rester distant. Par contre, la rencontre d’une personne qui a besoin d’aide, qui est devant nous et dont on voit le visage, en plus de connaître le nom, nous touche directement : c’est un appel qui nous est lancé.

 

Au cours de ses nombreux voyages à travers le monde, le Père Werenfried a rencontré d’innombrables personnes qui vivaient dans des conditions misérables et à travers lesquelles il a vu Dieu pleurer. Ces gens s’appelaient Anna, Pablo ou John, Maria ou Miguel. Il les a regardés dans les yeux et ce qu’il a vu devint en lui un cri. Il s’est demandé – ainsi qu’à nous tous : « Pourquoi avons-nous la vie si facile ? Ces gens vivent sous le même soleil et sous les mêmes étoiles que nous. Le sixième jour, Dieu les a créés eux aussi pour régner sur la création. Où est leur royaume ? Cette dégradation de la dignité humaine est un péché mortel contre la nature, une injustice criante. Et nous sommes personnellement complices de cette injustice si nous ne faisons pas tout notre possible pour la faire disparaître. Tout ce que nous pouvons ! »

Un diocèse très pauvre

Peu de gens savent qu’il y a en Argentine des régions où les gens vivent dans une misère terrible. Le diocèse de San Roque de Presidencia Roque Sáenz Peña  est l’un des plus pauvres du pays. Il couvre une vaste région de plus de 70 000 kilomètres carrés dans le nord du pays. Dominé par la savane et la forêt sèche, c’est là que vivent les descendants de diverses tribus indiennes. Dans le passé, ces tribus autochtones étaient nomades. Aujourd’hui, elles continuent à se nourrir de la chasse et de la cueillette, mais les exploitations agricoles ne cessent de s’élargir et limitent de plus en plus leur mode de vie, car elles défrichent la forêt pour cultiver le soja à grande échelle. Sans parler des bovins et des chèvres des petits fermiers qui en mangent de grandes parties.

 

Plusieurs personnes vivent dans situations d’extrême pauvreté ; des habitations ou sous des bâches insalubres, sales et humides. De plus, plusieurs malades ne peuvent être soignés, on voit aussi des enfants maigres qui ne vivent que d’un peu de farine ramollie dans de l’eau, des mères décharnées…

 

Faire sentir qu’ils sont enfants de Dieu

Seule l’Église catholique est aux côtés de cette population. Mais les distances sont grandes, et il n’y a pas beaucoup de prêtres. C’est pourquoi l’aide que nous voulons donner aux religieuses est indispensable. Présentement, elles sont 38 de différentes congrégations qui travaillent afin d’aider les gens à d’abord sentir qu’ils sont enfants de Dieu. Dans le concret, cela veut dire visiter les familles dans les villages, venir voir les personnes âgées, prendre soin des malades, prier avec les fidèles et apporter un sourire en plus de l’aide requise.

 

Nous voudrions soutenir ces religieuses cette année encore, afin qu’elles parviennent à subvenir à leurs modestes besoins et qu’elles puissent ainsi se concentrer entièrement à l’amour de Dieu qu’elles apportent. Nous avons promis au total 24 800 dollars – soit 653 dollars par religieuse, pour une année entière.  Merci à tous les beinfaiteurs!

 


 

Communiqué : Monseigneur Lépine, appelle à la solidarité

12.07.2017 in AED Canada, Aide alimentaire, Famine

Campagne Priez, Donnez, Parlez-En

Monseigneur Lépine appelle à la solidarité

« C’est maintenant qu’il y a des millions de gens qui souffrent de la faim… Soyons solidaires », répond Mgr Christian Lépine quand on lui demande pourquoi donner contre la famine au Nigeria et au Soudan du Sud, dans une courte vidéo publiée aujourd’hui sur la page YouTube de la branche canadienne d’Aide à l’Église en Détresse (AED)*.

Un rappel de l’archevêque de Montréal et membre du Conseil international d’AED, que la campagne lancée par les évêques catholiques canadiens en juin dernier est toujours en cours, et que la situation demeure extrêmement préoccupante pour nos partenaires de projets.

Marie-Claude Lalonde et Mgr Christian Lépine lors du lancement de la campagne Priez Donnez Parlez-En, en juin dernier.

« Si la période de jumelage des dons est maintenant terminée pour le gouvernement canadien, Aide à l’Église en Détresse continue de recevoir les dons pour soulager la famine », indique Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau national d’Aide à l’Église en Détresse.

« Nous sommes heureux que Mgr Lépine nous soutienne dans cette action d’urgence, lui qui est membre du conseil international de notre œuvre. Nous invitons donc les gens qui n’auraient pas encore contribué à cette campagne à le faire le plus tôt possible. » AED Canada fait partie des trois organismes de charité proposés par la Conférence des évêques catholiques du Canada dans le cadre de la campagne qu’ils ont lancée en juin dernier, Priez Donnez Parlez-en, visant à contrer la famine qui menace plus de 20 millions de personnes au Yémen et dans trois pays d’Afrique : Somalie, Soudan du Sud et Nigeria. AED soutient des partenaires de projet dans ces deux derniers pays.

Déjà des fruits concrets

D’ailleurs, nos partenaires ont commencé à recevoir ce qu’il faut pour nourrir la population qui vient vers eux. « Ils sont déjà à pied d’œuvre pour aider la population. Ce qu’envoie notre organisme n’est, pour l’instant, qu’un minimum. Notre objectif d’amasser 290 000 $ est en bonne voie d’être atteint. Mais, espérons-le, et grâce à la générosité des Canadiens, nous pourrons faire plus que ce qui était prévu. Merci de nous aider dans cette mission d’urgence ! », déclare Mme Lalonde.

Pour aider nos partenaires de projets dans le nord du Nigeria et au Soudan du Sud, merci de donner à l’adresse web suivante :
www.acn-aed-ca.org/fr/jaifaim/
Nous recevons aussi les dons par téléphone :
1-800-585-6333, poste 227.

Enfin, les chèques peuvent être envoyés par la poste – en mentionnant Campagne famine 2017 sur le chèque ou l’enveloppe d’envoi – à l’adresse suivante :
Aide à l’Église en Détresse Canada
Campagne famine 2017

C.P. 670, Succ. H
Montréal (Québec) H3G 2M6

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Rapport Annuel 2016 – Nouvelle année record

05.07.2017 in AED Canada, Aide, Aide à l'Église en détresse., MONDE, Rapport annuel

Aide d’urgence au Moyen-Orient : un soutien qui se continue en 2017 tout comme en 2016. (© AED)

Aide à l’Église en Détresse
Nouvelle année record

 

Königstein/Montréal, 5 juillet 2017 – En 2016, Aide à l’Église en Détresse (AED) a de nouveau battu tous les records. Le montant amassé par l’œuvre pontificale de charité s’élève à 189 550 370 $, c’est-à-dire une augmentation de 13,5 millions $ par rapport à 2015. Ce montant a permis de financer 5 303 projets dans 148 pays. L’Afrique récolte la part du lion avec 34 pour cents de projets réalisés sur le continent.

 

Ce nombre élevé reflète en grande partie la croissance de l’Église en Afrique. Une attention particulière est apportée à des pays de la zone sahélienne, ainsi que le nord du Nigéria, la Tanzanie et le Kenya puisqu’il s’y répand une forme agressive d’Islam. Par ailleurs au Moyen-Orient, berceau du christianisme, les soutiens d’urgence et l’aide à la subsistance pèsent lourd dans les livres comptables. Ces appuis assurent la présence des chrétiens dans la région. D’ailleurs, l’Irak et la Syrie sont les pays ayant bénéficié des plus grands apports d’AED en 2016 avec respectivement plus de 14,2 millions $ et 8,7 millions $, ce qui est dû en grande partie à la situation politique qui règne dans la région. Depuis 2011, plus de 87,9 millions $ ont été versés dans les régions en crise du Moyen-Orient, et rien que pour l’année dernière, le montant a atteint plus 26,6 millions $ au total. Loin de diminuer, l’aide dans ce coin du globe devrait encore s’accroître considérablement en 2017.

 

Syrie – de l’aide pour les déplacées

 

Par exemple, le programme de reconstruction mis en place par AED, et auquel participent trois Églises dans la région de la Plaine de Ninive en Irak, n’est pas étranger à cette situation. Il a pour objectif de permettre aux chrétiens de retourner dans les villes et villages libérés de l’emprise de l’État islamique.

 

Vicariat de Chaco, Paraguay : des religieuses peuvent soutenir les gens les plus pauvres – éducation, catéchèse, écoute, etc. – sans s’inquiéter de ce qu’elles mangeront demain, grâce aux bienfaiteurs d’AED. (© AED)

 

De la construction au soutien des religieuses

Comme pour les années précédentes, la majeure partie de l’aide globale a servi au soutien à la construction, soit 30 pour cent du montant total. À l’échelle mondiale, la construction ou la reconstruction de plus de 1 200 chapelles, églises, cathédrales et séminaires a été cofinancée, en majeure partie dans des régions dévastées par des cataclysmes. Un tiers des projets de construction a été réalisé en Afrique.

 

 

Ensuite vient l’aide d’urgence au Moyen-Orient et à la subsistance pour les religieuses, ainsi que le soutien à la formation, notamment celle d’environ 30 000 catéchistes et assistants pastoraux. En Europe centrale et de l’Est, l’aide à la formation professionnelle et continue a dépassé celle attribuée aux projets de construction. Dans cette partie du monde, l’accent a été mis sur les pays des Balkans où des formes radicales de l’islam s’installent.

 

Intentions de messe  : un prêtre sur neuf dans le monde ! (© AED)

Puis, grâce à des intentions de messe, un prêtre sur neuf (43 015 au total) a bénéficié de soutien, surtout en Afrique (14 403) et en Asie (11 293). L’aide est également allée à 10 760 jeunes séminaristes, c’est-à-dire à une vocation sacerdotale sur onze à l’échelle mondiale. La plupart d’entre eux se préparaient à la prêtrise en Afrique (4 667), puis en Amérique latine (2 900) et en Europe de l’Est (1 577).

 

Du côté des religieuses, 11 080 d’entre elles ont obtenu une aide à la subsistance ou une formation. Dans le monde, une religieuse sur 62 a bénéficié de ce soutien, tandis qu’en 2015, il ne revenait encore qu’à une religieuse sur 67. Dans la majeure partie des cas, il s’agissait d’aide à la subsistance aux religieuses contemplatives. Côté transport, 375 automobiles, 149 motos et 239 bicyclettes ainsi que deux bateaux ont été financés.

 

 

Jamais auparavant Aide à l’Église en Détresse n’avait amassé autant d’argent en une seule année. Presque deux tiers de ces sommes (65 pour cent) émanaient de dons individuels, tandis qu’un peu plus d’un cinquième (21,8 pour cent) provenait de legs. L’œuvre pontificale a obtenu la plus grande partie des dons en France (plus de 43,2 millions $), suivie par la Grande-Bretagne (plus de 26,6 millions $), l’Espagne (plus de 19,3 millions $), l’Allemagne (plus de 18 millions) et la Suisse y compris le Liechtenstein (plus de 13,3 millions $).

 

 

TOGO Construction des salles de catéchèses pour la paroisse de St Paul Apôtre des nations.

L’Équipe canadienne a quant à elle amassé près de 3 millions $. Au total, l’œuvre de bienfaisance gère des bureaux nationaux, qui assurent des activités de collecte de fonds, dans 23 pays. Finalement, 2 109 projets examinés ont fait l’objet d’une décision négative. Les coûts d’administration ont représenté 6,4 pour cent du budget global (en 2015 : 6,5 pour cent). Ces chiffres et statistiques ont été vérifiés par la société internationale d’audit KPMG.

 

Cliquer pour lire le rapport annuel de AED 2016

 


 

 

Conférence de presse de Québec – Famine – 7 juin 2017

08.06.2017 in #J'AI FAIM, AED Canada, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Famine, Marie-Claude Lalonde, Mario Bard, Soudan du Sud, Voyagez avec AED

Conférence de presse de Québec – Famine – 7 juin 2017

 

Tous contre la famine – #PriezDonnezParlezen

 

Directrice du bureau d’Aide à l’Église en Détresse au Canada, Marie-Claude Lalonde a participé au lancement de la campagne Priez-Donnez-Parlezen, lancée par la Conférence des évêques catholiques du Canada. « Pour déclarer l’état de famine (ONU), il faut que des personnes aient déjà commencé à mourir », a-t-elle souligné. Voici ce qu’elle y déclaré. 

« Aide à l’Église en Détresse est fière de participer à cet effort collectif et interreligieux qui fait suite à l’appel à la solidarité avec le Nigeria, le Soudan du Sud, la Somalie et le Yémen où sévit la famine.  Nous le ferons de la manière que nous connaissons le mieux, i.e. Aider sur le terrain.  Bien que notre organisme en soit un de charité pastorale, nous ne laissons jamais tomber nos partenaires de projets lorsque survient un coup dur.  Cette fois ne sera pas différente.

Nous travaillons principalement au Soudan du Sud et au Nigeria, pays dans lesquels nous avons des projets depuis de très nombreuses années. Bien entendu, notre aide caritative ne réglera pas les problèmes de fond, mais par nos actions nous soulagerons, autant que faire se peut, nos frères et sœurs qui souffrent de cette horrible famine.

Marie-Claude Lalonde, directrice nationale d’Aide à l’Église en Détresse. (Photo:  Webtélé ECDQ.tv)

Pour déclarer l’état de famine (ONU), il faut que des personnes aient déjà commencé à mourir.  C’est donc le cas au Soudan du Sud et la situation est plus que préoccupante au Nigéria, en Somalie et au Yémen.  Il est minuit moins une.

 

L’an dernier, Aide à l’Église en Détresse a fourni de l’aide alimentaire dans le diocèse de Malakal au Soudan du Sud.  La situation ne s’améliorant pas, nous avons déjà promis d’aider à nourrir 20 000 personnes, des déplacés, toujours dans la même région.  Nous avons besoin de 140 000$ et il ne s’agit là que d’aide à court terme.  Il faudra faire beaucoup plus.

 

Dans le nord-est du Nigéria, nous sommes malheureusement les témoins réguliers de conflits interconfessionnels et d’exaction de la part de Boko Haram.  C’est du moins ce qui se retrouve dans les médias, ce qui fait que nous avons pratiquement oublié qu’il ne s’agissait là de quelques problèmes et que la faim menace depuis un certain temps.  Au Nigéria, nous avons besoin de 150 000$ pour fournir de l’aide alimentaire et des semences pour reprendre l’agriculture.  Encore là nous savons que notre intervention devra s’étendre dans le temps.  Ces deux campagnes de financement ne s’arrêteront pas à la fin juin alors que se terminera le programme du gouvernement fédéral.  Nous continuerons tant qu’il y aura des besoins criants.

 

Dans tous les cas, nous apporterons un soutien pastoral aux personnes traversant cette épreuve ainsi qu’à l’Église qui est toujours active à soulager la misère ambiante et ce quelle que soit la religion de la personne qui se présente à elle.

Priez – Donnez – Parlez-en : un effort multiconfessionnelle pour contrer la faim dans quatre pays d’Afrique. (Photo: Crédit : Webtélé ECDQ.tv)

 

Priez Donnez Parlez-en, titre de l’appel interreligieux qui est rendu public aujourd’hui. À travers nos campagnes de collectes de fonds, nous inviterons bien entendu la population à être généreuse sur le plan financier, mais nous solliciterons aussi leur solidarité à travers la prière.  Donnant pour la famine, priant pour ceux qui souffrent et pour que la paix revienne.

 

Nous continuerons notre travail de sensibilisation auprès de nos donateurs actuels et potentiels et au public en général afin de répondre au volet Parlez-en.

 

Merci à toutes les communautés confessionnelles qui se joignent à ce grand mouvement.  C’est ensemble que nous pourrons alléger le fardeau des hommes, des femmes et des enfants qui ont, en ce moment même, le ventre creux.»

Pour donner à la campagne Priez-Donnez-Parlez-en
par le biais d’Aide à l’Église en Détresse, veuillez cliquer ici.
#jaifaim


 

 

 

 

 

Appel interreligieux des communautés confessionnelles du Canada

07.06.2017 in AED Canada, Famine, Nigéria, Soudan du Sud

Le 7 juin dernier, nos évêques catholiques et d’autres leaders religieux, ont demandé aux Canadiens de s’unir pour venir en aide aux gens qui souffrent de famine en ce moment même, au Soudan du Sud, au Nigeria, en Somalie et au Yémen.

Voici leur déclaration :

PRIEZ, DONNEZ, PARLEZ-EN

Appel interreligieux des communautés confessionnelles du Canada

Soudan du Sud – Somalie – Nigéria – Yémen

En tant que dirigeants religieux du Canada, nous demandons à nos communautés et à tous les Canadiens et Canadiennes de se mobiliser en réponse à l’une des plus grandes crises humanitaires du monde depuis la Deuxième Guerre mondiale : la triste réalité des nombreuses famines qui se produisent en même temps dans quatre pays distincts – le Soudan du Sud, la Somalie, le Nigéria et le Yémen – et qui menacent environ 20 millions de personnes. Des agences de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ont déjà confirmé que le Soudan du Sud compte 100 000 personnes frappées par la famine, 1 million d’autres qui sont sur le point de l’être, et 5,5 millions qui sont en danger de famine d’ici juillet 2017[1]. La dernière déclaration de famine émise par les agences de l’ONU remonte à juillet 2011, alors qu’environ 260 000 personnes sont mortes en Somalie – la moitié ayant été des enfants de moins de 5 ans. Le monde ne doit pas laisser de telles horreurs se répéter.

Cette crise est attribuable surtout à des situations de guerre et de violence[1]. La guerre civile qui se prolonge au Soudan du Sud est largement considérée comme la principale cause de la famine à cet endroit. Le conseiller spécial des Nations Unies sur la prévention du génocide a publié un rapport troublant en novembre 2016, signalant que dans le Soudan du Sud, [traduction] « il y a un risque élevé d’une escalade de violence entre les groupes ethniques, avec la possibilité de génocide ». Les conflits, les hostilités et le manque de sécurité sont également les causes principales des graves insécurités alimentaires qui se produisent en Somalie, au Yémen et dans le nord du Nigéria.

Notre appel commun est un cri du cœur unifié, lancé d’une seule voix et avec un seul message. C’est un appel insistant pour la paix et du besoin de protéger les personnes vulnérables. La protection et la promotion de la dignité humaine sont des éléments fondamentaux dans toutes nos communautés confessionnelles. L’indifférence délibérée à l’égard des violations de la dignité humaine est toujours un mal, en tout temps et en tout lieu.

Nous lançons les appels suivants à nos fidèles et à tous les gens de bonne volonté :

  • Priez : Souvenez-vous des gens du Soudan du Sud, de la Somalie, du Nigéria et du Yémen pendant les moments de prière personnelle et communautaire. Priez pour la paix, les chefs de gouvernement et les travailleurs et travailleuses humanitaires de la région. Souvenez-vous particulièrement des 1,4 million d’enfants qui sont les personnes les plus vulnérables. Pour les croyants et croyantes, la prière est toujours opportune et efficace. Elle unit nos préoccupations et nos espérances communautaires et personnelles les plus profondes aux besoins et aux souffrances de nos frères et sœurs, quelles que soient les distances qui nous séparent.
  • Donnez : Faites une contribution financière à un ou plusieurs des divers organismes d’aide réputés qui travaillent à réduire la crise. Le gouvernement du Canada a créé un « Fonds de secours contre la famine ». Pour chaque don fait entre le 17 mars et le 30 juin 2017 par des particuliers à un organisme de bienfaisance canadien enregistré, y compris plusieurs des agences de développement et de secours parrainées par nos communautés de foi œuvrant dans la région, le gouvernement versera un montant en contrepartie au Fonds de secours contre la famine. Selon les Nations Unies, la crise humanitaire actuelle dépasse de loin les ressources actuellement utilisables et le montant du financement réservé jusqu’ici par les pays du monde entier[2].
  • Parlez-en : Prenez le temps de mieux vous informer au sujet de la crise, et parlez-en avec votre famille, vos amis et vos voisins. Discutez de cette question mondiale impérieuse avec vos organismes communautaires locaux. Communiquez avec votre député fédéral pour exprimer vos préoccupations.

En plus du Fonds de secours contre la famine, le gouvernement du Canada a affecté 119 millions de dollars au Soudan du Sud, au Yémen, au Nigéria et à la Somalie, dont 37 millions de dollars sont alloués spécifiquement au Soudan du Sud. Le Canada fournit également 10 Casques bleus à la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud. Pourtant, il reste encore beaucoup à faire. Nous pressons les membres de nos communautés confessionnelles respectives de se joindre à nous pour encourager notre gouvernement à continuer à faire appel pour une assistance humanitaire accrue et pour la cessation de la violence.

Notre gouvernement a fait connaître son intention de participer plus activement au Conseil de sécurité des Nations Unies au cours des prochaines années. Le moment est venu pour notre Premier ministre et pour tous les dirigeants canadiens d’être à la hauteur de cette aspiration en parlant clairement et constamment en faveur de la fin de la violence au Soudan du Sud, en Somalie, au Nigéria et au Yémen.

La voix du Canada doit se faire entendre en ce moment tragique, particulièrement pendant qu’il célèbre les 150 ans de la Confédération. Nos croyances nous appellent à partager les dons avec lesquels nous avons été si généreusement bénis et à être responsables de la façon dont nous aidons les autres lorsqu’ils sont dans le besoin.

Signataires :

Mukhbir Singh – President, World Sikh Organization of Canada. 
Asif Khan, National Secretary Public Affairs – Ahmadiyya Muslim Jama’a at Canada
Fred J. Hiltz, Archbishop and Primate  – The Anglican Church of Canada
Rev. Canon  Dr.  Alyson Barnett- Cowan – President, Canadian Council of Churches.
Bishop Abgar Hovakimyan, Primate of the Armenian Holy Apostolic Church Canadian Diocese
Gerald Filson, Director of Public Affairs – The Bahá’í Community of Canada
Rev. Tim McCoy, Executive Minister – Canadian Baptists of Ontario and Quebec
Dr. Mohammed Iqbal Nadvi, Chair – Canadian Council of Imams
Nuzhat Jafri, President  – Canadian Council of Muslim Women
Rabbi Debra Landsberg, President –  Toronto Board of Rabbis
Rabbi Baruch Frydman-Kohl, Co-Chair – Canadian Rabbinic Caucus
Rev Dr Jen Garbin BA MDiv DMin, Regional Minister, Region of Canada – Christian Church (Disciples of Christ) in the US & Canada 
Mr. Bruce Clemenger, President , The Evangelical Fellowship of Canada (EFC)
The Rev. Susan C. Johnson,  National Bishop, – Evangelical Lutheran Church in Canada
Primate Bishop Anthony Mikovsky – Polish National Catholic Church of Canada
The Rev. Peter Bush, Moderator, 2017 General Assembly – The Presbyterian Church in Canada
Reverend Marijke Strong, Executive Secretary of the Regional Synod of Canada – Reformed Church in America
Commissioner Susan McMillan, Territorial Commander – The Salvation Army Canada and Bermuda Territory
(Most Rev.) Douglas Crosby, OMI , Bishop of Hamilton and President of the Canadian Conference of Catholic Bishops

[1] Somini Sengupta, « U.N.’s famine appeal is billions shy of goal », The New York Times, 23 mars 2017

https://www.nytimes.com/2017/03/23/world/africa/un-famine-nigeria-somalia-south-sudan-yemen.html?_r=0

[2] Communiqué des Nations Unies, « Conseil de sécurité : le Yémen, théâtre de la “pire crise humanitaire au monde”, selon le Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU », 10 mars 2017 https://www.un.org/press/fr/2017/cs12748.doc.htm

[3] Communiqué des Nations Unies, « Conseil de sécurité : le Yémen, théâtre de la “pire crise humanitaire au monde”, selon le Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU », 10 mars 2017 https://www.un.org/press/fr/2017/cs12748.doc.htm

 

Ensemble, répondons à leur appel, unissons-nous pour combattre ce fléau qui atteint nos frères et sœurs.

 

VOIR CE QUE AED CHOISI DE FAIRE EN RÉACTION À CETTE FAMINE!

 

Facons de faire un don – FR

 

 

 


 

Communiqué – Campagne famine 2017 – AED participe

07.06.2017 in AED Canada, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Communiqué, Famine, Marie-Claude Lalonde, Mario Bard, Nigéria, Soudan du Sud, Voyagez avec AED

Famine en Afrique

Aide à l’Église en Détresse dit oui à l’appel des évêques

 

Montréal, 7 juin 2017 – Aide à l’Église en Détresse (AED) participe à la campagne pancanadienne Priez-Donnez-Parlez-en, lancée par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). « Les informations qui proviennent de ceux avec qui nous travaillons sur le terrain sont formelles : la situation empire », souligne Marie-Claude Lalonde, directrice nationale. « Notre objectif est d’amasser 290 000$ pour aider nos partenaires locaux – diocèses et paroisses – à soutenir la population affamée qui vient vers eux, afin qu’elle ne meure pas ! » L’œuvre pontificale compte amasser 150 000 $ pour de la nourriture et des semences dans le nord-est du Nigeria, et 140 000$ pour des sacs de sorgo destinés au Soudan du Sud.

 

La famine s’installe dans quatre pays d’Afrique : Soudan du Sud, Nigeria, Yémen et Somalie. AED aidera au Soudan du Sud et au Nigeria.

D’ailleurs au Soudan du Sud, Aide à l’Église en Détresse rapportait plus tôt cette année une dégradation rapide dans la région de Malakal. « Nous avons déjà fait parvenir du soutien aux personnes déplacées, dont s’occupent les prêtres de la paroisse de St-Stephen à Malakal, un montant de plus de 223 000$ depuis 2016. Mais, tel que le rapporte l’Organisation des Nations Unies, 100 000 personnes au Soudan du Sud sont maintenant frappées par la famine », indique Mme Lalonde.

 

« Il est essentiel de continuer notre soutien auprès des partenaires paroissiens et diocésains déjà impliqués pour soulager la misère. »  Le Soudan du Sud est devenu indépendant en 2011, mais vit une guerre civile depuis 2013. Selon de nombreux experts, celle-ci cause en grande partie la famine que l’on y vit aujourd’hui.

Janvier 2017, Soudan du Sud, dans le camp de déplacés de Riimenze

 

Par ailleurs, Aide à l’Église en Détresse va aussi soutenir des victimes de la famine dans le nord-est du Nigeria. Là-

bas, c’est la présence de groupes terroristes qui est la cause principale de cette famine. « Les groupes terrorisent les villageois, brûlent leurs maisons et leurs récoltes. Ils doivent fuir la violence de ces groupes abjects. Résultat : ils n’ont accès à la nourriture que grâce à diverses sources d’aides, dont les paroisses qui se transforment dans bien des cas en lieu de refuge. L’Église est encore vue comme un lieu sûr par la majorité de la population », explique Marie-Claude Lalonde.

« Nous appelons nos bienfaiteurs et bienfaitrices à être généreux dans le soutien à nos partenaires et nous remercions la CECC de nous faire confiance à travers cet élan collectif et interconfessionnel de générosité », souligne Mme Lalonde.

 

Pour donner à la campagne pancanadienne Priez-Donnez-Parlez-en par le biais d’Aide à l’Église en Détresse, merci de faire parvenir vos dons par carte de crédit à l’adresse web sécurisée :
WWW.ACN-AED-CA.ORG/JAIFAIM

 

Il est aussi possible de faire parvenir vos dons à l’adresse suivante :

Aide à l’Église en Détresse
Campagne Urgence J’ai faim
Case postale 670, Succursale H
Montréal (Québec) H3G 2M6

 

L’argent reçu par notre organisme ira
aux partenaires directs d’Aide à l’Église en Détresse.

 

MERCI DE VOTRE GÉNÉROSITÉ !


 

Entrevue AED – Violences au sud des Philippines – analyse d’un évêque

02.06.2017 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Entrevue, Informations, Jonathan Luciano, Mario Bard, Philippines, Voyagez avec AED

Violences dans le sud des Philippines

Cathédrale détruite et dialogue fragilisé

 « Dans l’ensemble, la population n’est pas favorable à l’État islamique »

 Aide à l’Église en Détresse (AED) a interviewé le responsable de la prélature de Marawi, dans le sud des Philippines (île de Mindanao), Mgr Edwin delà Peña, évêque de Marawi (MSP) à propos de la situation qui prévaut dans la ville, attaquée le 23 mai dernier par le groupe terroriste Maute. Les assaillants ont tué délibérément des chrétiens et brûlé plusieurs bâtiments, dont la cathédrale Sainte-Marie auxiliatrice. Au moment d’écrire ces lignes (31 mai 2017), le directeur national d’AED aux Philippines, Jonathan Luciano, rapportait que 104 personnes avaient été tuées et que plus de 12 500 familles étaient déplacées. Il y avait toujours une quinzaine de chrétiens retenus en otage, dont le père Chito Suganob, vicaire général. La Conférence des évêques catholiques des Philippines a confirmé que la vidéo dans laquelle il apparaît et qui circule présentement sur Facebook est authentique.

 

Source: wikimedia

Quelle est la situation actuelle dans la prélature de Marawi ?

Nous ne savons pas trop. Nos fidèles ne sont plus là-bas, ils ont été évacués. Je ne connais pas la situation de ceux qui sont restés, parce qu’une opération est en cours pour nettoyer la ville… des terroristes, et qu’il y a des bombardements aériens. Je ne sais pas comment ils survivent.

 

La cathédrale est-elle totalement détruite ?

Oui, on m’a dit que la cathédrale et la maison de l’évêque sont totalement détruites, d’abord par l’incendie, puis également par le bombardement [gouvernemental], parce que nous sommes en plein cœur de la vieille ville, le centre des combats. Je ne sais pas avec certitude combien de temps il nous faudra pour récupérer, mais ce sera très difficile pour nous tous, non seulement pour les chrétiens, mais aussi pour les musulmans.

 

 

Comment étaient les relations islamo-chrétiennes à Marawi avant l’incident ?

À Marawi, il y a environ 95% de musulmans. Nous formons une minuscule minorité, nous sommes une très petite Église et la majeure partie de la population catholique de la ville se trouve à l’université, où nous avons des étudiants qui viennent d’autres provinces.

Marawi durant la première journée de siège le 24 mai dernier. (Photo: Ms. Sittie Ainah U Balt/ACN)

 

Les relations étaient magnifiques. Nous étions engagés dans le dialogue interreligieux et nous avons beaucoup de partenaires. Et de fait, le Père Cito était au centre de cet engagement, parce que son objectif principal est vraiment de se connecter, de se relier à toutes les ONG musulmanes ayant participé avec nous au développement communautaire et à l’éducation au dialogue interreligieux. C’était beau, jusqu’à l’émergence de cet extrémisme : les combats, la présence de ces éléments extrémistes originaires du Moyen-Orient, et la radicalisation inconsciente et involontaire des jeunes [d’ici]. Certains d’entre eux n’étaient pas radicaux, mais ils le sont devenus en orientant leurs points de vue sur ceux des radicaux du Moyen-Orient. Par contre, en général, nos relations avec nos partenaires ont toujours été très positives. En fait, ils nous ont dit qu’ils sont également contre cet afflux d’éléments de l’État islamique qui arrivent à Marawi, parce qu’ils savent exactement quelles conséquences cela a sur la culture de la population et son mode de vie. Les gens de Marawi ont toujours été très paisibles.

 

 

 

Donc, il est exact de dire que la population en générale n’est pas favorable aux membres de l’État islamique.

Oui, oui, oui, c’est exact. En fait, ce qui se passe aujourd’hui, surtout maintenant que c’est le ramadan qui est un mois très saint pour eux, c’est qu’ils ne sont pas en mesure de le célébrer de la façon qu’ils auraient aimée. Ils ressentent une certaine forme de colère contre ces groupes terroristes qui viennent perturber cette commémoration très sainte du ramadan. Donc, si ces groupes extrémistes voulaient obtenir le soutien du peuple, c’est raté.

 

Voyez-vous une différence sur la manière qu’ont ces groupes d’opérer, entre ce qui se passe en Syrie et en Irak et ce qui se passe maintenant à Marawi ?

Il y a des similitudes. Ce ne peut pas être une autre Syrie ou un autre Irak, mais l’aspect actuel de la ville après le bombardement et le reste, ce n’est plus celui de Marawi. Les vestiges de la vieille ville, tout ce que nous voyons aux nouvelles, tout est en ruines, la destruction est partout. C’est l’image de la Syrie et de l’Irak que nous avons à l’esprit.

Plus tôt cette semaine : la population tente de fuir les bombardements gouvernementaux et les exactions des terroristes. (Photo: Ms. Sittie Ainah U Balt/ACN)

 

 

Qui est le groupe Maute qui a mené ces attentats?

Maute provient de la tribu Maranao. Il ressort de mes conversations avec certaines figures religieuses d’ici que ce groupe est constitué d’individus autrefois favorisés à Marawi. Certains étaient d’importants trafiquants de drogue. Désormais, ils sont maîtrisés, mais ces gens étaient habitués à avoir une vie facile et confortable, avec de l’argent qui coule à flots. Maintenant qu’ils n’ont plus le pouvoir et que le maire ne les soutient plus, ils sont privés de ressources et abandonnés à eux-mêmes. C’est probablement l’un des facteurs qui les a conduits vers la radicalisation. On nous a dit également que l’argent venait de l’extérieur, que certaines personnes faisaient aussi partie d’une autre formation et que certains éléments étrangers les formaient dans leurs cachettes de Lanao (province voisine)

 

Le gouvernement a continué à nier la présence de l’État islamique aux Philippines. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?

Je ne suis pas sûr. Ils peuvent le nier aussi longtemps qu’ils le veulent. Je ne suis pas la bonne personne pour en parler, mais je me fais l’écho de ce que je sais, à savoir que certains d’entre eux ont même été formés à l’étranger et que certains ont étudié au Moyen-Orient. Ils viennent de familles très riches, ils ont donc les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école, en Arabie saoudite et en Jordanie.

 

Existe-t-il une relation entre Maute et le groupe terroriste Abu Sayyaf ? 

Je pense que oui, du fait que Hapilon1 est à Lanao. En fait, un mandat d’arrêt était sur le point d’être délivré contre lui avant que tout cela n’arrive. [Je pense] que ça a été le déclic. Hapilon vient d’Abu Sayyaf. Il a donc conclu une alliance tactique avec Maute à Lanao, en se fondant sur le fait que tous les deux sont des sympathisants de l’État islamique. Ils ont donc probablement uni leurs forces.

 

Avez-vous des informations récentes sur le Père Chito et les autres chrétiens enlevés ?

Je suis au courant de la vidéo du Père Chito depuis hier (mardi 30 mai 2017). Il est vivant ! J’en suis heureux, mais triste aussi des réactions des internautes DDS (DDS signifie les partisans du président Duterte), qui l’ont fustigé pour son message, sans tenir compte de sa situation actuelle d’otage, privé de liberté. Nous avons perdu notre sens de l’humanité ! C’est triste ! Je plains ce pays et je suis désolé pour la situation du Père Chito et de ses compagnons.

Le père « Cito », surnom du père Teresito Suganob, enlevé avec 15 autres personnes dans la cathédrale de Saint-Marie auxiliatrice. (Photo: page Facebook du père Teresito).

 

Nous n’avons eu aucun contact avec les militaires jusqu’à il y a quelques jours, quand j’ai pu établir un lien avec le commandant en chef de la division de marines chargé de faire le nettoyage et les opérations de ratissage à Marawi. Il a promis de faire de son mieux pour localiser le Père Chito et ses compagnons. Ils sont environ 12 à 15 personnes. Certains d’entre eux étaient professeurs au Collège Dansalan tout proche. Beaucoup d’entre eux étaient à la cathédrale au moment de l’enlèvement parce qu’ils préparaient la fête de Marie auxiliatrice2. Nous avions beaucoup des nôtres à l’intérieur et dans l’église.

 

Considérez-vous cet incident comme une escalade après les différents événements antichrétiens qui ont eu lieu à Mindanao ?

Oui, je suppose que c’est le cas.

 

Connaissez-vous des histoires de solidarité personnelle entre musulmans et chrétiens ces derniers jours ?

Oui, des connaissances personnelles de la famille de mon chauffeur, qui se sont cachées dans l’une des usines de riz dans la ville de Marawi, ont été accompagnées par leur chef de district, qui est un Maranao. Il a organisé le groupe en expliquant comment répondre si le groupe Maute les interceptait sur le chemin. Ils sont sortis ensemble de la maison pour aller vers le pont où des bus les attendaient pour les faire sortir de Marawi. Je le considère comme un héros pour avoir guidé ce groupe mixte de chrétiens et de musulmans qui tentaient de fuir le danger.

 

Une photo de quelques membres de Maute, composé de 100 à 200 hommes. (Photo: Ms. Sittie Ainah U Balt/ACN)

Mais il y a des gens dans le groupe qui, alors qu’ils essayaient de traverser le pont, ont été accostés par Maute. On leur a demandé s’ils étaient chrétiens. Malheureusement, ils ont répondu oui parce qu’ils n’étaient pas là quand les consignes ont été données. Un autre homme, membre de l’une des familles qui vivent dans le complexe de la cathédrale de Marawi, a été extirpé du groupe parce que sa chemise courte laissait voir la croix tatouée sur son épaule. C’est ainsi qu’il a été identifié comme chrétien, et il a été abattu. Puis, nous avons entendu dire que certains hommes avaient été tués et jetés dans un ravin. Il s’agirait du groupe qui avait été abordé alors qu’il tentait de rejoindre le convoi des personnes évacuées. On peut aussi lire dans les journaux de nombreuses histoires de musulmans qui ont tenté de protéger des chrétiens.

 

Comment cet incident affecte-t-il les relations entre chrétiens et musulmans à Marawi ?

Nous ne pouvons pas éviter que certaines personnes qui savent maintenant ce que nous avons fait ici à Marawi et le type de relations que nous avons développées au fil du temps se sentent confirmées dans les préjugés naturels que les chrétiens ont contre les musulmans. Nous faisons un travail assez frustrant. Le dialogue interreligieux est un processus très fragile et ce genre d’incidents est de nature à détruire les fondations de ce que nous avons fait. Certaines personnes alimentent ces sentiments antimusulmans. Nous n’aimons pas que cela se produise, c’est si triste, car nous avons bien amélioré les relations entre musulmans et chrétiens à Marawi.

 

En fait, si l’on compare nos relations à celles qui ont lieu ailleurs, je peux dire sans me tromper que les nôtres sont les meilleures… en ces 41 années d’existence de la prélature. Elles existaient avant même que la Prélature ne soit érigée. [Par exemple] les écoles tenues par l’Église ont toujours été appréciées de nos frères chrétiens et musulmans. Les cadres de la ville ont étudié dans nos écoles et ils y envoient maintenant leurs enfants ; ils ont développé une sorte de lien de fidélité envers nos écoles.

 

Quel message adressez-vous aux bienfaiteurs d’AED à travers le monde ?

Il est très regrettable que notre petite Prélature, qui est la plus petite et la plus pauvre des Églises locales aux Philippines, subisse cette crise si difficile. Notre cathédrale a été détruite, de même que la maison de l’évêque, et nous devons repartir à zéro.

 

Nous devons continuer notre mission qui consiste à tendre la main de la réconciliation et de l’amitié à nos frères et sœurs musulmans, parce que c’est l’héritage du pape Paul VI quand il a rétabli la Prélature de Marawi, au plus fort de la crise du début des années 703. Citant Mgr Tutu, le Pape avait dit : « Nous, chrétiens, devrions être les premiers à tendre la main de la réconciliation et de la fraternité à nos frères et sœurs musulmans. C’est la façon d’instaurer la paix, interrompue à cause de la guerre ».

Je pense que la même chose est valable pour notre situation actuelle. Nous ne pouvons pas tourner le dos à ce que nous avons commencé, à ce que la Prélature avait commencé au milieu des années 70. Nous devons poursuivre le travail de dialogue, continuer à travailler avec nos frères et sœurs musulmans, afin d’établir, de reconstruire les relations rompues, les rêves brisés et les espoirs de tant de gens de vivre en paix. Nous voulons simplement vivre en paix, et nous aimerions vous demander de nous aider à reconstruire cette paix, par le genre de travail que nous faisons : travailler avec nos frères et sœurs musulmans et être en dialogue avec eux.

Le première nuit de siège à Marawi. (Photo: Ms. Sittie Ainah U Balt/ACN)

 

 

 

 

Quels sont vos besoins les plus urgents pour le moment ?

Nos besoins ne sont pas notre préoccupation majeure en ce moment. Notre objectif est plutôt d’essayer de faire ce que nous pouvons pour répondre à la crise humanitaire qui se développe à Iligan. En effet, il y a tellement de personnes qui ont été évacuées de Marawi, elles ont besoin de tout le soutien que nous pouvons obtenir. C’est pourquoi certains de nos diocèses et même Caritas Filipinas à Manille, et l’archidiocèse de Manille à travers le Cardinal Chito Tagle et tous les autres diocèses des Philippines nous ont demandé comment ils pouvaient nous aider, où ils pouvaient envoyer tous leurs dons.

Nous nous sommes donc coordonnés avec le diocèse d’Iligan pour mettre en place, au Centre pastoral diocésain, des points de réception des dons et de coordination des volontaires. Nous travaillons également avec nos frères et sœurs musulmans qui dialoguent avec nous. C’est pour nous une grande occasion de montrer notre solidarité et d’essayer de répondre aux besoins de nos frères et sœurs, en particulier dans les centres d’évacuation. C’est donc ce que nous faisons en ce moment, et s’il y a quelque chose que vous pouvez faire pour nous aider, pour attirer l’attention du monde sur ce qui se passe à Marawi en ce moment, ou pour soutenir les opérations de secours, nous vous en serions reconnaissants.

L’un des centres d’évacuation pour les milliers de résidents qui ont fui Marawi.  (Photo: Ms. Sittie Ainah U Balt/ACN)

 

  1. L’un des dirigeants d’Abu Sayyaf
  2. Fêtée le 24 mai de chaque année
  3. Rébellion musulmane, résultat de l’histoire de l’île
Propos recueillis par Jonathan Luciano, AED Philippines
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada